Menu
Search
Mercredi 29 Juillet 2026
S'abonner
close

Les préférences d’épargne se réorientent au détriment des dépôts à terme

Selon le Rapport sur la stabilité financière 2025 publié par Bank Al-Maghrib, l’Acaps et l’AMMC, le patrimoine financier des ménages a atteint un niveau record de 1.192 milliards de dirhams l’an dernier. Derrière ce chiffre se confirme une réorientation structurelle de l’épargne : les dépôts à terme, en repli constant depuis une décennie, cèdent du terrain face aux placements liquides, à l’assurance Vie et surtout aux valeurs mobilières, dont l’encours a bondi de plus de 40%.

Golden coins with jar glass - money savings concept
Golden coins with jar glass - money savings concept
Le patrimoine financier des ménages marocains a franchi un nouveau seuil historique en 2025, tout en révélant un changement de fond dans les arbitrages d’épargne des Marocains. C’est ce qui ressort du Rapport sur la stabilité financière (RSF) publié conjointement par Bank Al-Maghrib (BAM), l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (Acaps) et l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC).

Un patrimoine record, porté par toutes ses composantes

Selon le Rapport, le patrimoine financier des ménages a poursuivi sa consolidation pour atteindre 1.192 milliards de dirhams en 2025, en progression de 7,5%, après une hausse de 8,1% l’année précédente. Cette dynamique traduit, selon les trois régulateurs, un renforcement de la capacité d’épargne financière des ménages, doublé d’une diversification croissante des placements vers des actifs exposés au risque de marché.

Les préférences d’épargne se réorientent au détriment des dépôts à terme



Les dépôts bancaires demeurent toutefois la principale composante de ce patrimoine, avec un encours de 935 milliards de dirhams, soit près de 79% du total, en hausse de 4,5% – un rythme toutefois moins soutenu que les 7,5% enregistrés en 2024.

Le recul structurel des dépôts à terme se confirme

C’est la tendance la plus marquante mise en avant par le Rapport : le désintérêt des ménages pour les dépôts à terme se confirme année après année. Leur encours est ainsi passé de 103 milliards de dirhams en 2016 à seulement 77 milliards en 2025, soit un repli cumulé de près de 25% sur la période. Leur poids dans l’ensemble des dépôts bancaires des ménages s’est parallèlement effondré, passant de 17,2% à 8,2% en dix ans.

Le document explique cette évolution par l’effet combiné de plusieurs facteurs : la baisse progressive de la rémunération offerte sur ces placements, la préférence croissante des ménages pour les actifs liquides et surtout l’orientation d’une partie de l’épargne vers d’autres catégories de placements financiers. Cette réorientation se répercute jusque dans la structure de financement du secteur bancaire, où les dépôts à terme représentent désormais moins de 9% des ressources des banques, contre 22% il y a dix ans.

À l’inverse, ce sont les dépôts à vue qui tirent la croissance des dépôts des ménages : leur encours a progressé de 6,6% pour atteindre 658 milliards de dirhams, portant leur part à 70% du total. Les comptes d’épargne, eux, poursuivent une progression plus modeste (+2,6%, à 190 milliards de dirhams), leur poids dans les dépôts des ménages restant stable autour de 20%.

L’assurance Vie et les valeurs mobilières, grandes bénéficiaires de la réorientation

Cette bascule des préférences profite directement aux autres catégories de placements. Les contrats d’assurance Vie ont progressé de 7,9% pour la deuxième année consécutive, leur part dans le patrimoine financier des ménages se situe autour de 12%.

Mais c’est surtout du côté des valeurs mobilières que l’accélération est la plus spectaculaire : ces placements ont bondi de 40,1% en 2025, après +15,5% en 2024, pour atteindre 114 milliards de dirhams. Leur part dans le patrimoine financier total est ainsi passée de 7,3% en 2024 à 9,4% en 2025. Cette progression est très largement portée par les actions, qui représentent près de 97% de l’encours total des valeurs mobilières détenues par les ménages, en hausse de 43,2% à 111 milliards de dirhams. Les obligations privées, à l’inverse, poursuivent leur repli, tandis que les détentions de titres souverains, bien que d’un montant encore modeste, progressent notablement, passant de 373 à 780 millions de dirhams.

Au final, le Rapport dessine les contours d’une transformation structurelle : si les dépôts bancaires restent le socle du patrimoine financier des ménages marocains, leur composition interne se rééquilibre nettement au profit des placements à vue les plus liquides, tandis que l’épargne longue migre progressivement vers l’assurance Vie et, surtout, vers les marchés de capitaux. Une évolution que BAM, l’Acaps et l’AMMC surveillent de près, dans la mesure où elle modifie en profondeur la structure de financement de l’économie nationale.
Lisez nos e-Papers