À l'heure où les entreprises font face à un environnement économique de plus en plus instable, les directions achats ne sont plus uniquement évaluées sur leur capacité à négocier les meilleurs prix. La résilience des chaînes d'approvisionnement, la maîtrise des risques, la transition durable et la digitalisation deviennent désormais des critères déterminants de compétitivité. C'est autour de ces enjeux que s'est tenue à Marrakech la deuxième édition des Assises de l'Excellence Achats, organisée par le Conseil National des Achats (CNA Maroc).
Il a rappelé l'ambition du CNA Maroc de faire du Royaume une référence régionale en matière de sous-traitance industrielle, d'approvisionnement et d'innovation, tout en encourageant le développement d'un écosystème local performant, le renforcement des relations avec les fournisseurs et la diversification des sources d'approvisionnement afin de réduire les situations de dépendance.
À cette occasion, le CNA Maroc a annoncé la publication prochaine d'un Livre blanc de l'excellence achats, élaboré à partir des travaux des Assises. L'association poursuivra également le déploiement de ses initiatives, notamment le label EcoBuy et une série de workshops destinés à accompagner les entreprises dans leur transformation.
Dans ce contexte, le développement de fournisseurs locaux ou de proximité apparaît comme un levier de résilience. Les entreprises cherchent à limiter leur dépendance à une source unique d'approvisionnement, tout en développant des alternatives capables d'assurer la continuité de leurs activités en cas de crise géopolitique, sanitaire ou logistique.
Les débats ont également mis en évidence la montée en puissance des directions achats dans les décisions stratégiques des entreprises. Les crises successives ont profondément modifié leur rôle. Les acheteurs ne sont plus uniquement chargés des négociations commerciales ; ils participent désormais à la cartographie des risques, à la sécurisation des chaînes d'approvisionnement, à l'identification des vulnérabilités des fournisseurs ainsi qu'à l'accompagnement de la stratégie de développement des entreprises.
Cette évolution devrait progressivement conduire les directions achats à intégrer davantage les instances de gouvernance des entreprises, à condition qu'elles démontrent leur contribution à la création de valeur au-delà des seules économies réalisées.
Les experts ont estimé que de nombreuses entreprises disposent aujourd'hui d'outils informatiques performants mais rencontrent encore des difficultés à exploiter efficacement leurs données. Une gouvernance robuste de la data devient ainsi indispensable pour améliorer les décisions d'achat, anticiper les risques fournisseurs et piloter les performances. Cette évolution favorise également l'émergence de nouveaux métiers, notamment ceux dédiés à la transformation des achats, à la gouvernance des données et au pilotage des systèmes d'information achats.
Plusieurs intervenants ont résumé cette évolution par une formule : les acheteurs utilisant l'intelligence artificielle remplaceront probablement ceux qui ne l'utilisent pas, davantage que l'IA ne remplacera les acheteurs eux-mêmes.
De nombreuses PME disposent encore d'une volonté de s'engager dans cette démarche, mais manquent souvent de moyens, d'outils ou de visibilité sur les attentes des grands donneurs d'ordre. Ils ont plaidé pour un accompagnement renforcé et des politiques publiques favorisant la montée en compétence de l'ensemble de l'écosystème.
Au-delà des techniques classiques de négociation, ils devront maîtriser l'analyse de données, la gestion des risques, les enjeux ESG, les technologies numériques et l'intelligence artificielle, tout en développant leurs capacités de communication, de collaboration et d'intelligence émotionnelle.
Les achats deviennent un levier stratégique pour les entreprises
En ouverture des travaux, le président du Conseil National des Achats, Youness Ouahman, a souligné que la fonction achats est devenue un levier de souveraineté économique, de compétitivité et de résilience dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, les perturbations des chaînes logistiques mondiales, la transition énergétique et l'essor rapide de l'intelligence artificielle.Il a rappelé l'ambition du CNA Maroc de faire du Royaume une référence régionale en matière de sous-traitance industrielle, d'approvisionnement et d'innovation, tout en encourageant le développement d'un écosystème local performant, le renforcement des relations avec les fournisseurs et la diversification des sources d'approvisionnement afin de réduire les situations de dépendance.
À cette occasion, le CNA Maroc a annoncé la publication prochaine d'un Livre blanc de l'excellence achats, élaboré à partir des travaux des Assises. L'association poursuivra également le déploiement de ses initiatives, notamment le label EcoBuy et une série de workshops destinés à accompagner les entreprises dans leur transformation.
Le coût ne suffit plus : la continuité de production devient prioritaire
Les intervenants ont souligné une évolution profonde de la fonction achats. Si la réduction des coûts reste importante, elle n'est plus le seul indicateur de performance. Selon plusieurs experts, les entreprises accordent désormais davantage de valeur à la sécurisation des approvisionnements qu'à quelques points de négociation tarifaire. Une interruption de production provoquée par une rupture de la chaîne logistique peut désormais coûter beaucoup plus cher que le surcoût lié à la diversification des fournisseurs.Dans ce contexte, le développement de fournisseurs locaux ou de proximité apparaît comme un levier de résilience. Les entreprises cherchent à limiter leur dépendance à une source unique d'approvisionnement, tout en développant des alternatives capables d'assurer la continuité de leurs activités en cas de crise géopolitique, sanitaire ou logistique.
Les débats ont également mis en évidence la montée en puissance des directions achats dans les décisions stratégiques des entreprises. Les crises successives ont profondément modifié leur rôle. Les acheteurs ne sont plus uniquement chargés des négociations commerciales ; ils participent désormais à la cartographie des risques, à la sécurisation des chaînes d'approvisionnement, à l'identification des vulnérabilités des fournisseurs ainsi qu'à l'accompagnement de la stratégie de développement des entreprises.
Cette évolution devrait progressivement conduire les directions achats à intégrer davantage les instances de gouvernance des entreprises, à condition qu'elles démontrent leur contribution à la création de valeur au-delà des seules économies réalisées.
La data devient un actif stratégique
Autre enseignement des Assises : la transformation numérique des achats repose désormais sur la qualité de la donnée.Les experts ont estimé que de nombreuses entreprises disposent aujourd'hui d'outils informatiques performants mais rencontrent encore des difficultés à exploiter efficacement leurs données. Une gouvernance robuste de la data devient ainsi indispensable pour améliorer les décisions d'achat, anticiper les risques fournisseurs et piloter les performances. Cette évolution favorise également l'émergence de nouveaux métiers, notamment ceux dédiés à la transformation des achats, à la gouvernance des données et au pilotage des systèmes d'information achats.
L'intelligence artificielle ne remplacera pas les acheteurs
L'intelligence artificielle a occupé une place centrale dans les échanges. Les professionnels estiment qu'elle automatisera progressivement les tâches administratives, la production de tableaux de bord, l'analyse de données ou encore certaines opérations répétitives. En revanche, elle ne remplacera pas les compétences humaines essentielles que sont la négociation, la gestion des crises, la construction de relations durables avec les fournisseurs ou encore la prise de décision stratégique.Plusieurs intervenants ont résumé cette évolution par une formule : les acheteurs utilisant l'intelligence artificielle remplaceront probablement ceux qui ne l'utilisent pas, davantage que l'IA ne remplacera les acheteurs eux-mêmes.
Les critères ESG deviennent incontournables
Les discussions ont également porté sur l'intégration croissante des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans les politiques achats. Pour de nombreuses entreprises, les exigences de durabilité interviennent désormais dès la sélection des fournisseurs et tout au long de leur évaluation. Les appels d'offres intègrent de plus en plus des critères liés aux émissions carbone, à la conformité réglementaire, à la responsabilité sociale ou encore à la cybersécurité.De nombreuses PME disposent encore d'une volonté de s'engager dans cette démarche, mais manquent souvent de moyens, d'outils ou de visibilité sur les attentes des grands donneurs d'ordre. Ils ont plaidé pour un accompagnement renforcé et des politiques publiques favorisant la montée en compétence de l'ensemble de l'écosystème.
De nouvelles compétences pour les acheteurs de demain
À l'horizon 2030, les professionnels estiment que les compétences attendues des acheteurs évolueront fortement.Au-delà des techniques classiques de négociation, ils devront maîtriser l'analyse de données, la gestion des risques, les enjeux ESG, les technologies numériques et l'intelligence artificielle, tout en développant leurs capacités de communication, de collaboration et d'intelligence émotionnelle.
