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Samedi 20 Juin 2026
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Le parti de Biya veut l'autoriser à briguer un nouveau mandat

Le débat, latent depuis des mois, est enfin sur la place publique: depuis le 25e anniversaire de l'arrivée à la présidence camerounaise de Paul Biya, son parti tente d'imposer l'idée d'une révision constitutionnelle qui l'autoriserait à briguer un nouveau mandat en 2011.

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Depuis que des membres du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) ont lancé l'idée ce jour-là, le 6 novembre, cette éventualité n'en finit plus de faire couler de l'encre au Cameroun et d'alimenter les discussions.

Selon la formule consacrée, "cadres et militants" du RDPC réclament, dans des "appels" relayés par le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune, l'amendement de l'article 6-2 de la Constitution de 1996, qui prévoit que "le président de la République est élu pour un mandat de sept ans renouvelable une fois".

Paul Biya, chef de l'Etat depuis 1982, ayant déjà été élu à deux reprises depuis l'entrée en vigueur de cette Constitution, ses partisans suggèrent l'instauration d'un quinquennat "renouvelable".

Aucune proposition concrète n'a été déposée à l'Assemblée nationale. Mais le RDPC détient 153 des 180 sièges de députés et n'aurait aucun mal à la faire adopter.

Si cette proposition est finalement votée, le président Biya pourra se présenter à la présidentielle de 2011.

Alors que ce débat semblait jusqu'ici tabou, les différentes sections du RDPC rivalisent d'inventivité pour demander une révision.

Les militants du département du Haut-Nkam (ouest) la sollicitent, soulignant que Paul Biya est "l'homme qu'il faut à la place qu'il faut".

Dans un "appel" similaire, la section du Mbam-et-Inoubou (centre) invite "le président à se rendre disponible à nouveau, le moment venu, une fois les conditions constitutionnelles réunies, pour la poursuite et la consolidation de l'immense oeuvre de construction nationale engagée".

La presse privée prend pour sa part quelques distances avec le mouvement en cours.

"Si nous devons retenir la non-limitation des mandats, il faudrait (...) que cette solution s'accompagne d'un renforcement des garanties de la sincérité du scrutin, à travers l'amélioration de notre système électoral et la mise en fonctionnement du Conseil constitutionnel", a écrit le professeur de droit Magloire Ondoa dans le quotidien Le Messager.

Le journal Mutations publie la réaction de ressortissants de la Lékié (centre) qui se désolidarisent "de manière formelle de cette initiative prise par des personnes aux ambitions inavouées", après la publication d'un "appel" par des militants RDPC du département.

"C'est une manoeuvre politique qui prouve que le RDPC ne travaille pas dans l'intérêt des Camerounais", estime Joshua Osih, vice-président du Social Democratic Front (SDF), principal parti d'opposition. "Le débat qu'il a lancé est le résultat d'un problème interne: il n'est pas prêt à assurer sa propre succession", dit-il à l'AFP.

"Sans Biya, le RDPC sait qu'il n'est rien. Tous ceux qui auraient pu se présenter pour lui succéder ont été étouffés", poursuit-il, assurant que le SDF ne manifestera contre un éventuel amendement que si les Camerounais l'y incitent.

Paul Biya, lui, laisse le champ libre aux spéculations.

Le 30 octobre, il expliquait à la télévision France 24 que la Constitution ne lui permettait pas, "à l'heure actuelle", d'envisager une nouvelle candidature, avant d'ajouter: "Vous avez aussi des gens qui estiment que pour assurer la continuité, il faut que le président se présente. Je laisse le débat se dérouler".
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