C’est un chantier discret mais structurant pour l’avenir du secteur électrique marocain qui vient de trouver son prestataire. L’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE) a retenu le cabinet Deloitte Finance pour une mission d’assistance technique dans le domaine tarifaire, à l’issue d’une consultation qui a vu quatre concurrents se positionner : Deloitte Finance, Compass Lexecon, ainsi que les groupements Paris Infrastructure Advisory-Artelys et Sia Partners Maroc-Sia Partners France. Seule l’offre de Deloitte Finance a franchi l’étape de l’examen administratif et technique, pour un montant de 3,9 millions de dirhams, strictement conforme à l’estimation initiale du régulateur.
Le contrat, signé par le président de l’ANRE, Zouhair Chorfi, s’inscrit dans une échéance précise : la prochaine révision tarifaire qui doit entrer en vigueur le 1er mars 2027. D’ici là, le régulateur entend engager une réforme d’ensemble de son système de tarification, un exercice qui touche directement à la viabilité économique du réseau électrique national et à l’attractivité du secteur pour les investisseurs.
Chacun de ces chantiers implique un arbitrage entre plusieurs régimes de régulation – Cost-Plus, Price-Cap, Revenue-Cap ou approches hybrides – et une réflexion sur la structure même des tarifs : tarification à la distance ou timbre-poste, modulation horosaisonnière, différenciation zonale ou nodale, mécanismes d’indexation sur l’inflation. Une attention particulière sera portée au traitement des investissements de renforcement du réseau, notamment dans la perspective du projet de liaison électrique à très haute tension entre le sud et le centre du Royaume, dont le caractère capitalistique intensif pose des questions méthodologiques spécifiques.
Le contrat, signé par le président de l’ANRE, Zouhair Chorfi, s’inscrit dans une échéance précise : la prochaine révision tarifaire qui doit entrer en vigueur le 1er mars 2027. D’ici là, le régulateur entend engager une réforme d’ensemble de son système de tarification, un exercice qui touche directement à la viabilité économique du réseau électrique national et à l’attractivité du secteur pour les investisseurs.
Cinq objectifs pour un cadre tarifaire remis à plat
Le régulateur du secteur électrique fixe le cap de cette réforme autour de cinq priorités. Il s’agit d’abord d’assurer la viabilité à long terme du service public de l’électricité, à travers des tarifs clairs, lisibles et prévisibles pour l’ensemble des utilisateurs des réseaux. Vient ensuite l’incitation à l’efficacité économique, via des signaux tarifaires reflétant les coûts réels. Le régulateur souhaite aussi offrir un cadre stable et crédible susceptible d’attirer les investisseurs dans les infrastructures électriques, harmoniser les approches tarifaires au sein d’un cadre méthodologique cohérent et, enfin, identifier les leviers permettant de valoriser la flexibilité du réseau et les systèmes de stockage d’énergie, avec, le cas échéant, des mécanismes incitatifs adaptés au contexte marocain.Cinq segments tarifaires au cœur de la mission
Concrètement, le cabinet-conseil devra revoir les méthodologies et les niveaux de cinq composantes du système tarifaire national : le tarif d’utilisation du réseau électrique national de transport (TURT), la rémunération des services système (TSS), le tarif d’utilisation des réseaux électriques de moyenne tension de la distribution (TURD), le tarif de l’excédent de l’énergie électrique produite dans le cadre des Lois n° 40-19 et n° 82-21 relatives aux énergies renouvelables et à l’autoproduction (TEX), ainsi que la contribution liée aux services de distribution (CSD) prévue par la Loi n°82-21.Chacun de ces chantiers implique un arbitrage entre plusieurs régimes de régulation – Cost-Plus, Price-Cap, Revenue-Cap ou approches hybrides – et une réflexion sur la structure même des tarifs : tarification à la distance ou timbre-poste, modulation horosaisonnière, différenciation zonale ou nodale, mécanismes d’indexation sur l’inflation. Une attention particulière sera portée au traitement des investissements de renforcement du réseau, notamment dans la perspective du projet de liaison électrique à très haute tension entre le sud et le centre du Royaume, dont le caractère capitalistique intensif pose des questions méthodologiques spécifiques.
