400 milliards de dirhams d’investissement public, 121,3 milliards pour l’éducation et la formation, 45,4 milliards pour la santé et la protection sociale... Les montants annoncés dans le projet de loi de Finances (PLF) 2027 sont importants. Mais combien de ces milliards contribueront réellement à améliorer la situation des femmes au Maroc ? C’est la question que soulève l’Association démocratique des femmes du Maroc, qui livre une lecture critique des choix budgétaires du gouvernement dans un communiqué publié récemment.
L’association ne conteste pas l’importance des moyens mobilisés. Elle s’interroge plutôt sur leur répartition et leur efficacité. Pour elle, l’augmentation des crédits consacrés aux secteurs sociaux ne suffit pas à démontrer une amélioration des conditions de vie des femmes. Encore faut-il savoir à qui profite cet argent, dans quelles régions il est dépensé et ce qu’il change concrètement pour les populations concernées.
Le PLF 2027 prévoit 825,6 milliards de dirhams de charges de l’État. De son côté, l’investissement public devrait atteindre 400 milliards de dirhams, 251 milliards destinés aux établissements et entreprises publics, 124 milliards au budget de l’État et aux autres composantes concernées, et 25 milliards aux collectivités territoriales. L’ADFM voudrait que les retombées de ces investissements soient aussi évaluées à travers leur contribution à l’égalité entre les femmes et les hommes. Cette exigence concerne particulièrement les territoires où les inégalités restent les plus marquées. Une femme vivant dans une commune rurale enclavée n’a pas nécessairement les mêmes possibilités d’accès aux soins, à l’éducation ou à l’emploi qu’une habitante d’une grande ville. Pour l’association, les politiques publiques doivent justement permettre de réduire ces écarts, et pas seulement afficher des enveloppes budgétaires en hausse.
Le contexte politique donne une portée particulière à cette interpellation. L’ADFM salue la nomination de la première femme à la tête du gouvernement, qu’elle considère comme une avancée historique et l’aboutissement de plusieurs décennies de mobilisation du mouvement féministe marocain. Mais la portée de cet événement ne saurait, à ses yeux, se limiter à sa dimension symbolique. Elle devra aussi se mesurer à travers les décisions politiques et financières. Le PLF 2027, premier budget après les élections législatives de septembre 2026, constitue ainsi un premier test des engagements gouvernementaux en matière d’égalité.
L’association ne conteste pas l’importance des moyens mobilisés. Elle s’interroge plutôt sur leur répartition et leur efficacité. Pour elle, l’augmentation des crédits consacrés aux secteurs sociaux ne suffit pas à démontrer une amélioration des conditions de vie des femmes. Encore faut-il savoir à qui profite cet argent, dans quelles régions il est dépensé et ce qu’il change concrètement pour les populations concernées.
Le PLF 2027 prévoit 825,6 milliards de dirhams de charges de l’État. De son côté, l’investissement public devrait atteindre 400 milliards de dirhams, 251 milliards destinés aux établissements et entreprises publics, 124 milliards au budget de l’État et aux autres composantes concernées, et 25 milliards aux collectivités territoriales. L’ADFM voudrait que les retombées de ces investissements soient aussi évaluées à travers leur contribution à l’égalité entre les femmes et les hommes. Cette exigence concerne particulièrement les territoires où les inégalités restent les plus marquées. Une femme vivant dans une commune rurale enclavée n’a pas nécessairement les mêmes possibilités d’accès aux soins, à l’éducation ou à l’emploi qu’une habitante d’une grande ville. Pour l’association, les politiques publiques doivent justement permettre de réduire ces écarts, et pas seulement afficher des enveloppes budgétaires en hausse.
Le contexte politique donne une portée particulière à cette interpellation. L’ADFM salue la nomination de la première femme à la tête du gouvernement, qu’elle considère comme une avancée historique et l’aboutissement de plusieurs décennies de mobilisation du mouvement féministe marocain. Mais la portée de cet événement ne saurait, à ses yeux, se limiter à sa dimension symbolique. Elle devra aussi se mesurer à travers les décisions politiques et financières. Le PLF 2027, premier budget après les élections législatives de septembre 2026, constitue ainsi un premier test des engagements gouvernementaux en matière d’égalité.
Emploi féminin : le fossé entre les ambitions et les objectifs du PLF 2027
C’est sans doute sur l’emploi que le décalage est le plus frappant. Le Maroc s’était fixé pour ambition de porter le taux d’activité des femmes à 30% en 2026, puis à 45% en 2035, conformément aux objectifs du Nouveau Modèle de développement. Pourtant, ce taux plafonne encore à 19,1%. Et pour 2027, l’objectif retenu dans le projet de loi de Finances n’est que de 21,1%. Autrement dit, alors que le pays devait atteindre 30% dès 2026, il vise désormais un niveau inférieur de près de neuf points pour l’année suivante. Une ambition que l’ADFM juge bien trop modeste au regard des engagements pris et du retard à rattraper. L’association rappelle que les difficultés d’accès à l’emploi touchent particulièrement les femmes rurales, celles qui vivent dans les zones montagneuses ou encore celles qui travaillent dans des secteurs marqués par la précarité. Ouvrières agricoles, travailleuses domestiques, salariées du textile, femmes exerçant dans l’informel... Autant de catégories pour lesquelles elle réclame des programmes d’insertion économique et une meilleure couverture sociale.
Le constat vaut aussi pour les dépenses de santé et d’éducation. L’ADFM reconnaît l’importance des crédits prévus, mais refuse de s’en tenir aux montants annoncés. Une enveloppe plus importante pour la santé ne garantit pas, par exemple, qu’une femme vivant dans une zone montagneuse trouvera plus facilement un médecin ou pourra accéder aux soins dont elle a besoin. Même chose pour l’éducation : encore faut-il que les investissements permettent de réduire l’abandon scolaire des filles, notamment en milieu rural.
La question des réformes législatives n’échappe pas à cette lecture. L’ADFM estime que la révision de la Moudawana et du Code pénal doit s’accompagner de moyens humains, financiers et institutionnels. Modifier les textes ne suffira pas si les femmes ne disposent pas, dans les faits, des services et des mécanismes de protection nécessaires pour faire valoir leurs droits.
Le constat vaut aussi pour les dépenses de santé et d’éducation. L’ADFM reconnaît l’importance des crédits prévus, mais refuse de s’en tenir aux montants annoncés. Une enveloppe plus importante pour la santé ne garantit pas, par exemple, qu’une femme vivant dans une zone montagneuse trouvera plus facilement un médecin ou pourra accéder aux soins dont elle a besoin. Même chose pour l’éducation : encore faut-il que les investissements permettent de réduire l’abandon scolaire des filles, notamment en milieu rural.
La question des réformes législatives n’échappe pas à cette lecture. L’ADFM estime que la révision de la Moudawana et du Code pénal doit s’accompagner de moyens humains, financiers et institutionnels. Modifier les textes ne suffira pas si les femmes ne disposent pas, dans les faits, des services et des mécanismes de protection nécessaires pour faire valoir leurs droits.
Dette publique, fiscalité : l’ADFM veut aussi mesurer les effets des choix financiers
La lecture de l’ADFM va au-delà des budgets sociaux. L’association s’intéresse aussi à la dette publique, aux avantages fiscaux et, plus largement, à la façon dont l’État mobilise et utilise ses ressources. Le PLF 2027 fait état de 45,9 milliards de dirhams d’intérêts et commissions de la dette publique. En tenant compte du remboursement du principal de la dette à moyen et long terme, le service total atteint 115,3 milliards. Des sommes qui, selon l’association, invitent à examiner les conséquences des choix d’endettement sur les marges budgétaires disponibles pour financer les services essentiels et les investissements sociaux. L’ADFM demande que les rapports financiers annuels permettent de mesurer les effets de la dette sur les politiques d’égalité, mais aussi sur les investissements destinés aux territoires les moins favorisés. Elle insiste sur la nécessité de préserver les droits et les services de base lorsque l’État engage des mesures de maîtrise des dépenses.
Même exigence du côté de la fiscalité. L’association veut savoir qui bénéficie réellement des exonérations et des avantages fiscaux accordés par l’État, et dans quelle mesure ces dispositifs favorisent l’emploi des femmes ou améliorent leurs conditions économiques. Cette interrogation concerne également les comptes spéciaux du Trésor et les établissements et entreprises publics. Ces derniers mobilisent une part importante des ressources publiques, mais l’ADFM estime que leur contribution à la réduction des inégalités doit être mieux documentée. Elle demande que leurs rapports de performance intègrent des indicateurs permettant de suivre les effets de leurs programmes sur les femmes et les filles. Pour l’association, l’égalité ne doit donc pas être une préoccupation réservée aux seuls ministères sociaux. Elle doit aussi entrer en ligne de compte dans les décisions d’investissement, les politiques fiscales et les choix de financement de l’État.
Même exigence du côté de la fiscalité. L’association veut savoir qui bénéficie réellement des exonérations et des avantages fiscaux accordés par l’État, et dans quelle mesure ces dispositifs favorisent l’emploi des femmes ou améliorent leurs conditions économiques. Cette interrogation concerne également les comptes spéciaux du Trésor et les établissements et entreprises publics. Ces derniers mobilisent une part importante des ressources publiques, mais l’ADFM estime que leur contribution à la réduction des inégalités doit être mieux documentée. Elle demande que leurs rapports de performance intègrent des indicateurs permettant de suivre les effets de leurs programmes sur les femmes et les filles. Pour l’association, l’égalité ne doit donc pas être une préoccupation réservée aux seuls ministères sociaux. Elle doit aussi entrer en ligne de compte dans les décisions d’investissement, les politiques fiscales et les choix de financement de l’État.
Emploi, entrepreneuriat, protection sociale : les mesures réclamées par l’ADFM
Après avoir dressé ce constat, l’association déroule une longue liste de mesures qu’elle souhaite voir intégrées au PLF 2027. Certaines sont assorties d’objectifs chiffrés, parfois élevés. D’autres concernent la création de nouveaux dispositifs ou la manière de suivre les résultats des politiques publiques. Sur le front de l’emploi, l’ADFM réclame qu’un tiers des crédits consacrés à l’emploi et à la formation soit réservé aux femmes. Les jeunes, les habitantes du monde rural et des régions montagneuses ainsi que les femmes en situation de handicap devraient être les premières ciblées. Elle propose aussi de fixer des objectifs annuels de progression du taux d’activité féminin, en précisant la contribution attendue de chaque département ministériel.
L’entrepreneuriat féminin fait l’objet d’une autre demande : réserver 30% des crédits du fonds de soutien à l’entreprise aux petites et moyennes entreprises portées par des femmes. L’association souhaite que cette mesure s’accompagne d’un assouplissement des garanties et des conditions d’accès aux financements. Elle réclame également 4 milliards de dirhams supplémentaires pour la généralisation de la protection sociale, avec une attention particulière aux femmes qui travaillent dans l’agriculture, le textile, les services domestiques ou le secteur informel.
Autre proposition : investir davantage dans les services de garde et de prise en charge des personnes dépendantes. L’ADFM demande la création d’une ligne budgétaire consacrée à l’économie du soin et de l’accompagnement, avec notamment 1.000 crèches et 500 établissements d’accueil pour personnes âgées. Cette revendication touche directement à l’emploi féminin. Dans de nombreux foyers, la garde des enfants et l’accompagnement des proches âgés ou dépendants reposent essentiellement sur les femmes. Faute de solutions adaptées, certaines doivent limiter leur activité professionnelle ou renoncer à travailler. Développer ces services pourrait donc contribuer à lever l’un des obstacles à leur participation au marché du travail.
L’ADFM souhaite aussi que la contribution de ces activités à l’économie nationale soit mieux connue. Elle propose la publication annuelle d’un compte permettant d’estimer le poids de l’économie du soin dans le PIB et de suivre l’évolution du partage des responsabilités familiales entre les femmes, les hommes et les pouvoirs publics.
L’entrepreneuriat féminin fait l’objet d’une autre demande : réserver 30% des crédits du fonds de soutien à l’entreprise aux petites et moyennes entreprises portées par des femmes. L’association souhaite que cette mesure s’accompagne d’un assouplissement des garanties et des conditions d’accès aux financements. Elle réclame également 4 milliards de dirhams supplémentaires pour la généralisation de la protection sociale, avec une attention particulière aux femmes qui travaillent dans l’agriculture, le textile, les services domestiques ou le secteur informel.
Autre proposition : investir davantage dans les services de garde et de prise en charge des personnes dépendantes. L’ADFM demande la création d’une ligne budgétaire consacrée à l’économie du soin et de l’accompagnement, avec notamment 1.000 crèches et 500 établissements d’accueil pour personnes âgées. Cette revendication touche directement à l’emploi féminin. Dans de nombreux foyers, la garde des enfants et l’accompagnement des proches âgés ou dépendants reposent essentiellement sur les femmes. Faute de solutions adaptées, certaines doivent limiter leur activité professionnelle ou renoncer à travailler. Développer ces services pourrait donc contribuer à lever l’un des obstacles à leur participation au marché du travail.
L’ADFM souhaite aussi que la contribution de ces activités à l’économie nationale soit mieux connue. Elle propose la publication annuelle d’un compte permettant d’estimer le poids de l’économie du soin dans le PIB et de suivre l’évolution du partage des responsabilités familiales entre les femmes, les hommes et les pouvoirs publics.
Santé, éducation, droits des femmes : des revendications chiffrées
Dans le domaine de la santé, l’association propose de porter à 80% la proportion de femmes bénéficiant des services de santé sexuelle et reproductive et de santé maternelle. Elle demande aussi une évaluation annuelle de la carte sanitaire afin de mieux identifier les écarts d’accès aux soins entre les villes, les campagnes et les zones montagneuses.
Les revendications sont tout aussi précises pour l’éducation. L’ADFM souhaite que 15% du budget du ministère de l’Éducation nationale soient consacrés à la révision des programmes, à la suppression des stéréotypes dans les manuels scolaires et à la formation des personnels éducatifs. Elle réclame également une réduction de 15% de l’abandon scolaire, particulièrement chez les filles rurales. Pour y parvenir, elle préconise de développer le transport scolaire, l’hébergement, les cantines et les services d’enseignement préscolaire. La lutte contre le mariage des mineures figure aussi parmi les priorités qu’elle souhaite voir prises en compte.
L’association revient également sur les réformes juridiques, notamment celle du Code de la famille. Elle demande des crédits pour accompagner leur mise en œuvre, à travers 74 campagnes annuelles de sensibilisation aux droits et aux nouvelles dispositions légales. La protection des femmes victimes de violences occupe une place importante dans cette série de propositions. L’ADFM réclame davantage de structures d’accueil, de services d’accompagnement psychologique et social, ainsi qu’un renforcement des mécanismes facilitant l’accès à la justice. Elle remet aussi sur la table l’activation d’un fonds dédié à la parité et la mise en place de l’Autorité pour la parité et la lutte contre toutes les formes de discrimination. Cette dernière devrait, selon elle, bénéficier d’un cadre juridique révisé lui conférant des prérogatives quasi juridictionnelles.
L’ADFM souhaite également revoir certaines règles qui encadrent l’utilisation des ressources publiques. L’une de ses propositions consiste à conditionner les avantages fiscaux accordés aux entreprises à des engagements précis en matière de recrutement féminin, d’égalité salariale et de conditions de travail. Autrement dit, les entreprises bénéficiant d’incitations fiscales devraient pouvoir démontrer leur contribution à ces objectifs.
L’association préconise un allègement de la charge fiscale des salariés à faibles revenus, ainsi qu’une évaluation des effets de la fiscalité sur les travailleuses, les femmes disposant de revenus modestes et celles qui assument seules les dépenses de leur foyer. Elle réclame enfin davantage de transparence sur les bénéficiaires des financements publics, des indicateurs permettant de mesurer les progrès réalisés en matière d’égalité et un contrôle plus rigoureux de l’exécution des crédits. Les associations féminines et de défense des droits devraient, selon elle, être associées à ce travail de suivi. Avec une telle liste de revendications, le gouvernement aura du pain sur la planche. Reste à voir lesquelles trouveront leur place dans le budget 2027, et jusqu’où il sera prêt à aller pour y répondre.
Les revendications sont tout aussi précises pour l’éducation. L’ADFM souhaite que 15% du budget du ministère de l’Éducation nationale soient consacrés à la révision des programmes, à la suppression des stéréotypes dans les manuels scolaires et à la formation des personnels éducatifs. Elle réclame également une réduction de 15% de l’abandon scolaire, particulièrement chez les filles rurales. Pour y parvenir, elle préconise de développer le transport scolaire, l’hébergement, les cantines et les services d’enseignement préscolaire. La lutte contre le mariage des mineures figure aussi parmi les priorités qu’elle souhaite voir prises en compte.
L’association revient également sur les réformes juridiques, notamment celle du Code de la famille. Elle demande des crédits pour accompagner leur mise en œuvre, à travers 74 campagnes annuelles de sensibilisation aux droits et aux nouvelles dispositions légales. La protection des femmes victimes de violences occupe une place importante dans cette série de propositions. L’ADFM réclame davantage de structures d’accueil, de services d’accompagnement psychologique et social, ainsi qu’un renforcement des mécanismes facilitant l’accès à la justice. Elle remet aussi sur la table l’activation d’un fonds dédié à la parité et la mise en place de l’Autorité pour la parité et la lutte contre toutes les formes de discrimination. Cette dernière devrait, selon elle, bénéficier d’un cadre juridique révisé lui conférant des prérogatives quasi juridictionnelles.
L’ADFM souhaite également revoir certaines règles qui encadrent l’utilisation des ressources publiques. L’une de ses propositions consiste à conditionner les avantages fiscaux accordés aux entreprises à des engagements précis en matière de recrutement féminin, d’égalité salariale et de conditions de travail. Autrement dit, les entreprises bénéficiant d’incitations fiscales devraient pouvoir démontrer leur contribution à ces objectifs.
L’association préconise un allègement de la charge fiscale des salariés à faibles revenus, ainsi qu’une évaluation des effets de la fiscalité sur les travailleuses, les femmes disposant de revenus modestes et celles qui assument seules les dépenses de leur foyer. Elle réclame enfin davantage de transparence sur les bénéficiaires des financements publics, des indicateurs permettant de mesurer les progrès réalisés en matière d’égalité et un contrôle plus rigoureux de l’exécution des crédits. Les associations féminines et de défense des droits devraient, selon elle, être associées à ce travail de suivi. Avec une telle liste de revendications, le gouvernement aura du pain sur la planche. Reste à voir lesquelles trouveront leur place dans le budget 2027, et jusqu’où il sera prêt à aller pour y répondre.
