Avec une dotation hydrique annuelle d’environ 620 m³ par habitant, le Maroc figure aujourd’hui parmi les pays en situation de pénurie hydrique structurelle. L’année 2024 a marqué la septième année consécutive de sécheresse dans le Royaume, confirmant une tendance de fond à la raréfaction des ressources, tandis que la demande en eau continue de croître à un rythme moyen de 3% par an depuis 2016, sous l’effet combiné de la pression démographique, du développement économique et des besoins agricoles. Les ressources souterraines, mobilisées massivement pour compenser le déficit en eaux de surface, subissent une surexploitation alarmante : dans plusieurs nappes, les prélèvements excèdent largement la recharge naturelle, une pression qui se traduit déjà, dans les zones côtières, par des phénomènes de salinisation liés à l’intrusion marine. À cette contrainte quantitative s’ajoute une dégradation qualitative des ressources, alimentée par les pollutions agricoles, industrielles et domestiques.
Cette architecture financière se décline en deux composantes complémentaires. La première, dotée de 327 millions d’euros (94,1% du total), correspond à un appui budgétaire adossé à une matrice de politique publique : les décaissements interviennent au fur et à mesure de l’atteinte de réformes et de résultats définis conjointement avec les bailleurs. La seconde composante, représentant 20,4 millions d’euros, réunit les moyens techniques, opérationnels et organisationnels nécessaires à l’atteinte des objectifs du Programme, à travers l’appui aux études, aux outils de suivi, aux projets pilotes et au renforcement des capacités des institutions du secteur.
Concrètement, son accompagnement portera sur six volets : l’appui à la mise en œuvre des activités du Programme et à la cohérence entre ses deux composantes ; le suivi de l’exécution financière et fiduciaire, incluant la préparation des dossiers de décaissement pour les bailleurs ; le suivi organisationnel et procédural, notamment l’animation des instances de gouvernance et la gestion des risques ; l’intégration des dimensions transversales – environnement, égalité femmes-hommes, communication et gouvernance institutionnelle ; l’organisation des actions de renforcement des capacités des parties prenantes ; et enfin le suivi-évaluation du Programme, incluant la conduite d’une évaluation à mi-parcours et un exercice final de capitalisation. Un dispositif de suivi environnemental et social sera par ailleurs déployé dès le démarrage, avec une attention particulière portée à la vulnérabilité des populations face aux chocs climatiques, tandis qu’une approche dédiée à l’égalité femmes-hommes accompagnera la mise à jour de la stratégie nationale d’institutionnalisation du genre dans le secteur de l’eau, adoptée en 2018.
La coordination opérationnelle est assurée par une unité de coordination du Programme, adossée à la Direction de la recherche et de la planification de l’eau du Département de l’eau, en lien avec les agences de bassins hydrauliques et l’ensemble des partenaires techniques et financiers. Quatre groupes de travail thématiques, calqués sur les quatre axes stratégiques, animent par ailleurs le dialogue de politique publique et alimentent la capitalisation des retours d’expérience.
Le Programme prévoit aussi l’organisation régulière d’ateliers thématiques et d’un séminaire annuel associant les acteurs marocains et européens du secteur de l’eau, dans une logique de partage d’expérience et de diffusion des bonnes pratiques. Une évaluation à mi-parcours ainsi qu’un exercice de capitalisation finale doivent par ailleurs jalonner la mise en œuvre du Programme, dont le démarrage est indicativement fixé à la mi-septembre 2026.
Un dispositif informatisé de suivi et d’évaluation doit par ailleurs offrir une vision intégrée de l’ensemble du Programme, reliant les objectifs de la politique publique appuyée par la composante budgétaire aux livrables opérationnels de la composante technique, et permettant un suivi régulier des prévisions de décaissement, de l’avancement physique et financier ainsi que des risques identifiés.
Une tension climatique croissante
Le Royaume est par ailleurs confronté à une multiplication des aléas climatiques – pluies soudaines et intenses, inondations, perturbations du cycle hydrologique – dont les inondations survenues dans le Sud-Est en septembre 2024 et à Marrakech en avril 2025 constituent des illustrations récentes. Selon les projections retenues dans le cadre du Programme, le Maroc pourrait connaître, à l’horizon 2060, une hausse de la température moyenne de 2,3 °C, près de 30 jours supplémentaires de fortes chaleurs, une baisse moyenne de 17% des précipitations annuelles et jusqu’à 40% en été. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) classe le pays parmi les zones les plus exposées à une réduction marquée des précipitations et à une intensification des épisodes extrêmes.Un cofinancement structuré autour de deux composantes
Le Programme repose sur un schéma de cofinancement mobilisant trois prêts souverains – 100 millions d’euros chacun de l’Agence française de développement (AFD), de la Cassa Depositi e Prestiti (CDP) et de la Banque allemande de développement (KfW) – auxquels s’ajoutent une subvention de l’Union européenne de 46,9 millions d’euros, mise en œuvre en gestion déléguée par l’AFD, ainsi qu’une subvention complémentaire de l’AFD de 0,4 million d’euros destinée à couvrir les dépenses non éligibles au financement européen.Cette architecture financière se décline en deux composantes complémentaires. La première, dotée de 327 millions d’euros (94,1% du total), correspond à un appui budgétaire adossé à une matrice de politique publique : les décaissements interviennent au fur et à mesure de l’atteinte de réformes et de résultats définis conjointement avec les bailleurs. La seconde composante, représentant 20,4 millions d’euros, réunit les moyens techniques, opérationnels et organisationnels nécessaires à l’atteinte des objectifs du Programme, à travers l’appui aux études, aux outils de suivi, aux projets pilotes et au renforcement des capacités des institutions du secteur.
Une assistance technique aux côtés de l’Unité de coordination
Pour accompagner la mise en œuvre du Programme, une assistance technique sera mobilisée aux côtés de l’Unité de coordination du programme (UCP) et des groupes de travail thématiques. Basée à la Direction de la recherche et de la planification de l’eau du ministère de l’Équipement et de l’Eau, elle réunira une équipe pluridisciplinaire – coordination, expertises thématiques couvrant les quatre axes stratégiques, spécialistes transversaux en passation des marchés, social, suivi-évaluation, communication et gouvernance institutionnelle – appelée à intervenir sur toute la durée du Programme, soit soixante mois à compter de son démarrage, indicativement fixé à la mi-septembre 2026. Cette assistance technique contribuera à l’atteinte de quatre résultats stratégiques : l’amélioration des connaissances sur les ressources en eau et sur les impacts du changement climatique ; le renforcement de la gestion intégrée des phénomènes climatiques extrêmes, sécheresses et inondations, en tenant compte du changement climatique et du genre ; le renforcement de l’adaptation climatique par la préservation des ressources en eau et de la biodiversité ; et le renforcement de la résilience climatique par la préservation des ressources en eau souterraines.Concrètement, son accompagnement portera sur six volets : l’appui à la mise en œuvre des activités du Programme et à la cohérence entre ses deux composantes ; le suivi de l’exécution financière et fiduciaire, incluant la préparation des dossiers de décaissement pour les bailleurs ; le suivi organisationnel et procédural, notamment l’animation des instances de gouvernance et la gestion des risques ; l’intégration des dimensions transversales – environnement, égalité femmes-hommes, communication et gouvernance institutionnelle ; l’organisation des actions de renforcement des capacités des parties prenantes ; et enfin le suivi-évaluation du Programme, incluant la conduite d’une évaluation à mi-parcours et un exercice final de capitalisation. Un dispositif de suivi environnemental et social sera par ailleurs déployé dès le démarrage, avec une attention particulière portée à la vulnérabilité des populations face aux chocs climatiques, tandis qu’une approche dédiée à l’égalité femmes-hommes accompagnera la mise à jour de la stratégie nationale d’institutionnalisation du genre dans le secteur de l’eau, adoptée en 2018.
Sept objectifs spécifiques pour un cadre logique global
L’objectif général du Programme – renforcer l’adaptation au changement climatique par une meilleure connaissance des ressources, une gestion intégrée des événements extrêmes et une protection durable des eaux souterraines et de la biodiversité – se décline en sept objectifs spécifiques. Ceux-ci couvrent l’amélioration de la connaissance des ressources en eau et de l’impact du changement climatique ; la gestion intégrée des événements hydrologiques extrêmes intégrant l’égalité femmes-hommes ; le renforcement de l’adaptation climatique par la préservation des ressources et de la biodiversité ; la protection durable des eaux souterraines ; le renforcement des outils de Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), rendus plus résilients, participatifs et inclusifs ; l’intégration renforcée de l’égalité femmes-hommes et de l’inclusion sociale dans la politique de l’eau ; et enfin la consolidation durable des institutions et du cadre de gouvernance du secteur.Quatre axes pour la résilience climatique du secteur
La stratégie d’intervention s’articule autour de quatre axes prioritaires. Le premier vise le renforcement des connaissances sur les ressources en eau, à travers le suivi hydrologique, l’évaluation des prélèvements dans les nappes souterraines et le suivi de la qualité des eaux de surface et souterraines. Le deuxième porte sur la gestion intégrée des phénomènes climatiques extrêmes – sécheresses et inondations – en intégrant les solutions fondées sur la nature et une approche sensible au genre. Le troisième axe accompagne la préservation des ressources et de la biodiversité, notamment par la réduction de la pollution industrielle des eaux de surface et le développement de la réutilisation des eaux usées traitées en agriculture. Le quatrième, enfin, cible la gestion durable des nappes souterraines les plus sollicitées, via la recharge artificielle, la gestion participative des aquifères et le renforcement de la police de l’eau.Une gouvernance partagée entre finances et technique
La mise en œuvre du Programme associe étroitement le ministère de l’Équipement et de l’eau, le ministère de l’Intérieur et le ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts. L’architecture institutionnelle repose sur un comité de pilotage organisé en deux formations distinctes : une formation technique, présidée par le ministère de l’Équipement et de l’eau, chargée des orientations et du suivi des réformes, et une formation financière et décaissements, présidée par le ministère de l’Économie et des finances, qui valide les dossiers de décaissement et suit l’exécution budgétaire. Ces deux instances se réunissent chacune deux fois par an.La coordination opérationnelle est assurée par une unité de coordination du Programme, adossée à la Direction de la recherche et de la planification de l’eau du Département de l’eau, en lien avec les agences de bassins hydrauliques et l’ensemble des partenaires techniques et financiers. Quatre groupes de travail thématiques, calqués sur les quatre axes stratégiques, animent par ailleurs le dialogue de politique publique et alimentent la capitalisation des retours d’expérience.
Le Programme prévoit aussi l’organisation régulière d’ateliers thématiques et d’un séminaire annuel associant les acteurs marocains et européens du secteur de l’eau, dans une logique de partage d’expérience et de diffusion des bonnes pratiques. Une évaluation à mi-parcours ainsi qu’un exercice de capitalisation finale doivent par ailleurs jalonner la mise en œuvre du Programme, dont le démarrage est indicativement fixé à la mi-septembre 2026.
Un budget dédié aux ateliers et au renforcement des capacités
Au-delà des grandes masses financières des deux composantes, le Programme réserve une enveloppe de 1,1 million d’euros à l’organisation d’activités transversales : 100.000 euros pour les ateliers de démarrage, de mi-parcours, de clôture et les quatre ateliers thématiques annuels ; 200.000 euros pour l’organisation d’un séminaire maroco-européen par an, conçu comme un espace de dialogue stratégique et de partage d’expériences entre acteurs marocains et européens du secteur ; et 800.000 euros consacrés à la prise en charge logistique des actions de formation et de renforcement des capacités des institutions impliquées: ministère de l’Équipement et de l’eau, ministère de l’Agriculture, ministère de l’Intérieur et ministère de l’Économie et des finances notamment.Un dispositif informatisé de suivi et d’évaluation doit par ailleurs offrir une vision intégrée de l’ensemble du Programme, reliant les objectifs de la politique publique appuyée par la composante budgétaire aux livrables opérationnels de la composante technique, et permettant un suivi régulier des prévisions de décaissement, de l’avancement physique et financier ainsi que des risques identifiés.
