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Dimanche 07 Juin 2026
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Jorf Lasfar veut valoriser son foncier stratégique : l’ANP lance une étude d’envergure

Premier port industriel du Maroc et poumon d’exportation des phosphates, Jorf Lasfar dispose d’un foncier dont le potentiel reste largement sous-exploité. Pour y remédier, l’Agence nationale des ports lancera prochainement une étude d’envergure destinée à cartographier l’intégralité du Domaine public portuaire, identifier les activités à haute valeur ajoutée susceptibles de l’investir, et poser les bases d’une stratégie de valorisation à l’horizon 2030.

Premier port industriel du Maroc, Jorf Lasfar traite plus de 36 millions de tonnes de marchandises par an.
Premier port industriel du Maroc, Jorf Lasfar traite plus de 36 millions de tonnes de marchandises par an.
Le port de Jorf Lasfar, première plateforme d’exportation d’engrais phosphatés au monde et pilier industriel de la région de Casablanca-Settat, s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa stratégie de développement. L’Agence nationale des ports (ANP) planche sur la réalisation d’une étude ambitieuse destinée à identifier et structurer les opportunités de valorisation foncière du Domaine public portuaire (DPP). Cette mission de conseil, qui sera exécutée sur une durée de six mois, s’inscrit dans un contexte de transformation profonde. Transition énergétique, montée en puissance des filières industrielles à haute valeur ajoutée, pression sur les espaces disponibles : le port ne peut plus se permettre de laisser son patrimoine foncier sous-exploité ou mal alloué.

Un diagnostic exhaustif comme socle

La première des trois missions à confier à un prestataire externe consistera en un diagnostic approfondi de l’utilisation actuelle du foncier portuaire. Cela passera d’abord par un levé topographique détaillé de l’ensemble de l’enceinte portuaire, hors zone falaise dont les données seront fournies par l’ANP. Ce relevé permettra d’établir une cartographie exhaustive distinguant les zones occupées, disponibles, sous-utilisées ou contraintes.



L’analyse ira plus loin : il s’agira d’évaluer la performance spatiale de chaque parcelle, d’identifier les conflits d’usage et dysfonctionnements logistiques, et de conduire une campagne d’entretiens avec les opérateurs, industriels, autorités locales et services de l’ANP. Un volet géotechnique, confié à un laboratoire agréé, complétera ce tableau avec des sondages et essais mécaniques sur la zone falaise – zone à fort potentiel mais techniquement contraignante.

Falaise et foncier sous-exploité : le cœur du sujet

C’est la deuxième mission qui concentrera l’essentiel des enjeux opérationnels. Le prestataire devra identifier les activités industrielles et logistiques nouvelles compatibles avec la vocation du port, définir les besoins en superficie, et surtout, élaborer une étude détaillée de la valorisation de la falaise portuaire. Cette zone, jusqu’ici largement inexploitée en raison de sa morphologie accidentée, représente un gisement foncier significatif.

L’étude devra proposer des solutions techniques pour reprofilage et terrassement, ouvrages de soutènement, drainage et stabilisation des terres, accompagnées d’études de structures en béton armé et de voiries de connexion. L’objectif : dégager des plateformes exploitables en continuité avec l’espace portuaire existant. Le consultant devra également chiffrer les investissements nécessaires et évaluer l’impact potentiel sur les recettes domaniales de l’ANP.

Trois scénarios, un plan 3D et une vision paysagère

La troisième et dernière mission est la plus prospective. Le prestataire devra formuler trois scénarios d’aménagement distincts – comparés selon des critères économiques, techniques, environnementaux et réglementaires – assortis d’un zoning fonctionnel détaillé pour chacun. Une étude paysagère et environnementale des zones arrière du port est, par la même occasion, prévue, en tenant compte des spécificités du milieu marin. Le livrable phare de cette mission reste la réalisation d’un plan 3D intégral du port de Jorf Lasfar, intégrant l’ensemble des infrastructures futures – extensions de quais, nouvelles darses – et des superstructures envisagées. Ce modèle tridimensionnel, couvrant l’intégralité de l’enceinte portuaire, constituera un outil de pilotage inédit pour la direction du port.

L’étude se conclura par la production de dossiers de consultation des entreprises (DCE) pour les travaux d’aménagement et les aménagements paysagers, ainsi que d’un dossier architectural pour les bâtiments projetés. Des estimations financières détaillées par phase opérationnelle accompagneront chaque scénario.
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