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Mardi 06 Octobre 2026
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Banque mondiale: le Maroc, l'une des économies les plus résilientes de sa région en 2026

Alors que l'économie de la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan devrait reculer de 2,1 en 2026, sous l'effet du conflit et du choc énergétique, le Maroc devrait progresser de 4,4%, selon la Banque mondiale. Au-delà de la gestion de crise, l'institution appelle les pays de la région à préparer une deuxième transformation de leur économie, de plus long terme: la montée en puissance de l'intelligence artificielle. Le Royaume y dispose d'atouts, mais l'adoption par les entreprises et le cadre réglementaire restent à renforcer.

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Dans un contexte régional marqué par le conflit et ses répercussions énergétiques, le Maroc fait partie des économies les plus résilientes. Selon le dernier bulletin économique du Groupe de la Banque mondiale sur le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord, l'Afghanistan et le Pakistan (MENAAP), le produit intérieur brut réel du Royaume progresserait de 4,4% en 2026, contre 4,9% en 2025, avant de revenir à 4% en 2027. Le Maroc fera ainsi mieux que la moyenne régionale qui devrait se contracter de 2,1% en 2026, après une expansion de 3,3% en 2025, à la suite d'une baisse attendue de 4,3% pour les économies du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Ces dernières étant touchées par la fermeture du détroit d’Ormuz, où la baisse des volumes d’exportation se traduit par des pertes substantielles de production et de recettes publiques.



La Banque mondiale indique que le Maroc aborde 2026 avec un fort élan, soutenu par une pluviométrie favorable, un investissement public soutenu, un tourisme résilient et des exportations robustes. Le ralentissement attendu en 2026, par rapport à 2025, s’explique par l'atténuation de l'effet des gains agricoles antérieurs et par le poids de coûts énergétiques plus élevés.

La prévision pour 2026 a été relevée de 0,2 point par rapport à celle d'avril 2026. Celle de 2027 reste inchangée. L'inflation resterait contenue, à 1,2% en 2026 et 1,8% en 2027, contre 0,8% en 2025. Le solde budgétaire, estimé à –3,5% du PIB en 2025, demeurerait stable en 2026, avant de s’améliorer à –3,3% en 2027. Le solde courant se creuserait, lui, à –3,6% du PIB en 2026, contre –2,1% en 2025, avant de s'établir à –2,4% en 2027.

Une performance qui se démarque parmi les importateurs de pétrole

Le groupe des importateurs de pétrole en développement, dont fait partie le Maroc, devrait voir sa croissance passer de 3,9% en 2025 à 4,3% en 2026, puis 4% en 2027. Le rapport précise que la demande intérieure en reste le principal moteur, mais que la hausse des prix alimentaires et la réduction de l'espace budgétaire créent des pressions croissantes.

Pour 2026, le Maroc afficherait donc une croissance supérieure à la moyenne des importateurs de pétrole et nettement au-dessus de la Tunisie (2,3%) et de la Jordanie (2,7%). Son inflation (1,2%) est la plus basse de ce panel, face à 2,5% en Jordanie, 5,5% en Tunisie et 13,3% en Égypte. Son déficit budgétaire (–3,5%) est moins creusé que ceux de la Jordanie (–4,6%), de la Tunisie (–6%) et de l'Égypte (–6,8%), ainsi que de la moyenne du groupe (–4,5%).

Le rapport range néanmoins le Maroc parmi les économies qui font face à des pressions significatives en matière de dette ou de financement. Il évoque aussi le risque d'un épisode El Niño plus fort que d'habitude à la fin de 2026.

Miser sur l’intelligence artificielle

Si le conflit devait s’atténuer d’ici la fin 2026, la Banque mondiale projette un rebond marqué de la croissance régionale, hors de l’Iran, à 7,8% en 2027, porté par une reprise de la production d’hydrocarbures, la normalisation des routes commerciales et des effets de base.

Ce rebond résulterait toutefois davantage de la restauration de la production perdue dans les pays riches en pétrole, plutôt que d’un renforcement de la productivité ou de meilleures perspectives de croissance à long terme. Pour la Banque mondiale, l’enjeu majeur pour les décideurs politiques est donc d’aller au-delà des interventions d’urgence vers le renforcement d’une résilience durable. Dans ce cadre, la région doit se préparer à une deuxième transformation, de plus long terme : la montée en puissance de l’intelligence artificielle. L’effet principal de l’IA dans la région MENAAP sera vraisemblablement l’augmentation de la productivité plutôt que des pertes d’emplois dues à l’automatisation. Alors que moins de 10% des emplois de la région sont exposés à un risque d’automatisation à court terme, entre 13 et 20% présentent un potentiel d’augmentation significatif — permettant d’accroître la productivité des travailleurs et des entreprises capables d’utiliser ces outils efficacement.

Le Maroc semble bien positionné. «Certains pays en développement importateurs de pétrole, dont le Maroc et la Tunisie, développent leurs exportations de produits de haute technologie, une évolution qui témoigne d’une transition progressive vers des activités à plus forte intensité de savoir et d’une participation accrue aux chaînes de valeur technologiques mondiales», souligne le rapport.

Ces produits représentent environ 5% des exportations manufacturières du Maroc en 2024, contre plus de 7% pour la Tunisie. Les deux pays sont devenus les principaux exportateurs de produits liés à l’IA dans la région.

Le rapport cite, par ailleurs, le projet Nexus AI Factory, une infrastructure de calcul de 1,2 milliard de dollars fonctionnant entièrement aux énergies renouvelables, qui place le Maroc, avec l'Égypte, parmi les économies visant un statut de hub régional.

Selon le rapport, la région MENAAP ne connaît pas une, mais plusieurs transitions vers l’IA, à des vitesses très différentes. Concrétiser les promesses de l’IA nécessitera de combler des lacunes structurelles, notamment la sous-représentation des langues et des données de la région dans les systèmes d’IA mondiaux, la faible utilisation des outils d’IA et le déficit de capital fondateur concernant à la fois le capital humain et les infrastructures. Le faible dynamisme du secteur privé constitue aussi un frein important.

À ce niveau, le rapport indique que l'adoption dans les entreprises marocaines reste limitée. Presque toutes les sociétés disposent d'outils numériques de base et un tiers a adopté des logiciels avancés, mais moins de la moitié les utilisent de façon intensive. Seuls 4,3% des établissements ont adopté l'analyse de données massives ou l'IA, contre 40% pour le cloud, le coût étant le principal obstacle cité (enquête de 2024). L'absence de réglementation spécifique sur l'IA constitue aussi un obstacle fondamental à son adoption.

La collaboration régionale dans le domaine de l’IA est présentée dans le rapport comme une opportunité majeure pour la région MENAAP. «La diversité de la région constitue un avantage. La capacité informatique du Golfe, la richesse linguistique de la région et les talents que recèlent les économies à revenu intermédiaire créent ensemble la possibilité de poser les bases d’un écosystème régional d’IA», souligne le rapport.

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