L’annonce a été faite en marge du Logismed 2026 par Mohamed Talal, président-directeur général de CEOS Technology, mais également acteur institutionnel engagé depuis plusieurs années au sein de la Fédération du transport et de la logistique. Fort de cette double casquette, il a dévoilé les principaux axes d’un projet de loi appelé à profondément réorganiser le marché de la livraison de colis et du commerce électronique au Royaume. Intervenant lors d’un panel consacré aux enjeux du “last mile” et de la logistique e-commerce, Mohamed Talal a expliqué que le secteur évoluait encore dans un environnement insuffisamment structuré malgré sa forte croissance. Selon l’expert, plusieurs réformes sont actuellement en cours d’accélération, notamment autour de la loi postale encadrant les colis de moins d’un kilogramme. Une législation ancienne, héritée de 1924, qui accordait jusqu’ici un monopole à l’opérateur postal historique sur cette catégorie d’envois. Le dirigeant a précisé que la fédération du transport et la logistique travaillait depuis plus d’un an sur ce dossier avec le Conseil de la concurrence et plusieurs acteurs institutionnels. Les discussions ont abouti à un projet de loi déposé il y a trois mois au Secrétariat général du gouvernement après près d’un an et demi de concertation.
Le texte prévoit une transformation profonde du secteur. Première évolution majeure : la suppression du monopole postal sur les colis de moins d’un kilogramme. Une redevance pourrait toutefois être instaurée au profit de l’opérateur postal afin de compenser ses obligations de service public, notamment dans les zones éloignées du Royaume. Mais au-delà de cette ouverture du marché, la réforme vise surtout à mettre fin à l’informalité qui caractérise encore une partie importante des activités de livraison.
Le futur dispositif imposera ainsi une autorisation préalable du ministère compétent pour exercer une activité de livraison e-commerce ou de messagerie de colis. Les sanctions prévues sont particulièrement lourdes, avec des amendes allant de 500.000 à 5 millions de dirhams ainsi que des peines pouvant atteindre trois ans de prison ferme pour les dirigeants opérant sans agrément.
Le texte introduit également de nouvelles garanties en matière de protection du consommateur, notamment concernant les remboursements, les litiges ou encore les retours de marchandises.
Mohamed Talal a rappelé que les opérateurs logistiques encaissent parfois des montants considérables en contre-remboursement, pouvant représenter « jusqu’à 10 à 20 fois leur chiffre d’affaires ». Plusieurs entreprises ont disparu ces dernières années avec des sommes importantes, faute de cadre réglementaire suffisamment strict.
Selon les échanges engagés avec le ministère du Transport et la Poste, le projet pourrait être adopté lors de la session parlementaire de septembre prochain, avec une entrée en vigueur progressive attendue entre mars et juin de l’année suivante après publication des décrets d’application.
Cette réforme est largement saluée par les acteurs du secteur. Zakaria El Mahfoudi, vice-président et COO de Jumia Maroc, estime qu’elle permettra enfin de corriger des dysfonctionnements devenus coûteux pour l’ensemble de la chaîne logistique. « Cette loi qui date de 1924 a eu un impact énorme sur l’efficacité logistique », a-t-il affirmé. L’obligation implicite de surcharger les colis avec du sel ou du sable représentait un véritable non-sens économique et environnemental.
« C’est un gâchis énorme en termes de transport, d’empreinte carbone, de consommation de carburant et d’expérience client », a-t-il expliqué, ajoutant que les sachets de sel endommageaient parfois les produits livrés.
Même satisfaction du côté des distributeurs et retailers. Ils estiment que la structuration du marché devient indispensable face à l’essor rapide du e-commerce marocain.
Au final, le dirigeant estime que 60% à 70% des coûts de livraison sont perdus dans ces opérations de relivraison et de retours.
Pour répondre à cette problématique, CEOS Technology développe une solution de consignes automatiques baptisée “Neobox”, portée par sa filiale Express Relay. Le principe repose sur des casiers intelligents permettant au client de récupérer son colis à tout moment grâce à un code reçu par SMS ou par e-mail. Ce modèle permettrait non seulement de réduire fortement les coûts logistiques mais également l’empreinte carbone liée aux livraisons à domicile.
Pour cela, ORA Technologies déploie actuellement “Ora Cash”, une solution de mobile wallet destinée à équiper les quelque 800 livreurs de Cathedis afin d’instantanéiser les flux financiers entre clients, plateformes et commerçants. L’objectif est d’accélérer la rotation du cash et d’améliorer la capacité des vendeurs en ligne à financer leur croissance.
« En Égypte, l’instantanéisation du chiffre d’affaires a permis des gains de croissance de 40% à 60% », a-t-il indiqué. Pour Omar Alami, le livreur devient désormais un maillon stratégique de toute la chaîne de confiance du e-commerce marocain. « Le livreur est stratégique pour les dix prochaines années au Maroc. Il faut en prendre soin », a-t-il insisté.
Le texte prévoit une transformation profonde du secteur. Première évolution majeure : la suppression du monopole postal sur les colis de moins d’un kilogramme. Une redevance pourrait toutefois être instaurée au profit de l’opérateur postal afin de compenser ses obligations de service public, notamment dans les zones éloignées du Royaume. Mais au-delà de cette ouverture du marché, la réforme vise surtout à mettre fin à l’informalité qui caractérise encore une partie importante des activités de livraison.
Le futur dispositif imposera ainsi une autorisation préalable du ministère compétent pour exercer une activité de livraison e-commerce ou de messagerie de colis. Les sanctions prévues sont particulièrement lourdes, avec des amendes allant de 500.000 à 5 millions de dirhams ainsi que des peines pouvant atteindre trois ans de prison ferme pour les dirigeants opérant sans agrément.
Le texte introduit également de nouvelles garanties en matière de protection du consommateur, notamment concernant les remboursements, les litiges ou encore les retours de marchandises.
Mohamed Talal a rappelé que les opérateurs logistiques encaissent parfois des montants considérables en contre-remboursement, pouvant représenter « jusqu’à 10 à 20 fois leur chiffre d’affaires ». Plusieurs entreprises ont disparu ces dernières années avec des sommes importantes, faute de cadre réglementaire suffisamment strict.
Selon les échanges engagés avec le ministère du Transport et la Poste, le projet pourrait être adopté lors de la session parlementaire de septembre prochain, avec une entrée en vigueur progressive attendue entre mars et juin de l’année suivante après publication des décrets d’application.
Cette réforme est largement saluée par les acteurs du secteur. Zakaria El Mahfoudi, vice-président et COO de Jumia Maroc, estime qu’elle permettra enfin de corriger des dysfonctionnements devenus coûteux pour l’ensemble de la chaîne logistique. « Cette loi qui date de 1924 a eu un impact énorme sur l’efficacité logistique », a-t-il affirmé. L’obligation implicite de surcharger les colis avec du sel ou du sable représentait un véritable non-sens économique et environnemental.
« C’est un gâchis énorme en termes de transport, d’empreinte carbone, de consommation de carburant et d’expérience client », a-t-il expliqué, ajoutant que les sachets de sel endommageaient parfois les produits livrés.
Même satisfaction du côté des distributeurs et retailers. Ils estiment que la structuration du marché devient indispensable face à l’essor rapide du e-commerce marocain.
Jusqu'à 70% des coûts de livraison seraient perdus dans le “last mile”
Au-delà du cadre réglementaire, les discussions ont surtout mis en lumière les difficultés structurelles du “last mile”, considéré comme le principal point de tension du e-commerce marocain. « Le last mile tue la marge, renchérit les coûts de livraison, frustre le client final et épuise le livreur », a affirmé Mohammed Talal. Selon les chiffres avancés, entre 30% et 40% des livraisons nécessitent une relivraison parce que le client est absent, ne répond pas ou demande un second passage. À cela s’ajoutent des taux de retour pouvant atteindre 20% à 40% selon les produits et les plateformes.Au final, le dirigeant estime que 60% à 70% des coûts de livraison sont perdus dans ces opérations de relivraison et de retours.
Pour répondre à cette problématique, CEOS Technology développe une solution de consignes automatiques baptisée “Neobox”, portée par sa filiale Express Relay. Le principe repose sur des casiers intelligents permettant au client de récupérer son colis à tout moment grâce à un code reçu par SMS ou par e-mail. Ce modèle permettrait non seulement de réduire fortement les coûts logistiques mais également l’empreinte carbone liée aux livraisons à domicile.
Cathedis collecte près d’un milliard de DH par an via le paiement à la livraison
La question du paiement à la livraison a également occupé une place centrale dans les échanges. Omar Alami, fondateur et CEO d’ORA Technologies, a rappelé que le cash reste aujourd’hui dominant dans le e-commerce marocain parce qu’il joue un double rôle : celui d’outil de paiement instantané et celui de tiers de confiance. Sa filiale Cathedis, spécialisée dans le “last mile”, traite actuellement plus de 220.000 colis par mois et collecte près d’un milliard de dirhams par an en paiement à la livraison. Mais selon lui, la véritable question consiste désormais à digitaliser progressivement ces flux financiers sans casser la confiance du consommateur.Pour cela, ORA Technologies déploie actuellement “Ora Cash”, une solution de mobile wallet destinée à équiper les quelque 800 livreurs de Cathedis afin d’instantanéiser les flux financiers entre clients, plateformes et commerçants. L’objectif est d’accélérer la rotation du cash et d’améliorer la capacité des vendeurs en ligne à financer leur croissance.
« En Égypte, l’instantanéisation du chiffre d’affaires a permis des gains de croissance de 40% à 60% », a-t-il indiqué. Pour Omar Alami, le livreur devient désormais un maillon stratégique de toute la chaîne de confiance du e-commerce marocain. « Le livreur est stratégique pour les dix prochaines années au Maroc. Il faut en prendre soin », a-t-il insisté.
