Six ans après l’établissement de son premier Plan régional d’aménagement et de gestion aquacole (PAA), la région de Souss-Massa s’apprête à voir sa carte aquacole redessinée. L’Agence nationale pour le développement de l’aquaculture (ANDA) engagera prochainement une étude d’envergure portant sur la refonte de ce document stratégique, ainsi que sur l’élaboration d’un Projet de structures aquacoles (PSA) destiné à organiser concrètement l’implantation des fermes en mer. En ligne de mire : une bande littorale d’environ 200 kilomètres, courant des abords d’Agadir jusqu’à Tiznit, délimitée en mer par l’isobathe des 50 mètres. Le calendrier a son importance. Depuis l’entrée en vigueur de la Loi 84-21 relative à l’aquaculture marine, le cadre réglementaire du secteur a changé de physionomie. Parallèlement, plusieurs années de mise en œuvre du plan initial ont modifié l’occupation des espaces par les projets aquacoles déjà installés, tandis que de nouveaux enjeux d’aménagement sont apparus. L’ANDA en tire les conséquences : le document de planification doit être mis à jour pour rester en phase avec la réalité du terrain et la nouvelle architecture juridique du secteur.
La concertation occupe une place centrale dans le dispositif : les résultats des différentes phases de l’étude seront soumis à des réunions de restitution organisées à Agadir avec les acteurs régionaux concernés, avant une consultation élargie au niveau central lors de la publication du plan. Le processus prévoit également le passage du dossier devant la Commission régionale unifiée d’investissement, à l’occasion de deux réunions d’examen successives.
Une cartographie complète des usages du littoral
La méthode retenue s’appuiera sur un diagnostic exhaustif de la façade maritime et de la bande côtière concernées. L’étude devra recenser l’ensemble des activités socio-économiques susceptibles d’interagir avec l’aquaculture – pêche, tourisme, industrie, zones urbaines, extraction de granulats, trafic maritime, loisirs nautiques – ainsi que les infrastructures portuaires et les réseaux existants. À cette photographie socio-économique s’ajoutera un important volet environnemental : géomorphologie du littoral, hydrogéologie, qualité des eaux marines, dynamique des courants, prolifération d’algues ou encore classement sanitaire des zones conchylicoles feront l’objet d’une caractérisation fine, mois par mois. L’ensemble de ces données sera compilé sous forme de couches d’information géoréférencées, exploitées via un système d’information géographique compatible avec celui de l’ANDA. Cette approche doit permettre de distinguer, avec précision, les espaces incompatibles avec l’aquaculture – trop exposés, déjà affectés à d’autres usages ou soumis à des contraintes réglementaires – des zones réellement propices au développement de la filière, aussi bien en mer qu’à terre.Vers un projet de structures aquacoles en mer
Au-delà du seul exercice cartographique, l’étude doit déboucher sur un projet de structures aquacoles précisant, zone par zone, le nombre d’unités de production envisageables, leur superficie minimale rentable, l’espacement requis entre exploitations voisines et les espèces ou familles d’espèces adaptées à chaque site. Un important travail de modélisation – capacités de charge du milieu, dynamique hydrosédimentaire, dispersion des particules – viendra étayer ces choix, avec à la clé une analyse de faisabilité économique portant sur au moins cinq modèles de fermes types, comptes d’exploitation prévisionnels et indicateurs de rentabilité à l’appui. Le volet terrestre n’est pas en reste : les zones destinées à accueillir les bases logistiques d’appui aux fermes en mer feront l’objet d’esquisses de plans de masse et de scénarios architecturaux, illustrés en deux et trois dimensions, avec l’appui d’un architecte associé à l’équipe projet.Une évaluation environnementale intégrée dès la conception
Fidèle à l’esprit de la Loi 49-17 relative à l’évaluation environnementale, la démarche intègrera une évaluation environnementale stratégique du futur plan régional, complétée par une étude d’impact sur l’environnement dédiée au projet de structures aquacoles. Ces deux volets couvriront aussi bien les impacts écologiques que les dimensions sociales et de genre, avec l’élaboration d’un plan-cadre de gestion environnementale et sociale et d’un plan d’engagement des parties prenantes conforme aux standards internationaux.La concertation occupe une place centrale dans le dispositif : les résultats des différentes phases de l’étude seront soumis à des réunions de restitution organisées à Agadir avec les acteurs régionaux concernés, avant une consultation élargie au niveau central lors de la publication du plan. Le processus prévoit également le passage du dossier devant la Commission régionale unifiée d’investissement, à l’occasion de deux réunions d’examen successives.
