La Bourse de Casablanca et l’Association professionnelle des sociétés de Bourse (APSB) ont lancé la cinquième édition du cycle de conférences (du 28 mai au 14 juin), dédié aux résultats et perspectives des sociétés cotées marocaines, offrant un insight éclairant sur les opportunités du marché boursier à court et moyen terme.
La première conférence a porté sur les perspectives macroéconomiques avec un focus sur le secteur cimentier, essentiel pour les chantiers structurants en cours dans le Royaume. Selon Dounia Filali, directrice Equity & Market chez BMCE Capital, l’économie marocaine a fait preuve de résilience ces dernières années, grâce à des fondamentaux solides, en dépit des crises multiples que connaît le monde et la sécheresse persistante au Maroc. Néanmoins, l’année 2024 devra afficher une croissance modeste, suite à une forte contraction de la valeur ajoutée agricole sous l’hypothèse d’une production céréalière avoisinant 27 millions de quintaux (contre 55,1 millions une année auparavant). La croissance du PIB marocain devra osciller entre 2,1 et 3,4%, selon les différentes projections nationales et internationales. Un taux qui reste néanmoins en phase avec la moyenne des 10 dernières années.
Dans son intervention sur le sujet «Potentiel de croissance Vs Croissance réelle, à quand la transmission ?» Dounia Filali a également relevé un ralentissement des pressions inflationnistes, en raison de la politique monétaire restrictive entamée en septembre 2022 et du repli en cours de l’inflation mondiale, réduisant la pression sur la part «importée» de l’inflation. Pour consolider cette tendance, l’experte de BMCE Capital anticipe un statu quo pour le taux directeur en juin et probablement un assouplissement de la politique monétaire vers la fin de l’année.
À ce sujet, Noufal Aouragh a partagé des perspectives des principaux acteurs, notamment Lafarge Holcim et Ciments du Maroc. Malgré un contexte économique difficile, l’activité de LafargeHolcim Maroc a affiché une croissance de 2,8% en 2023, et qui devraient s’accélérer dès cette année, en lien avec l’amélioration de la conjoncture économique. MSIN prévoit, sur la période 2024-2028, un taux de croissance annuel moyen de 7,1% du chiffre d’affaires de l’entreprise. Cette évolution s’explique notamment par le programme de reconstruction sur 5 ans, des régions sinistrées par le séisme d’Al Haouz, mais aussi le développement des infrastructures routières, hôtelières, hydrauliques, énergétiques et sportives en lien avec l’organisation de la CAN 2025 et la Coupe du monde 2030 au Maroc. MSIN table aussi sur la reprise du secteur immobilier à partir de 2024 suite au lancement du nouveau Programme d’aide au logement qui s’étalera sur la période 2024-2028. S’ajoute la mise en service de la nouvelle cimenterie à Agadir-Souss d’une capacité de production de 1,6 million de tonnes par an. Cette cimenterie permettrait au groupe de poursuivre son développement dans le sud du Maroc. Et ce n’est pas tout. Les prévisions prennent en compte également le développement des exportations en Afrique. Malgré des bénéfices (RNPG) potentiellement impactés par les nouvelles mesures fiscales (hausse de l’IS et maintien de la contribution sociale de solidarité), MSIN prévoit un dividende ordinaire moyen par action de 82 dirhams sur la période 2024-2028, soit un TCAM de 8,3%. Concernant Ciments du Maroc, l’activité devrait poursuivre son amélioration durant les 5 prochaines années, avec un TCAM de 4,9% de son chiffre d’affaires, tiré par le renforcement de sa position sur le marché local et de nouveaux relais de croissance à l’export. Noufal Aouragh recommande ainsi de conserver les deux titres dans les portefeuilles d’investissement, avec des cours cibles estimés à 2.171 dirhams pour LafargeHolcim et 1.954 dirhams pour Ciments du Maroc.
La première conférence a porté sur les perspectives macroéconomiques avec un focus sur le secteur cimentier, essentiel pour les chantiers structurants en cours dans le Royaume. Selon Dounia Filali, directrice Equity & Market chez BMCE Capital, l’économie marocaine a fait preuve de résilience ces dernières années, grâce à des fondamentaux solides, en dépit des crises multiples que connaît le monde et la sécheresse persistante au Maroc. Néanmoins, l’année 2024 devra afficher une croissance modeste, suite à une forte contraction de la valeur ajoutée agricole sous l’hypothèse d’une production céréalière avoisinant 27 millions de quintaux (contre 55,1 millions une année auparavant). La croissance du PIB marocain devra osciller entre 2,1 et 3,4%, selon les différentes projections nationales et internationales. Un taux qui reste néanmoins en phase avec la moyenne des 10 dernières années.
Des évolutions favorables
En outre, on s’attend à une stabilisation du déficit public en 2024, grâce au renforcement des rentrées fiscales et au repli des dépenses de compensation. Le déficit budgétaire devrait également se stabiliser en 2024 (à 4,4% du PIB) avant de s’améliorer à 4% en 2025, malgré la généralisation de la protection sociale et le maintien d’un niveau élevé d’investissement du Trésor, selon la Banque centrale. Concernant les comptes extérieurs, les évolutions sont également favorables avec une baisse de 4% des importations à fin mars et une progression des exportations de 3% portée par la bonne tenue de l’industrie automobile et par la reprise des ventes de phosphates. En outre, Dounia Filali note que les réserves de change se maintiennent à un niveau confortable ces dernières années et devraient se consolider en 2024, grâce aux financements extérieurs prévus du Trésor.Dans son intervention sur le sujet «Potentiel de croissance Vs Croissance réelle, à quand la transmission ?» Dounia Filali a également relevé un ralentissement des pressions inflationnistes, en raison de la politique monétaire restrictive entamée en septembre 2022 et du repli en cours de l’inflation mondiale, réduisant la pression sur la part «importée» de l’inflation. Pour consolider cette tendance, l’experte de BMCE Capital anticipe un statu quo pour le taux directeur en juin et probablement un assouplissement de la politique monétaire vers la fin de l’année.
La reprise de l’inflation n’est pas à écarter
Cependant, le risque de reprise de l’inflation n’est pas à écarter, surtout avec le démarrage de la décompensation du gaz butane à partir du 20 mai 2024, ainsi que le risque d’intensification des tensions géopolitiques pouvant provoquer une nouvelle hausse des prix à l’international. La bonne nouvelle, pour l’économie marocaine, est que la croissance devra s’accélérer durant les dix prochaines années pour atteindre 6% à l’horizon 2035, soutenue par les plans sectoriels, les projets d’infrastructure et l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 et la Coupe du monde 2030. Selon Dounia Filali, les investissements dans les infrastructures sportives, touristiques, industrielles, hydrauliques, énergétiques, logistiques et les projets sociaux sont estimés entre 100 et 150 milliards de dollars à l’horizon 2030. Ce qui ouvre de belles perspectives pour les acteurs économiques, notamment du secteur cimentier, a indiqué Noufal Aouragh. Selon le responsable Analyse & Recherche à MSIN (Société de Bourse), la consommation de ciment est le principal indicateur du secteur. Elle a connu deux phases mitigées : une hausse annuelle moyenne de 7,5% entre 2004 et 2011, puis une baisse de 1,9% entre 2012 et 2023.Des perspectives prometteuses pour les ventes de ciment
Une reprise a été constatée ces derniers mois. MSIN table pour les cinq prochaines années, sur une croissance annuelle moyenne des ventes de ciment de 4,8%, pour atteindre 15,8 millions de tonnes en 2028, portée par les différents chantiers lancés et programmés par le Maroc.À ce sujet, Noufal Aouragh a partagé des perspectives des principaux acteurs, notamment Lafarge Holcim et Ciments du Maroc. Malgré un contexte économique difficile, l’activité de LafargeHolcim Maroc a affiché une croissance de 2,8% en 2023, et qui devraient s’accélérer dès cette année, en lien avec l’amélioration de la conjoncture économique. MSIN prévoit, sur la période 2024-2028, un taux de croissance annuel moyen de 7,1% du chiffre d’affaires de l’entreprise. Cette évolution s’explique notamment par le programme de reconstruction sur 5 ans, des régions sinistrées par le séisme d’Al Haouz, mais aussi le développement des infrastructures routières, hôtelières, hydrauliques, énergétiques et sportives en lien avec l’organisation de la CAN 2025 et la Coupe du monde 2030 au Maroc. MSIN table aussi sur la reprise du secteur immobilier à partir de 2024 suite au lancement du nouveau Programme d’aide au logement qui s’étalera sur la période 2024-2028. S’ajoute la mise en service de la nouvelle cimenterie à Agadir-Souss d’une capacité de production de 1,6 million de tonnes par an. Cette cimenterie permettrait au groupe de poursuivre son développement dans le sud du Maroc. Et ce n’est pas tout. Les prévisions prennent en compte également le développement des exportations en Afrique. Malgré des bénéfices (RNPG) potentiellement impactés par les nouvelles mesures fiscales (hausse de l’IS et maintien de la contribution sociale de solidarité), MSIN prévoit un dividende ordinaire moyen par action de 82 dirhams sur la période 2024-2028, soit un TCAM de 8,3%. Concernant Ciments du Maroc, l’activité devrait poursuivre son amélioration durant les 5 prochaines années, avec un TCAM de 4,9% de son chiffre d’affaires, tiré par le renforcement de sa position sur le marché local et de nouveaux relais de croissance à l’export. Noufal Aouragh recommande ainsi de conserver les deux titres dans les portefeuilles d’investissement, avec des cours cibles estimés à 2.171 dirhams pour LafargeHolcim et 1.954 dirhams pour Ciments du Maroc.
