Le compte à rebours est lancé pour le Projet de loi de Finances 2027. Dans sa traditionnelle Note d’orientation adressée aux ministres, ministres délégués, secrétaires d’État, walis et gouverneurs, le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, fixe le cadre de préparation du prochain budget, avec une échéance fixée au 31 août pour la remise des propositions budgétaires par les départements sectoriels. La Note s’inscrit dans la continuité de la Vision Royale de développement intégré, à l’occasion du 27e Anniversaire de l’Intronisation de S.M. le Roi Mohammed VI, et articule le futur Budget autour de quatre axes : la consolidation des acquis économiques, la réduction des disparités territoriales, le renforcement des piliers de l’État social et la poursuite des grandes réformes structurelles au service de l’équilibre des finances publiques.
Sur le commerce extérieur, les exportations ont atteint 260,4 milliards de dirhams à fin juin 2026 (+9,7% sur un an), tandis que les importations ont progressé plus rapidement, de 15,3%, à 458,8 milliards de dirhams, sous l’effet de la hausse des achats de biens d’équipement et de produits énergétiques. Les recettes touristiques en devises se sont élevées à 64,9 milliards de dirhams à fin juin (+15,9%), les transferts des Marocains résidant à l’étranger à 61,5 milliards de dirhams (+9,9%) et les investissements directs étrangers à 33,9 milliards de dirhams (+14,4%). Le Royaume s’est par ailleurs rapproché, pour la première fois, du seuil des 20 millions de touristes en 2025, avec 19,8 millions d’arrivées (+14% sur un an) et des recettes en devises de 138 milliards de dirhams sur l’année, en hausse de 75% par rapport à 2019.
La Note indique que le secteur industriel a enregistré des exportations pesant pour 408 milliards de dirhams en 2025, en progression de 45% par rapport à 2021, portées notamment par l’automobile et l’aéronautique, qui représentent désormais plus de 40% des exportations totales du Royaume, devançant les phosphates. Le Maroc revendique le rang de premier producteur automobile d’Afrique, avec une capacité de production approchant le million de véhicules par an. La Note rappelle en outre que le nouveau programme de commerce extérieur 2025-2027 vise l’accréditation de 400 entreprises exportatrices supplémentaires et un gain additionnel de 84 milliards de dirhams d’exportations d’ici 2027, pour plus de 76.000 emplois directs créés. Sur le plan énergétique, la part des énergies renouvelables dans le mix électrique installé atteint désormais 46,1%, dans le cadre de la stratégie de décarbonation et du développement de la filière de l’hydrogène vert.
Dans la formation professionnelle, l’Exécutif prévoit l’entrée en service de trois nouvelles Cités des métiers et des compétences dès la rentrée 2026-2027 (dont Fès et Errachidia), dans le cadre d’un programme qui doit à terme en compter neuf supplémentaires. Autre mesure sociale attendue : le maintien du soutien aux prix du gaz butane, du blé tendre et du sucre, avec une enveloppe de 13,2 milliards de dirhams inscrite au projet de Loi de Finances 2027, complétée par 3,9 milliards de dirhams destinés à la mise en œuvre des mesures restantes issues des accords du dialogue social. Sur l’accès au logement, la Note révèle que plus de 111.000 familles ont bénéficié du nouveau dispositif d’aide directe depuis son lancement en 2024, pour une enveloppe de 9,1 milliards de dirhams. De même, le programme «Villes sans bidonvilles» affiche un taux de réalisation de 76% sur les 62 villes ciblées, avec 384.818 ménages relogés ou ayant vu leurs conditions de vie améliorées.
À fin juin 2026, les recettes ordinaires nettes ont atteint 225,2 milliards de dirhams (+15,4%). En face, les dépenses ordinaires ont progressé de 14,7% à 203,9 milliards de dirhams, sous l’effet de la hausse des dépenses de personnel (la masse salariale a atteint 197,8 milliards de dirhams, +11,8%), des biens et services, ainsi que des charges de compensation. Les dépenses d’investissement ont, quant à elles, bondi de 20,2% à 59,8 milliards de dirhams. Au final, le déficit budgétaire s’est réduit à 24 milliards de dirhams à fin juin 2026, contre 30,8 milliards sur la même période de 2025.
Pour 2027, le gouvernement vise un déficit ramené à 3% du PIB et une dette publique contenue autour de 65% du PIB, avec un objectif de convergence vers 63% à l’horizon 2029.
Pour tenir cette trajectoire, la Note adresse aux ministères une série de directives de maîtrise de la dépense : plafonnement des créations de postes aux besoins effectifs, rationalisation des dépenses de fonctionnement (eau, électricité, carburant, véhicules, missions et réceptions), encadrement des subventions aux établissements publics, priorité donnée aux engagements liés aux projets sous Hautes Instructions Royales ou aux engagements internationaux, résorption des contentieux fonciers freinant les projets d’investissement et limitation stricte des achats de véhicules et de l’aménagement des locaux administratifs.
Une trajectoire économique jugée résiliente
Le document dresse un bilan macroéconomique globalement positif. La croissance nationale, qui a atteint en moyenne 4,6% sur la période 2021-2025, devrait s’établir à 5,3% en 2026, portée par le rebond de l’activité agricole après la sécheresse. La valeur ajoutée agricole, qui a progressé de 8,2% en 2025, est attendue en hausse de 15,1% en 2026. Pour 2027, la Note table sur une croissance de 4,1%, tirée principalement par la dynamique des activités non agricoles.Sur le commerce extérieur, les exportations ont atteint 260,4 milliards de dirhams à fin juin 2026 (+9,7% sur un an), tandis que les importations ont progressé plus rapidement, de 15,3%, à 458,8 milliards de dirhams, sous l’effet de la hausse des achats de biens d’équipement et de produits énergétiques. Les recettes touristiques en devises se sont élevées à 64,9 milliards de dirhams à fin juin (+15,9%), les transferts des Marocains résidant à l’étranger à 61,5 milliards de dirhams (+9,9%) et les investissements directs étrangers à 33,9 milliards de dirhams (+14,4%). Le Royaume s’est par ailleurs rapproché, pour la première fois, du seuil des 20 millions de touristes en 2025, avec 19,8 millions d’arrivées (+14% sur un an) et des recettes en devises de 138 milliards de dirhams sur l’année, en hausse de 75% par rapport à 2019.
Consolider les acquis économiques
Premier axe de la Note : la poursuite de la modernisation des infrastructures et le renforcement de l’attractivité industrielle. Le gouvernement entend accélérer le déploiement de la Charte de l’investissement, avec l’objectif de porter les investissements à un tiers du produit intérieur brut (PIB) à l’horizon 2035. Plusieurs chantiers routiers, ferroviaires et portuaires structurants sont ainsi cités, à l’instar de l’extension de la ligne à grande vitesse Kénitra-Marrakech (430 km), de la création de lignes de réseau express régional (RER) dans les régions de Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Marrakech-Safi, ainsi que de la poursuite du programme aéroportuaire «Aéroports 2030», qui vise une capacité de 80 millions de passagers à l’horizon 2030.La Note indique que le secteur industriel a enregistré des exportations pesant pour 408 milliards de dirhams en 2025, en progression de 45% par rapport à 2021, portées notamment par l’automobile et l’aéronautique, qui représentent désormais plus de 40% des exportations totales du Royaume, devançant les phosphates. Le Maroc revendique le rang de premier producteur automobile d’Afrique, avec une capacité de production approchant le million de véhicules par an. La Note rappelle en outre que le nouveau programme de commerce extérieur 2025-2027 vise l’accréditation de 400 entreprises exportatrices supplémentaires et un gain additionnel de 84 milliards de dirhams d’exportations d’ici 2027, pour plus de 76.000 emplois directs créés. Sur le plan énergétique, la part des énergies renouvelables dans le mix électrique installé atteint désormais 46,1%, dans le cadre de la stratégie de décarbonation et du développement de la filière de l’hydrogène vert.
Réduire les disparités territoriales
Le deuxième axe porte sur le déploiement d’une nouvelle génération de programmes de développement territorial intégré, dotés d’une enveloppe globale avoisinant les 210 milliards de dirhams sur 8 ans. Dans ce sens, la Note annonce une révision de la Loi organique n°111.14 relative aux régions, avec un objectif de renforcement de l’autonomie financière des collectivités territoriales : les transferts financiers de l’État aux régions devront atteindre au moins 12 milliards de dirhams par an à compter de l’exercice 2027. Ce volet intègre aussi la poursuite des programmes de reconstruction post-catastrophes naturelles. Pour le séisme d’Al Haouz, le document détaille des décaissements cumulés de 8,02 milliards de dirhams à fin juin 2026. Une enveloppe supplémentaire de 6,42 milliards de dirhams sera mobilisée pour poursuivre les opérations de reconstruction en 2027. S’agissant des inondations (2024-2026), la Note souligne qu’un programme global de 3 milliards de dirhams a été déployé, dont une aide d’urgence de 300 millions de DH au profit de 50.000 familles (15.000 DH chacune). De même, un montant de 105 millions de DH a été consacré à l’aide à la réhabilitation des logements et petits commerces dans 4 provinces sinistrées.Renforcer les piliers de l’État social
Le troisième axe reste central dans la Note : la consolidation de la généralisation de la protection sociale. Ainsi, le système d’aide directe, lancé en 2023, bénéficie désormais à plus de 4 millions de familles et 5 millions d’enfants, pour un coût mensuel de 2,2 milliards de dirhams et un montant cumulé de 64,2 milliards de dirhams depuis son lancement jusqu’à juin 2026. S’agissant de l’Assurance maladie obligatoire (AMO), à travers ses trois régimes (Tadamon, travailleurs non salariés, AMO générale), la Note révèle que le taux de couverture est passé de 42% avant le lancement des réformes à plus de 87% aujourd’hui. Par ailleurs, le décret n°2.25.631 portant sur la fixation des prix des médicaments doit générer une économie estimée à 2 milliards de dirhams par an pour le système de l’AMO, dont environ 866 millions de dirhams par an de baisse directe du reste à charge des ménages. Sur les infrastructures de santé, le document fait part de la mise à niveau de 1.400 établissements de soins, avec un objectif de 1.600 structures réhabilitées sur trois ans, en plus de la poursuite des chantiers de Centres hospitaliers universitaires (CHU) régionaux et du déploiement du dossier médical électronique partagé. Dans l’éducation, la Note souligne la généralisation de l’enseignement préscolaire et l’élargissement du programme «Écoles pionnières» à 6.562 établissements du primaire pour la rentrée 2026-2027, avec un objectif de couverture de 80% des écoles publiques d’ici 2028 et de 56% des collèges (1.363 établissements) d’ici 2029. Le tout est assorti de la poursuite de l’Initiative Royale «Un Million de Cartables», dont le volet d’appui financier direct bénéficie désormais à plus de 3,2 millions d’élèves, avec un renforcement des services d’internat, de restauration et de transport scolaires.Dans la formation professionnelle, l’Exécutif prévoit l’entrée en service de trois nouvelles Cités des métiers et des compétences dès la rentrée 2026-2027 (dont Fès et Errachidia), dans le cadre d’un programme qui doit à terme en compter neuf supplémentaires. Autre mesure sociale attendue : le maintien du soutien aux prix du gaz butane, du blé tendre et du sucre, avec une enveloppe de 13,2 milliards de dirhams inscrite au projet de Loi de Finances 2027, complétée par 3,9 milliards de dirhams destinés à la mise en œuvre des mesures restantes issues des accords du dialogue social. Sur l’accès au logement, la Note révèle que plus de 111.000 familles ont bénéficié du nouveau dispositif d’aide directe depuis son lancement en 2024, pour une enveloppe de 9,1 milliards de dirhams. De même, le programme «Villes sans bidonvilles» affiche un taux de réalisation de 76% sur les 62 villes ciblées, avec 384.818 ménages relogés ou ayant vu leurs conditions de vie améliorées.
Poursuivre les réformes structurantes et maîtriser les équilibres
Le dernier axe de la Note porte sur la consolidation des réformes institutionnelles et budgétaires. Sont notamment cités : l’accélération de la déconcentration administrative dans le cadre de la Loi n°55.19, la poursuite de la réforme de la justice (révision de la Moudawana et du Code pénal), la mise en œuvre de la Loi organique n°130.13 relative aux finances publiques, la poursuite de la restructuration des établissements et entreprises publics au titre de la Loi n°50.21, ainsi que la réforme du système statistique national à travers les Lois n°46.26 et n°47.26, qui doteront le Haut-Commissariat au Plan d’une personnalité morale et d’une autonomie renforcée. Sur le plan strictement budgétaire, le déficit s’est établi à 3,5% du PIB en 2025, contre 7,1% en 2020, porté par une progression des recettes ordinaires, passées de 424,2 milliards de dirhams en 2024 à 592,2 milliards de dirhams en 2025, soit un taux de croissance annuel moyen de 13,5% sur la période 2022-2025.À fin juin 2026, les recettes ordinaires nettes ont atteint 225,2 milliards de dirhams (+15,4%). En face, les dépenses ordinaires ont progressé de 14,7% à 203,9 milliards de dirhams, sous l’effet de la hausse des dépenses de personnel (la masse salariale a atteint 197,8 milliards de dirhams, +11,8%), des biens et services, ainsi que des charges de compensation. Les dépenses d’investissement ont, quant à elles, bondi de 20,2% à 59,8 milliards de dirhams. Au final, le déficit budgétaire s’est réduit à 24 milliards de dirhams à fin juin 2026, contre 30,8 milliards sur la même période de 2025.
Pour 2027, le gouvernement vise un déficit ramené à 3% du PIB et une dette publique contenue autour de 65% du PIB, avec un objectif de convergence vers 63% à l’horizon 2029.
Pour tenir cette trajectoire, la Note adresse aux ministères une série de directives de maîtrise de la dépense : plafonnement des créations de postes aux besoins effectifs, rationalisation des dépenses de fonctionnement (eau, électricité, carburant, véhicules, missions et réceptions), encadrement des subventions aux établissements publics, priorité donnée aux engagements liés aux projets sous Hautes Instructions Royales ou aux engagements internationaux, résorption des contentieux fonciers freinant les projets d’investissement et limitation stricte des achats de véhicules et de l’aménagement des locaux administratifs.
