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Mercredi 14 Octobre 2026
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Ferroviaire : Mohamed Rabie Khlie appelle à diversifier les financements pour accélérer les investissements

Face aux besoins considérables de financement des infrastructures ferroviaires en Afrique, le directeur général de l’ONCF, Mohamed Rabie Khlie, appelle à développer des mécanismes innovants et à diversifier les partenariats financiers. Lors du Forum international sur les solutions d’investissement et de financement pour l’avenir ferroviaire de l’Afrique, il a souligné que les ressources publiques traditionnelles ne suffisent plus à répondre aux ambitions du continent. Une problématique à laquelle le Maroc est également confronté avec son programme ferroviaire à l’horizon 2030.

Mohamed Rabie Khlie, directeur général de l’Office national des chemins de fer (ONCF) Ph. Rhouni
Mohamed Rabie Khlie, directeur général de l’Office national des chemins de fer (ONCF) Ph. Rhouni
Le financement des infrastructures ferroviaires constitue l’un des principaux défis du développement des réseaux de transport en Afrique. Face à l’ampleur des investissements nécessaires et aux contraintes budgétaires des États, la mobilisation de nouvelles sources de financement devient une priorité pour accompagner la modernisation du secteur. C’est le constat dressé par Mohamed Rabie Khlie, directeur général de l’Office national des chemins de fer (ONCF), à l’occasion du Forum international « Investment and Financing Solutions for Africa’s Railway Future », coorganisé par l’Union internationale des chemins de fer (UIC) et l’ONCF.

Réunissant plus de 200 participants issus de 20 pays, cette rencontre rassemble des représentants des réseaux ferroviaires, des institutions financières, des investisseurs, des industriels et des pouvoirs publics autour des solutions de financement du rail africain.



Dans son intervention, Mohamed Rabie Khlie a rappelé que la première édition du forum, organisée trois ans auparavant au Sénégal, avait abouti à la Déclaration de Dakar, qui soulignait déjà l’importance du défi du financement ferroviaire. « Notre ambition est de passer du constat à l’action », a-t-il déclaré, en appelant à faire émerger des solutions concrètes et des partenariats durables pour accompagner le développement du ferroviaire africain. Selon le directeur général de l’ONCF, les transformations démographiques, économiques et environnementales que connaît le continent imposent de repenser les modèles de mobilité. La croissance de la population, sa jeunesse, l’accélération de l’urbanisation, le potentiel des ressources naturelles et les impératifs climatiques renforcent les besoins en infrastructures de transport. Dans cette perspective, la mobilité durable constitue un levier de développement inclusif, conformément aux ambitions de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Mohamed Rabie Khlie a toutefois relevé que les investissements déjà réalisés, principalement sur fonds publics, restent insuffisants pour combler le déficit d’infrastructures du continent. Il a notamment rappelé les estimations citées dans le cadre de l’Agenda 2063, selon lesquelles cette insuffisance se traduirait par un manque à gagner de 2% de croissance économique annuelle et une perte de productivité de 40%. Ces contraintes pèsent, selon lui, sur le développement économique et le rayonnement international de l’Afrique.

Maroc : un programme ferroviaire de 10 milliards de DH à l’horizon 2030

Pour illustrer les possibilités de transformation du secteur, Mohamed Rabie Khlie est revenu sur l’expérience marocaine en matière de développement ferroviaire. Le directeur général de l’ONCF a notamment cité la mise en service d’Al Boraq, premier train à grande vitesse d’Afrique, ainsi que la modernisation du réseau conventionnel. Cette évolution s’accompagne d’une augmentation de l’activité ferroviaire nationale, avec plus de 55 millions de voyageurs transportés chaque année. Le Maroc poursuit parallèlement un programme d’investissement ferroviaire lancé en 2025, dont le montant dépasse 10 milliards d’euros à l’horizon 2030, selon les chiffres présentés par Mohamed Rabie Khlie. Ce programme porte notamment sur le prolongement de la ligne à grande vitesse jusqu’à Marrakech, l’acquisition de 168 nouveaux trains et le développement de services ferroviaires de proximité de type RER dans les grandes agglomérations. Le prolongement de la grande vitesse doit notamment permettre d'étendre le réseau à grande vitesse à 630 kilomètres, selon les indications présentées lors de l'intervention. Pour Mohamed Rabie Khlie, ce programme repose sur une vision stratégique de long terme et sur des partenariats financiers diversifiés. Il illustre également le rôle que peut jouer le ferroviaire dans la création de valeur économique, sociale et environnementale.

À l’échelle du continent, le directeur général de l’ONCF a rappelé que l’UIC Région Afrique a élaboré une stratégie de développement ferroviaire alignée sur l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Cette stratégie vise à faire du rail un instrument de mobilité durable, d’intégration régionale et de compétitivité économique. Sa mise en œuvre reste toutefois conditionnée à la capacité des pays africains à mobiliser les financements nécessaires. « Face à l’ampleur des besoins et aux contraintes budgétaires des États, les financements publics traditionnels ne peuvent suffire », a souligné Mohamed Rabie Khlie. Il a ainsi appelé à renforcer les partenariats et à développer des mécanismes innovants, avec pour objectif de construire des modèles de financement durables, adaptés aux réalités économiques et budgétaires de chaque pays.

Kayouh : 134 milliards de dirhams d’investissements ferroviaires d’ici 2030

Intervenant également lors du forum, le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, a présenté les principales orientations du programme de développement ferroviaire marocain. Il a rappelé que le Royaume a fait du transport ferroviaire un levier de développement, d’intégration territoriale et de compétitivité économique. Cette stratégie s’est notamment traduite par la réalisation de la ligne à grande vitesse et se poursuit à travers un programme d’investissement de 134 milliards de dirhams à l’horizon 2030.

Outre le prolongement de la ligne à grande vitesse jusqu’à Marrakech, ce programme comprend la connexion ferroviaire du nouveau port Nador West Med, le développement des services de trains régionaux et l’acquisition de 168 nouveaux trains. Le ministre a insisté sur l’importance d’une gouvernance claire, de cadres contractuels stables et de mécanismes de financement adaptés pour assurer la réalisation des projets dans les délais prévus. Ces conditions doivent également permettre de garantir la pérennité des infrastructures et la qualité des services, notamment dans la perspective de l’organisation de la Coupe du monde 2030.

Garanties, partenariats public-privé et financements verts

Sur le financement des infrastructures africaines, Abdessamad Kayouh a plaidé pour un renforcement de la coopération entre les gouvernements, les institutions financières, les opérateurs ferroviaires et les investisseurs. Il a notamment mis en avant la nécessité de développer des instruments financiers adaptés aux cycles longs des investissements ferroviaires, dont les besoins de financement s’étendent sur plusieurs années. Le ministre a également évoqué le recours à des mécanismes de garantie destinés à faciliter la mobilisation des capitaux, ainsi qu’aux partenariats public-privé reposant sur des engagements contractuels clairs.

Autre piste identifiée : les financements verts, susceptibles d’accompagner la modernisation des infrastructures, l’amélioration de l’efficacité énergétique et le renforcement de la résilience climatique des réseaux.
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