Une économie numérique en pleine accélération
Le potentiel est considérable. Le marché africain des paiements numériques devrait atteindre 1 500 milliards de dollars à l’horizon 2030. Cette progression ouvre de nouvelles perspectives aux entreprises, aux institutions financières et aux consommateurs. Elle élargit aussi le champ des risques : plus les échanges et les services se dématérialisent, plus la protection des données, des transactions et des infrastructures devient stratégique.Les chiffres de Mastercard Cyber Insights donnent la mesure du défi. En 2025, 69 236 cyberincidents ciblant des organisations africaines ont été recensés, soit environ un toutes les huit minutes. Entre 2016 et 2025, les cyberattaques observées sur le continent ont progressé de 421,4 %, contre 307,3 % à l’échelle mondiale.
La cyberrésilience n’est donc plus une question réservée aux spécialistes informatiques : elle conditionne la continuité des activités et la confiance dans les services numériques.
Le Maroc face à des enjeux stratégiques
Trois secteurs — les technologies, le secteur public et les services financiers — concentrent à eux seuls 44 % de l’activité cyber observée. Cette concentration témoigne de la valeur des données et des services qu’ils détiennent, mais aussi de leur rôle central dans la croissance numérique de l’Afrique.Les entreprises, notamment les plus petites, doivent ainsi composer avec des menaces qui évoluent rapidement et des moyens de protection parfois limités.
Le Maroc figure parmi les pays les plus concernés par cette exposition. Il représente 10,6 % des événements recensés en Afrique en 2025, derrière le Nigeria et l’Afrique du Sud. Le livre blanc souligne toutefois l’existence d’un cadre national de gouvernance de la cybersécurité structuré, notamment autour de la loi 05-20. La protection des données sensibles des citoyens reste un enjeu important. Pour les entreprises marocaines, la sécurité numérique doit donc s’inscrire pleinement dans les stratégies de développement et de transformation.
Les compétences, un investissement prioritaire
Le livre blanc identifie les talents comme le domaine offrant le plus fort potentiel d’investissement. L’Afrique compte environ 200 000 postes en cybersécurité qui restent à pourvoir, soit une pénurie équivalant à 23 % des effectifs actuels du secteur.La technologie ne suffit pas sans les femmes et les hommes capables de l’exploiter. Former les talents, développer les compétences et renforcer la capacité des organisations à anticiper les attaques constituent des priorités. L’intelligence artificielle peut contribuer à détecter plus rapidement les menaces, mais elle peut également être détournée par les cybercriminels.
Une responsabilité collective
Face à ces défis, la réponse passe aussi par la coopération entre acteurs publics et privés. Mastercard a lancé son Africa Cybersecurity Center of Excellence pour favoriser le partage de renseignements sur les menaces, améliorer la surveillance des risques et renforcer les capacités de défense collectives. Le groupe indique avoir investi 12,6 milliards de dollars dans la cybersécurité à l’échelle mondiale depuis 2019.À mesure que l’économie africaine se numérise, la confiance devient un levier essentiel de son développement. Investir dans la cybersécurité, les compétences et la coopération, c’est contribuer à bâtir un écosystème numérique plus sûr, plus résilient et capable de soutenir durablement les ambitions du continent.
