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Dimanche 02 Août 2026
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IDE, Mondial 2030, notation souveraine : les leviers qui consolident l’attractivité du Maroc

Dans son Rapport de suivi de la situation économique publié cet été, la Banque mondiale dresse le portrait d’une économie marocaine portée par une accélération inédite des investissements étrangers, un cycle d’infrastructures lié à l’organisation du Mondial 2030 et une crédibilité financière renforcée sur les marchés internationaux. Trois dynamiques qui se nourrissent l’une l’autre et repositionnent le Royaume comme relais de production pour les entreprises européennes.

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Vingt-neuf pour cent. C’est la progression des flux d’investissements directs étrangers (IDE) enregistrée par le Maroc en 2025, selon les données publiées par la Banque mondiale. Cette performance s’inscrit dans un cycle de croissance que l’institution qualifie de plus soutenu depuis plus d’une décennie, avec un PIB réel en hausse de 4,9% l’an dernier. Le Royaume se positionne ainsi, selon le rapport, «au-dessus de la moyenne des économies émergentes et en développement», une inversion des tendances observées les années précédentes. Cette dynamique s’accompagne d’une inflation contenue à 0,8% sur l’année, l’un des niveaux les plus bas de la région, un climat de stabilité des prix qui rassure les investisseurs engagés dans des cycles d’implantation industrielle de long terme.

Un aimant industriel pour les chaînes de valeur européennes

L’industrie manufacturière concentre la majeure partie des flux d’IDE entrants. Les investissements nets rapportés au PIB ont rebondi à environ 1,8% en 2025, contre 0,7% en 2023. Les auteurs du rapport y voient «l’attrait croissant du Maroc comme destination de délocalisation de proximité pour les entreprises internationales», un repositionnement qui s’inscrit dans la réorganisation des chaînes d’approvisionnement européennes, où la proximité géographique et les coûts logistiques pèsent désormais autant que le niveau des salaires.

Cette dynamique se lit également dans la diversification des exportations. Sur l’ensemble des biens et services, les exportations marocaines ont progressé de 6,2% en 2025, après 8% en 2024, les phosphates et l’aéronautique affichant les performances les plus solides, selon le rapport. Les phosphates et leurs dérivés ont bondi de 21% en 2025, l’extraction minière a progressé de 7,5% et le secteur touristique a enregistré une croissance de 7%. Au premier trimestre 2026, l’automobile et l’aéronautique ont continué d’afficher de solides performances à l’export, avec des hausses respectives de 12,1% et 12,6%, deux filières que la Banque mondiale associe à la transformation structurelle de l’industrie marocaine vers une production à plus forte valeur ajoutée.

Un cycle d’infrastructures porté par le Mondial 2030

Du côté de la demande intérieure, la formation brute de capital a progressé de 16,3% en 2025, après 14% en 2024, sous l’impulsion des grands chantiers d’infrastructure publique et d’une reprise progressive des dépenses d’investissement privées. Le secteur de la construction a crû de 6,7% sur la même période, porté par les travaux préparatoires à la Coupe du monde de football 2030. La Banque mondiale table sur un maintien de ce moteur en 2026, avec une formation brute de capital fixe attendue en hausse de 11,2%.

À moyen terme, l’institution table sur une stabilisation de la croissance à 4,2% en 2026, 4% en 2027 puis 4,3% en 2028, avec un rééquilibrage progressif de la demande vers une expansion tirée par le secteur privé, portée par une consommation des ménages projetée à 4,8% d’ici 2028. Un horizon qui, selon le rapport, doit beaucoup à la maturation du cycle d’investissement actuel et aux dividendes attendus des réformes structurelles engagées ces dernières années.

Le rapport consacre également un chapitre à la transformation numérique des entreprises marocaines, présentée comme un relais de productivité pour accompagner ce cycle d’investissement. «Le Maroc a déjà accompli des progrès significatifs dans son programme de transformation numérique», notamment grâce à la stratégie Maroc Digital 2030, soulignent les auteurs, qui chiffrent à 10-15% le gain de productivité agrégée qu’apporterait un rattrapage numérique au niveau des pays comparateurs. Un potentiel qui vient renforcer l’argument compétitif adressé aux investisseurs étrangers en quête de bases industrielles modernisées.

Une crédibilité financière qui s’accompagne d’un marché du travail dynamique

Les marchés financiers valident cette trajectoire. Les émissions d’euro-obligations réalisées en 2025 ont permis d’obtenir des spreads de 155 points de base sur les titres à quatre ans et de 215 points sur les titres à dix ans, pendant que S&P relevait la note souveraine du Royaume au niveau investment grade. Les réserves internationales, qui couvraient 5,4 mois d’importations fin 2025, ont continué de progresser pour atteindre 49 milliards de dollars fin mars 2026, offrant un coussin supplémentaire face aux turbulences extérieures. Le système bancaire accompagne cette trajectoire : la Banque mondiale relève des niveaux adéquats de capital, de liquidités et de bénéfices, les perspectives bancaires récentes de S&P «témoignant d’une confiance plus large dans la solidité du secteur».

Sur le plan budgétaire, la réforme de l’administration fiscale porte ses fruits : les recettes fiscales ont atteint 30,1% du PIB en 2025, tirées notamment par l’impôt sur les sociétés, en hausse d’environ 130% depuis 2019. Le déficit budgétaire s’est resserré à 3,5% du PIB, tandis que la dette du Trésor s’est stabilisée autour de 67%, après avoir dépassé 70% en 2020.

Le marché du travail accompagne cette dynamique. Avec près de 193.000 emplois nets créés en 2025, soit plus du double de 2024, le Maroc affiche «le quatrième plus grand nombre de créations nettes d’emplois enregistrées depuis 2001». Un rythme de création d’emplois qui, conjugué à la stabilité macroéconomique et à la préparation du Mondial 2030, conforte le positionnement du Royaume auprès des investisseurs internationaux.

Le Royaume a par ailleurs traversé les premiers mois de 2026 sans dérailler de sa trajectoire, malgré les tensions au Moyen-Orient. Le rapport souligne que «l’exposition du Maroc aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient est restée limitée», concentrée pour l’essentiel sur les coûts d’importation d’énergie, une résilience que la Banque mondiale relie en partie à la réforme des subventions aux carburants engagée en 2014, laquelle a réduit de moitié l’impact des chocs pétroliers sur la croissance.

La Banque mondiale va jusqu’à intégrer ce potentiel dans ses scénarios de risque à la hausse : «Le positionnement stratégique du Maroc comme destination de délocalisation de proximité», couplé aux chantiers du Mondial et à la réforme en cours des entreprises publiques, pourrait selon elle générer une dynamique du secteur privé supérieure aux hypothèses de son scénario de référence.
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