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Mercredi 06 Mai 2026
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Les banques marocaines à l’heure des grandes mutations sous l’effet du digital et de la concurrence (KPMG)

Retrait progressif d’acteurs internationaux, consolidation des groupes marocains et montée des nouveaux modèles digitaux redessinent les équilibres du retail banking marocain, selon KPMG au Maroc.

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Le secteur bancaire marocain entre dans une phase de recomposition structurelle marquée par des transformations économiques, technologiques et concurrentielles qui remettent en question les modèles historiques du retail banking. Selon KPMG au Maroc, cette évolution intervient dans un contexte marqué par le retrait progressif de certains acteurs internationaux, notamment français, la consolidation autour de groupes bancaires nationaux, l’évolution du cadre concurrentiel et l’émergence de nouveaux entrants technologiques.

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Pour Mohammed Berrada, Directeur Advisory en charge du pôle Financial Services chez KPMG au Maroc, « le secteur bancaire marocain traverse aujourd’hui un tournant structurant ». Il estime que ces mutations imposent aux établissements « une capacité accrue d’adaptation », ajoutant que cette recomposition représente « une opportunité majeure pour renforcer leur compétitivité, leur agilité et leur proximité client ».

Parmi les principaux mouvements observés figure le désengagement progressif de certains groupes internationaux, ouvrant un nouvel espace stratégique pour les banques marocaines. Ces dernières poursuivent parallèlement leur consolidation et renforcent leurs ambitions régionales, notamment en Afrique, à travers des investissements dans la modernisation des offres, des infrastructures et des parcours clients.

KPMG relève également une évolution du cadre concurrentiel, particulièrement dans les activités de monétique et d’acquisition, favorisant l’émergence de nouvelles offres de paiement intégrées et innovantes destinées aux commerçants et aux particuliers.

Le cabinet souligne toutefois un paradoxe, malgré une maturité technologique croissante, la digitalisation ne se traduit pas encore par une généralisation de l’inclusion financière. Le Maroc bénéficie pourtant d’un environnement favorable, porté par l’adoption des usages numériques, la généralisation du mobile et le développement d’un écosystème fintech.

Dans ce contexte, de nouveaux modèles commencent à émerger, notamment les banques 100% digitales et les solutions d’embedded finance, redéfinissant progressivement la relation bancaire.

Pour Zineb Sefrioui, Senior Manager Strategy & Business Transformation chez KPMG au Maroc, « l’enjeu n’est plus uniquement technologique, mais stratégique ». Elle estime que les banques doivent faire évoluer leurs modèles de banque de détail afin de transformer « la dynamique digitale et l’adoption croissante des usages en leviers durables de valeur, de performance et d’inclusion financière ».

Le secteur conserve néanmoins des fondamentaux jugés solides. En 2024, le nombre d’établissements de crédit et organismes soumis au contrôle de Bank Al-Maghrib est passé de 88 à 93. Le réseau bancaire compte 5.692 agences et 8.328 guichets automatiques, tandis que les groupes marocains disposent de 45 filiales en Afrique.

Les encours totaux atteignent 2.414 milliards de dirhams, dont 1.496 milliards de dirhams de crédits à la clientèle, confirmant le rôle central des banques dans le financement de l’économie.

KPMG note cependant que le principal défi concerne désormais l’usage bancaire. En 2024, 58% des adultes disposent d’un compte bancaire, mais une partie importante des comptes reste peu active et se limite souvent au retrait du salaire. Dans le même temps, les paiements digitaux progressent lentement, alors que le cash conserve une place dominante avec près de 450 milliards de dirhams en circulation et 90% des transactions réalisées en espèces.

Dans ce contexte, les banques sont confrontées à plusieurs enjeux simultanés : développer les usages, renforcer l’inclusion financière, créer de nouveaux relais de croissance et maintenir des standards élevés en matière de sécurité, de conformité réglementaire et de rentabilité.

Pour KPMG au Maroc, la transformation du secteur dépasse désormais la seule digitalisation et concerne l’ensemble du modèle bancaire, incluant l’organisation, l’expérience client, l’innovation produit, les partenariats et l’efficacité opérationnelle.
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