Le déficit de la balance commerciale pharmaceutique du Maroc devrait continuer de se creuser à court terme, porté par une croissance soutenue des importations. Une tendance que les réformes réglementaires et fiscales engagées par le Royaume ne suffiront pas à inverser dans
l’immédiat.
C’est ce qui ressort d’une nouvelle note publiée le 9 septembre 2026 par le cabinet d’études BMI, filiale de Fitch Solutions. Les derniers chiffres du commerce extérieur montrent que les exportations du secteur sont restées quasiment stables en 2025, atteignant 1,6 milliard de dirhams (171 millions de dollars), soit une progression de 1,2% en monnaie locale et de 8,0% en dollars sur un an. À l’inverse, les importations ont bondi de 17,4% en dirhams et de 24,9% en dollars, pour s’établir à 11,9 milliards de dirhams (1,27 milliard de dollars). Le déficit commercial du secteur est ainsi passé de 9,2 à 10,3 milliards de dirhams (soit environ 1,1 milliard de dollars). BMI anticipe une poursuite de cette tendance, avec un déficit qui pourrait atteindre 13,4 milliards de dirhams (1,4 milliard de dollars) à l’horizon 2030.
Le cabinet a, par ailleurs, revu à la hausse ses prévisions de ventes pharmaceutiques sur le marché domestique, désormais attendues à 38,6 milliards de dirhams en 2026 (+7,8% en monnaie locale), puis à 46,3 milliards de dirhams (4,89 milliards de dollars) en 2030 – soit une croissance annuelle moyenne de 5,3% sur cinq ans.
souligne que l’article 4 de ce texte permet aux laboratoires de prolonger de facto leur protection commerciale au-delà de l’expiration du brevet, en déposant une demande d’AMM peu avant son échéance, ce qui déclenche une nouvelle période d’exclusivité des données de cinq ans. Combiné à des délais d’AMM atteignant en moyenne trois ans, contre un objectif réglementaire de neuf à douze mois, ce mécanisme désavantage les fabricants marocains de génériques face à leurs concurrents indiens sur les marchés africains.
BMI estime, toutefois, que des délais d’approbation resserrés, dans le cadre de la révision annoncée du décret, pourraient à terme améliorer la compétitivité marocaine et modérer la croissance des importations. Le cabinet prévoit que le marché des génériques atteigne 20,7 milliards de dirhams (2,2 milliards de dollars) d’ici 2030, avec une croissance annuelle moyenne de 6,3% sur la période.
Elle s’accompagne d’une hausse de 30% du budget de la santé pour 2026, porté à un niveau record de 42,3 milliards de dirhams (4,5 milliards de dollars), destinée à résorber les pénuries et à soutenir les achats publics. BMI note cependant que seulement 34 produits pharmaceutiques verront leurs droits de douane augmenter, afin de protéger les fabricants locaux, ce qui limite les marges de substitution aux importations et contribue à l’élargissement du déficit commercial.
Cette croissance soutenue, associée à une baisse du chômage et à une inflation maîtrisée, devrait permettre à l’État de continuer à financer la hausse des dépenses de santé et des volumes d’importation, même si le déficit commercial pharmaceutique continue de se creuser. n
l’immédiat.
C’est ce qui ressort d’une nouvelle note publiée le 9 septembre 2026 par le cabinet d’études BMI, filiale de Fitch Solutions. Les derniers chiffres du commerce extérieur montrent que les exportations du secteur sont restées quasiment stables en 2025, atteignant 1,6 milliard de dirhams (171 millions de dollars), soit une progression de 1,2% en monnaie locale et de 8,0% en dollars sur un an. À l’inverse, les importations ont bondi de 17,4% en dirhams et de 24,9% en dollars, pour s’établir à 11,9 milliards de dirhams (1,27 milliard de dollars). Le déficit commercial du secteur est ainsi passé de 9,2 à 10,3 milliards de dirhams (soit environ 1,1 milliard de dollars). BMI anticipe une poursuite de cette tendance, avec un déficit qui pourrait atteindre 13,4 milliards de dirhams (1,4 milliard de dollars) à l’horizon 2030.
Le cabinet a, par ailleurs, revu à la hausse ses prévisions de ventes pharmaceutiques sur le marché domestique, désormais attendues à 38,6 milliards de dirhams en 2026 (+7,8% en monnaie locale), puis à 46,3 milliards de dirhams (4,89 milliards de dollars) en 2030 – soit une croissance annuelle moyenne de 5,3% sur cinq ans.
Une réforme du Code des médicaments pour stimuler les génériques
Sur le plan réglementaire, l’adoption le 22 juin 2026 par la Chambre des conseillers du Projet de Loi n°27.26, révisant le Code du médicament et de la pharmacie, constitue selon BMI un levier potentiel pour accélérer l’entrée des génériques sur le marché et réduire la dépendance aux importations. Le texte élargit les prérogatives de l’Agence marocaine des médicaments et produits de santé en matière d’autorisation, de contrôle, d’inspection et de pharmacovigilance, dans l’optique d’obtenir la reconnaissance de l’Organisation mondiale de la santé au niveau de Maturité réglementaire 3 (ML3). Cette réforme ouvre également la voie à une révision du décret de 2015 encadrant les Autorisations de mise sur le marché (AMM).souligne que l’article 4 de ce texte permet aux laboratoires de prolonger de facto leur protection commerciale au-delà de l’expiration du brevet, en déposant une demande d’AMM peu avant son échéance, ce qui déclenche une nouvelle période d’exclusivité des données de cinq ans. Combiné à des délais d’AMM atteignant en moyenne trois ans, contre un objectif réglementaire de neuf à douze mois, ce mécanisme désavantage les fabricants marocains de génériques face à leurs concurrents indiens sur les marchés africains.
BMI estime, toutefois, que des délais d’approbation resserrés, dans le cadre de la révision annoncée du décret, pourraient à terme améliorer la compétitivité marocaine et modérer la croissance des importations. Le cabinet prévoit que le marché des génériques atteigne 20,7 milliards de dirhams (2,2 milliards de dollars) d’ici 2030, avec une croissance annuelle moyenne de 6,3% sur la période.
Baisse des droits de douane et hausse du budget de la santé
Le Maroc a par ailleurs engagé des mesures fiscales destinées à améliorer l’accès aux médicaments. La Loi de Finances 2026 abaisse les droits de douane sur 112 médicaments essentiels, de 30% à 2,5%, avec des réductions partielles pour dix produits supplémentaires – une mesure qui intervient après des pénuries ayant touché plus de 600 médicaments en 2025.Elle s’accompagne d’une hausse de 30% du budget de la santé pour 2026, porté à un niveau record de 42,3 milliards de dirhams (4,5 milliards de dollars), destinée à résorber les pénuries et à soutenir les achats publics. BMI note cependant que seulement 34 produits pharmaceutiques verront leurs droits de douane augmenter, afin de protéger les fabricants locaux, ce qui limite les marges de substitution aux importations et contribue à l’élargissement du déficit commercial.
Un contexte macroéconomique porteur
Cette trajectoire tirée par les importations s’appuie sur des fondamentaux macroéconomiques solides. L’équipe Country Risk de BMI prévoit une croissance du produit intérieur brut (PIB) réel de 4,2% en 2026 puis 4,1% en 2027, nettement supérieure à la tendance de long terme, portée par l’investissement fixe et la consommation des ménages.Cette croissance soutenue, associée à une baisse du chômage et à une inflation maîtrisée, devrait permettre à l’État de continuer à financer la hausse des dépenses de santé et des volumes d’importation, même si le déficit commercial pharmaceutique continue de se creuser. n
