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Mercredi 19 Août 2026
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Maersk renforce son dispositif logistique au Maroc avec une liaison ferroviaire Tanger-Casablanca

Face à la montée des volumes traités à Casablanca et aux contraintes de congestion qui en découlent, Maersk renforce son schéma logistique au Maroc autour d’un axe Tanger-Casablanca par rail. Déjà opérationnelle, cette liaison régulière doit permettre de faire de Tanger la principale porte d’entrée maritime des flux pris en charge par le groupe, avant leur acheminement ferroviaire vers le principal pôle industriel et commercial du Royaume. Une organisation qui traduit aussi la montée en puissance du rail dans les chaînes logistiques marocaines.

Crédit photo : Maersk
Crédit photo : Maersk
La croissance des flux portuaires pousse les logisticiens à repenser leurs circuits au Maroc. Maersk mise désormais sur une articulation plus étroite entre Tanger et Casablanca, en s’appuyant sur le ferroviaire pour relier les deux grands pôles économiques et portuaires du pays.

Le groupe danois a détaillé, le 14 août, son dispositif reposant sur une liaison ferroviaire à haute fréquence entre Tanger et Casablanca, aujourd’hui pleinement opérationnelle. L’objectif affiché est de proposer des départs réguliers et des temps de transit plus prévisibles, tout en réduisant la dépendance à un seul mode de transport.

Derrière cette initiative se dessine surtout une nouvelle organisation des flux : faire de Tanger la principale porte d’entrée maritime au Maroc dans le schéma proposé par Maersk, puis utiliser le rail pour acheminer les marchandises jusqu’à Casablanca, premier centre industriel et commercial du pays.

Casablanca sous la pression des volumes

Cette stratégie intervient alors que le port de Casablanca continue d’enregistrer d’importants volumes de marchandises. Selon les données reprises par Maersk, 17 millions de tonnes de fret ont été traitées durant le premier semestre 2026. Pour le seul mois de juin, le trafic a atteint 3,53 millions de tonnes, en progression de 32% sur un an. Le port représenterait par ailleurs environ 35% du trafic portuaire national.

Une concentration qui constitue un atout pour la capitale économique, mais qui s'accompagne également de contraintes opérationnelles. Maersk pointe notamment des épisodes récurrents de congestion et une flexibilité limitée.

Le recours à Tanger permet ainsi au logisticien de répartir différemment ses flux. Le port du Nord dispose d'une forte connectivité avec les grandes routes maritimes internationales, tandis que Casablanca concentre une part importante de l'activité industrielle et commerciale. Le rail devient alors le trait d’union entre ces deux fonctions.

L’enjeu dépasse donc une simple liaison ferroviaire supplémentaire. Il s’agit d’articuler connectivité maritime internationale, transport ferroviaire et desserte du bassin économique casablancais dans une même chaîne logistique.

Du navire au dernier kilomètre

Le dispositif ne s’arrête d’ailleurs pas au trajet Tanger-Casablanca. Maersk cherche à proposer une chaîne intégrée allant de l’arrivée maritime des marchandises à Tanger jusqu’à leur destination finale. Après le transport maritime et la liaison ferroviaire dédiée vers Casablanca, le groupe propose des solutions de dédouanement, de stockage à l’intérieur du pays et de livraison finale par camion. L’objectif est de permettre aux chargeurs de gérer l'ensemble du parcours logistique à travers un interlocuteur unique.

Pour les entreprises, la régularité du service ferroviaire et la prévisibilité des temps de transit doivent notamment faciliter la gestion des stocks et la planification des approvisionnements. Cette organisation vise également à diversifier les solutions logistiques entre le Maroc et l'Europe, en réduisant la dépendance à un mode ou à un point d'entrée unique. « En réunissant Tanger et Casablanca, nous créons un moyen plus simple d’acheminer les marchandises vers le principal centre commercial du Maroc », explique en substance Ruben Moratinos, Head of Sales Maghreb chez Maersk. Le responsable met également en avant l'accès à davantage de flux commerciaux internationaux et la possibilité pour les entreprises de diversifier la gestion de leurs chaînes d'approvisionnement.

Au-delà du dispositif propre à Maersk, cette initiative illustre un enjeu plus large pour la compétitivité logistique du Maroc : mieux connecter les grandes infrastructures portuaires aux bassins de production et de consommation.

À mesure que les volumes augmentent, la performance d’un port dépend en effet aussi de la capacité à évacuer rapidement les marchandises vers l’intérieur du territoire. Dans cette équation, le ferroviaire peut offrir une alternative aux flux exclusivement routiers et contribuer à diversifier les circuits.

Le corridor Tanger-Casablanca permet précisément de combiner deux atouts complémentaires : la connectivité maritime internationale de Tanger et le poids économique de Casablanca.

Pour Maersk, cette articulation doit rendre les chaînes d’approvisionnement plus prévisibles et résilientes tout en contribuant à réduire la pression sur les portes d’entrée congestionnées.
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