Dans
l’Oriental,
l’information utile à
l’investisseur existe, mais elle est éparpillée. Projets d’investissement, indicateurs socio-économiques, foncier, urbanisme, infrastructures, zones d’activités, emploi, formation : ces données vivent dans des applications, des fichiers et des tableaux de bord distincts, détenus par autant de producteurs. Le
Centre régional d’investissement (CRI) de la région entend y mettre bon ordre avec un
Système d’information territorial (SIT), conçu comme le socle numérique de la connaissance du territoire au service de
l’investissement.
Une couche fédératrice, pas un nouvel ERP
Le positionnement est assumé : le SIT n’est ni un nouvel ERP (Progiciel de gestion intégré) ni une duplication des outils de gestion existants. Les systèmes sources conservent leurs responsabilités ; le SIT consolide leurs informations, les spatialise, en conserve l’historique et les croise avec la connaissance du territoire. Il n’a pas non plus vocation à se substituer aux institutions compétentes en matière foncière, cadastrale ou d’urbanisme, ni à produire d’avis réglementaire opposable.
Chaque donnée intégrée garde son producteur, sa source, son millésime et son niveau de diffusion. L’objectif affiché est double. Pour l’investisseur, un accès à une
information territoriale fiable et utile. Pour le CRI, une meilleure connaissance de son territoire, de quoi promouvoir ses potentialités, suivre la concrétisation des projets et conseiller les porteurs.
Huit briques autour d’un Data Hub
L’architecture repose sur huit macro-briques partageant un même patrimoine de données. Au centre, un
Data Hub territorial à composante spatiale, avec référentiels, entrepôt, métadonnées et contrôle de la qualité, dont un référentiel entreprise-établissement-implantation. Autour de lui s’articulent plusieurs usages. Il s’agit notamment d’un suivi analytique du portefeuille des projets d’investissement, jusqu’à leur concrétisation, d’une connaissance qualifiée de l’offre foncière (zones, sites, lots, maturité), d’outils d’analyse spatiale et d’aide au choix d’implantation, avec accessibilité, isochrones, zones de chalandise, Scoring territorial et analyse multicritère, d’un observatoire territorial et économique, avec indicateurs, tableaux de bord, atlas et monographies, et d’une banque territorialisée de projets et d’opportunités, avec leur niveau de maturité. Le tout est assorti de services de diffusion et de partage des données, d’un portail public et d’un espace réservé aux partenaires, ainsi que de services d’intelligence artificielle dédiés à la recherche d’information, à l’assistance aux utilisateurs, au contrôle de la qualité des données et à l’aide à la décision. Ce dernier volet est encadré : l’IA ne doit s’appuyer que sur des données autorisées, identifiables et validées. Sept catégories d’utilisateurs sont prévues, des décideurs aux investisseurs et au grand public, avec des droits d’accès et des niveaux de diffusion distincts.
Des données reprises, connectées et gouvernées
Le chantier ne part pas d’une page blanche. Il prévoit la reprise des données prioritaires du
CRI, l’acquisition d’une
base régionale des entreprises et établissements, et jusqu’à cinq interfaces ou connecteurs automatisés avec les systèmes sources ou partenaires. Lorsque l’automatisation n’est pas possible, des imports structurés ou des échanges conventionnés prendront le relais. L’ensemble repose sur des principes de traçabilité, d’historisation, de sécurité intégrée dès la conception et de neutralité technologique : le projet vise des capacités et des standards plutôt qu’une marque ou une pile imposée. La plateforme doit être hébergée sur le territoire du Royaume. Elle sera mise en production au plus tard à la réception provisoire, puis administrée et maintenue pendant douze mois de garantie, l’hébergement restant assuré pendant vingt-quatre mois après la mise en production.
Monter en compétence pour ne pas dépendre
Le projet accorde une place notable à l’autonomie des équipes du CRI. Il prévoit au moins quatorze journées de formation, un parcours certifiant pour cinq agents, deux ateliers régionaux de concertation et de restitution, une documentation complète et une réversibilité garantissant que l’institution puisse récupérer données, schémas, scripts et configurations. L’ambition est que le CRI administre, paramètre et fasse évoluer lui-même la plateforme, y compris pour créer de nouveaux thèmes, indicateurs ou jeux de données sans développement spécifique.
Ce que le projet ne fait pas
Le périmètre est volontairement borné. Le SIT ne reprend pas les Workflows transactionnels des systèmes métiers existants et ne modifie pas les données officielles qu’il intègre. Sa valeur dépendra donc de la disponibilité et de la qualité des données fournies par le CRI et par ses partenaires, ce que le document de cadrage reconnaît lui-même en conditionnant plusieurs engagements à l’accès à ces données. La gouvernance durable de la donnée (source, propriétaire, fréquence de mise à jour, diffusion) constitue ainsi l’un des neuf objectifs stratégiques du projet.