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Lundi 13 Juillet 2026
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Séisme d’Al Haouz : l’ODCO confie à Sigma 3A l’accompagnement de 193 coopératives sinistrées

Près de trois ans après le tremblement de terre du 8 septembre 2023, le prestataire chargé de déployer le dispositif d’assistance technique et commerciale destiné aux coopératives des provinces sinistrées est désormais connu. Un programme de dix mois qui doit transformer l’aide d’urgence en relance économique durable.

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Le compte à rebours est lancé pour l’un des volets les plus attendus de la reconstruction économique post-séisme dans le Haut Atlas. L’Office du développement de la coopération (ODCO) a confié à Sigma 3A le pilotage, sur les dix prochains mois, de l’accompagnement structuré de 193 coopératives réparties entre les provinces d’Al Haouz, Taroudant, Chichaoua, Ouarzazate et Marrakech, pour un montant de 4,93 millions de dirhams. Sur les quelque 420 coopératives expertisées dans les zones touchées par le séisme, ces 193 structures ont été jugées éligibles à un appui financier de l’État pour la reconstruction de leurs locaux et le renouvellement de leurs équipements. Reste que l’aide matérielle, à elle seule, ne suffit pas à remettre ce tissu économique sur pied, d’où la décision de l’ODCO de bâtir un accompagnement couvrant l’ensemble du cycle de vie de ces coopératives, du diagnostic initial jusqu’à l’accès aux marchés.

Un dispositif à six dimensions

Le programme s’articule autour de six axes complémentaires. Premier chantier : un diagnostic approfondi de chacune des 193 coopératives - gouvernance, chaîne de production, situation financière - permettant de les répartir en trois catégories, selon qu’elles nécessitent une restructuration urgente, qu’elles sont en phase de croissance ou qu’elles présentent un fort potentiel d’émergence. Cette cartographie conditionnera l’ensemble du reste de l’accompagnement.

Suivra un cycle de vingt jours de formation mutualisée portant sur la gouvernance coopérative, le marketing digital, le commerce électronique ou encore les pratiques d’exportation, chaque coopérative devant repartir avec un business plan simplifié et un plan d’action opérationnel. Un volet dédié à l’optimisation de la chaîne de valeur - conditionnement, stockage, logistique - doit par ailleurs permettre de réduire les pertes et d’améliorer la compétitivité des structures accompagnées.

Un sous-groupe de 50 coopératives jugées les plus prometteuses bénéficiera d’un traitement renforcé : coaching de proximité, visites de terrain régulières et appui technique pour l’obtention d’agréments sanitaires auprès de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), ainsi que de certifications bio ou terroir. Un travail de création de marque - logos, étiquetage, packaging - accompagnera cette montée en gamme.

Le pari du numérique

Le volet commercial constitue le cœur stratégique du dispositif, avec la mise en place d’un catalogue numérique regroupant l’offre de l’ensemble des coopératives accompagnées et leur intégration à la place de marché numérique de l’Office du développement de la coopération. Face à l’éloignement géographique des zones sinistrées, le numérique s’impose comme le principal levier pour connecter ces structures rurales aux circuits de distribution nationaux et internationaux. Pour mener à bien cette mission, Sigma 3A devra mobiliser une équipe pluridisciplinaire : chef de projet, expert en ingénierie financière, spécialiste qualité et normes, expert en marketing et en digitalisation, ainsi que cinq formateurs et coachs de terrain. L’Office du développement de la coopération supervisera l’exécution du programme à travers une gouvernance à deux niveaux, associant un comité de pilotage stratégique et une commission technique chargée du suivi et de la réception des livrables.

Au-delà de sa dimension humanitaire, ce programme dessine une inflexion dans la manière dont l’État aborde la reconstruction post-catastrophe : non plus seulement par la remise à niveau des infrastructures, mais par le renforcement du capital humain et l’insertion des structures sinistrées dans les filières économiques. Une ambition dont la mise en œuvre, sur le terrain, sera désormais le véritable test.
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