Qui sont les ouvriers qui bâtissent le Maroc ? Combien sont-ils, dans quelles villes travaillent-ils, quelle formation ont-ils reçue – ou n’en ont-ils jamais reçue ? À ces questions pourtant fondamentales, le département de l’Habitat ne semble disposer, à ce stade, que de réponses fragmentaires. C’est précisément ce vide que le ministère entend combler en lançant prochainement une étude nationale sur la professionnalisation de la main-d’œuvre du secteur de la construction.
L’initiative s’inscrit dans la Feuille de route nationale pour l’Emploi, officialisée en février 2025 par le Chef du gouvernement, qui a mandaté l’ensemble des départements ministériels pour décliner des plans d’action sectoriels. Le secteur du bâtiment, pilier de l’économie nationale et premier pourvoyeur d’emplois peu qualifiés, était en première ligne.
L’étude ciblera dans un premier temps quatre corps de métier jugés à forte demande : maçon et maçon boiseur, plombier, carreleur et électricien. Pour chacun d’eux, une enquête de terrain quantitative et qualitative sera menée dans les douze régions du Maroc, auprès d’un échantillon représentatif d’entreprises, de professionnels et de travailleurs. L’objectif est d’identifier les effectifs en activité, leur niveau de qualification, la proportion relevant du secteur informel, les besoins du marché en compétences, les taux d’insertion par type de formation, ainsi que les freins à l’emploi. Ce diagnostic s’appuiera notamment sur les résultats du Recensement général de la population et de l’habitat de 2024 (RGPH), dont les données sur l’emploi dans le bâtiment n’ont encore jamais été pleinement exploitées à cette échelle. Il intégrera également les données de la CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale) et du Registre national de l’artisanat, et sera nourri d’entretiens avec des experts, des institutionnels et des représentants de la main-d’œuvre elle-même. À l’issue de ce travail de terrain, une base de données des professionnels exerçant dans les métiers ciblés sera constituée, recensant leurs coordonnées, leur zone d’intervention, leur métier et niveau de qualification, leur expérience, ainsi que leur éventuelle inscription au registre national de l’artisanat. Le diagnostic n’est que le point de départ. La seconde phase de l’étude, plus structurante, consistera à élaborer un véritable dispositif d’intervention pour chacun des quatre métiers. Ce dispositif devra proposer des schémas concrets pour faciliter l’accès à l’emploi, en s’appuyant sur les programmes existants – ceux de l’OFPPT (Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail), du département de l’Artisanat ou des dispositifs de validation des acquis – tout en introduisant de nouvelles initiatives adaptées aux spécificités de chaque métier. Parmi les mesures phares figure la mise en place d’un système national d’octroi de cartes professionnelles. À terme, ces cartes seraient exigées pour toute intervention de la main-d’œuvre dans la construction – une rupture majeure avec les pratiques actuelles, où l’exercice du métier reste largement non encadré. Pour chaque action proposée, le prestataire chargé de la réalisation de l’étude devra préciser le responsable, les partenaires à impliquer, l’échéance, le budget et le cadre juridique à instaurer. Pour nourrir ces propositions, un benchmark international sera conduit, ciblant des pays ayant engagé des démarches similaires de professionnalisation des métiers du bâtiment. Les recommandations devront distinguer les mesures propres à chaque métier de celles pouvant être mutualisées entre les quatre. L’étude comporte enfin un volet numérique d’envergure. Il s’agit de concevoir l’architecture d’une plateforme digitale destinée à centraliser et suivre les données relatives aux professionnels recensés, en assurant son interopérabilité avec les systèmes d’information existants. Cette plateforme, conçue dans un premier temps pour les quatre métiers ciblés, a vocation à s’étendre progressivement à l’ensemble des corps de métier du secteur de la construction. L’ambition est de doter le Maroc d’un outil de pilotage durable de son marché du travail dans le bâtiment, capable d’informer en temps réel les politiques publiques d’emploi, de formation et de régulation du secteur.
L’initiative s’inscrit dans la Feuille de route nationale pour l’Emploi, officialisée en février 2025 par le Chef du gouvernement, qui a mandaté l’ensemble des départements ministériels pour décliner des plans d’action sectoriels. Le secteur du bâtiment, pilier de l’économie nationale et premier pourvoyeur d’emplois peu qualifiés, était en première ligne.
L’étude ciblera dans un premier temps quatre corps de métier jugés à forte demande : maçon et maçon boiseur, plombier, carreleur et électricien. Pour chacun d’eux, une enquête de terrain quantitative et qualitative sera menée dans les douze régions du Maroc, auprès d’un échantillon représentatif d’entreprises, de professionnels et de travailleurs. L’objectif est d’identifier les effectifs en activité, leur niveau de qualification, la proportion relevant du secteur informel, les besoins du marché en compétences, les taux d’insertion par type de formation, ainsi que les freins à l’emploi. Ce diagnostic s’appuiera notamment sur les résultats du Recensement général de la population et de l’habitat de 2024 (RGPH), dont les données sur l’emploi dans le bâtiment n’ont encore jamais été pleinement exploitées à cette échelle. Il intégrera également les données de la CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale) et du Registre national de l’artisanat, et sera nourri d’entretiens avec des experts, des institutionnels et des représentants de la main-d’œuvre elle-même. À l’issue de ce travail de terrain, une base de données des professionnels exerçant dans les métiers ciblés sera constituée, recensant leurs coordonnées, leur zone d’intervention, leur métier et niveau de qualification, leur expérience, ainsi que leur éventuelle inscription au registre national de l’artisanat. Le diagnostic n’est que le point de départ. La seconde phase de l’étude, plus structurante, consistera à élaborer un véritable dispositif d’intervention pour chacun des quatre métiers. Ce dispositif devra proposer des schémas concrets pour faciliter l’accès à l’emploi, en s’appuyant sur les programmes existants – ceux de l’OFPPT (Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail), du département de l’Artisanat ou des dispositifs de validation des acquis – tout en introduisant de nouvelles initiatives adaptées aux spécificités de chaque métier. Parmi les mesures phares figure la mise en place d’un système national d’octroi de cartes professionnelles. À terme, ces cartes seraient exigées pour toute intervention de la main-d’œuvre dans la construction – une rupture majeure avec les pratiques actuelles, où l’exercice du métier reste largement non encadré. Pour chaque action proposée, le prestataire chargé de la réalisation de l’étude devra préciser le responsable, les partenaires à impliquer, l’échéance, le budget et le cadre juridique à instaurer. Pour nourrir ces propositions, un benchmark international sera conduit, ciblant des pays ayant engagé des démarches similaires de professionnalisation des métiers du bâtiment. Les recommandations devront distinguer les mesures propres à chaque métier de celles pouvant être mutualisées entre les quatre. L’étude comporte enfin un volet numérique d’envergure. Il s’agit de concevoir l’architecture d’une plateforme digitale destinée à centraliser et suivre les données relatives aux professionnels recensés, en assurant son interopérabilité avec les systèmes d’information existants. Cette plateforme, conçue dans un premier temps pour les quatre métiers ciblés, a vocation à s’étendre progressivement à l’ensemble des corps de métier du secteur de la construction. L’ambition est de doter le Maroc d’un outil de pilotage durable de son marché du travail dans le bâtiment, capable d’informer en temps réel les politiques publiques d’emploi, de formation et de régulation du secteur.
