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Mercredi 10 Juin 2026
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Une tour de contrôle pour piloter les grands projets territoriaux en milieu rural

L’État veut passer d’une logique de projets à une logique de transformation territoriale. Pour y parvenir, le ministère de l’Agriculture engagera prochainement une mission d’assistance technique destinée à accompagner la mise en œuvre des programmes de développement rural et de montagne sur l’ensemble du territoire national. Un chantier stratégique au moment où les inégalités territoriales demeurent l’un des principaux défis du Royaume.

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Le développement de l’espace rural au Maroc devra emprunter une trajectoire d’accélération. Le département de l’Agriculture s’apprête à mobiliser une assistance technique afin de l’appuyer dans la mise en œuvre de l’ensemble des programmes et projets inscrits dans la stratégie nationale de développement de l’espace rural et des zones de montagne. Derrière cette opération de structuration, un enjeu stratégique : renforcer les capacités de pilotage, de suivi et d’évaluation de tous les programmes destinés aux territoires ruraux et montagneux du Royaume. Au fil des années, la politique de développement rural du Maroc s’est considérablement étoffée. Des programmes d’infrastructures aux projets intégrés de développement économique, en passant par les initiatives financées avec des bailleurs internationaux, l’Agriculture pilote, aujourd’hui, un portefeuille particulièrement dense. Parmi les programmes concernés figure notamment le Programme de réduction des disparités territoriales et sociales (PRDTS), doté de 50 milliards de dirhams mobilisés par l’État et les régions, ainsi que plusieurs projets de développement rural intégrés financés avec des partenaires internationaux dans l’Oriental, à Khénifra ou encore dans le Pré-Rif de Taza. S’ajoutent aussi les projets de reconstruction des zones touchées par le séisme d’Al Haouz dans leur composante agricole. Face à cette multiplication des interventions, l’enjeu n’est plus seulement de financer des projets, mais d’assurer leur cohérence, leur efficacité et leur impact réel sur les territoires.

Une usine à pilotage pour les territoires ruraux

Concrètement, l’assistance technique à mobiliser vise à mettre en place une véritable cellule d’ingénierie stratégique capable d’accompagner le ministère dans pratiquement toutes les étapes du cycle de vie des projets : conception, planification, exécution, suivi, contrôle, évaluation et capitalisation. Le dispositif repose sur cinq grands piliers. Le premier concerne l’appui à la conception et à la mise en œuvre des projets. Il s’agit notamment d’actualiser la stratégie nationale, de préparer les documents techniques et financiers des futurs programmes et de renforcer la coordination avec les différents acteurs institutionnels. Le deuxième pilier porte sur la modernisation des outils de suivi. Le département de l’Agriculture souhaite notamment accélérer la digitalisation de son pilotage à travers le développement de systèmes de suivi-évaluation, l’exploitation de Systèmes d’information géographique (SIG) et la production de cartographies dynamiques des interventions publiques. Le troisième axe introduit une dimension devenue incontournable dans les projets financés par les bailleurs internationaux: l’évaluation des impacts économiques, sociaux, environnementaux et de genre. Les projets devront désormais intégrer davantage de critères liés à la durabilité, à l’inclusion et à la résilience des territoires.

L’exigence croissante des bailleurs internationaux

L’un des aspects les plus significatifs du projet réside dans la volonté de renforcer la gouvernance et le contrôle interne des programmes. L’expertise à mobiliser devra aider l’administration à vérifier la conformité des projets avec les standards nationaux, mais aussi avec les exigences des grands bailleurs internationaux tels que le Fonds international de développement agricole (FIDA), la Banque mondiale, la Banque africaine de développement ou encore l’Union européenne. Cette évolution traduit une transformation profonde de l’action publique. Le succès d’un projet ne sera plus seulement mesuré par les montants engagés ou les infrastructures réalisées, mais aussi par la qualité du suivi, la mesure des impacts et la capacité à démontrer les résultats obtenus.

Capitaliser pour préparer la prochaine génération de projets

La dernière composante du programme vise à institutionnaliser la culture de l’évaluation. Chaque projet devra faire l’objet d’analyses d’impact, d’évaluations intermédiaires et finales ainsi que d’exercices de capitalisation permettant de diffuser les bonnes pratiques et les enseignements tirés sur le terrain. Dans cette optique, l’Agriculture prévoit la production d’atlas territoriaux, d’études de cas, de bases de données et de supports de communication destinés à alimenter les futures politiques publiques. Au-delà de sa dimension technique, ce projet illustre l’évolution du modèle marocain de développement rural. Longtemps centré sur le rattrapage des déficits d’infrastructures, celui-ci cherche désormais à construire une approche plus intégrée associant développement économique, préservation environnementale, inclusion sociale et attractivité territoriale. Dans un contexte marqué par le changement climatique, la pression sur les ressources naturelles et la nécessité de maintenir l’équilibre entre les régions, le développement de l’espace rural apparaît plus que jamais comme un enjeu de cohésion nationale. Le projet lancé par le ministère vise précisément à doter l’État des outils de gouvernance nécessaires pour transformer les investissements publics en résultats tangibles sur le terrain et faire du développement territorial un véritable levier de croissance inclusive.
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