La majorité des économistes pariait sur une réduction d'un demi-point à 2% du taux de refinancement, qui détermine les conditions du crédit dans les seize pays membres de l'euro.
La BCE l'a baissé à trois reprises entre octobre et décembre et, de 4,25%, il est tombé à 2,50%. Après avoir fait preuve d'une telle audace, les gardiens de l'euro, le président Jean-Claude Trichet en tête, avaient signalé leur intention de faire une pause en janvier, afin de voir comment ces allègements de taux se répercutaient sur l'économie réelle.
La prudence de l'institution lui vaut souvent des critiques. Son comportement s'explique à la fois par sa jeunesse, 10 ans seulement, et par la difficulté d'appliquer une politique monétaire commune dans une zone composée d'Etats politiquement souverains, obstacle que n'ont pas à surmonter ses homologues américaine ou britannique.
Mais pour les analystes, l'état de santé alarmant de l'économie et le repli rapide de l'inflation ne laisse pas à la BCE le loisir de tergiverser. "La situation se détériore jour après jour et le début de l'année ne nous a apporté que des nouvelles lamentables", souligne Aurelio Maccario, économiste chez Unicredit.
"La BCE n'a pas le temps d'attendre", insiste Alexander Krüger, de la banque Bankhaus-Lampe.
La confiance des industriels et des consommateurs en zone euro est tombée à son plus bas niveau historique en décembre, et le chômage a grimpé à son plus haut niveau depuis deux ans.
L'Allemagne, première économie d'Europe, a accumulé les coups durs: les exportations, moteur de sa croissance, ont chuté en novembre, les entrées de commandes industrielles fondent, et la production dans son sillage. Le tableau n'est guère plus reluisant en France, Italie ou Espagne. Dans ce dernier pays, la production a même plongé de plus de 15% sur un an.
"Les commandes se sont effondrées fin 2008 à une telle vitesse que la production n'a pas pu être adaptée en conséquence. Cela signifie une augmentation non voulue des stocks qui pèse sur la production en ce début d'année. La récession va donc durer", préviennent les économistes de la DekaBank dans une note de conjoncture.
Le chômage devrait dans la foulée continuer à augmenter, anéantissant en partie l'effet bénéfique des mesures d'aide aux ménages contenues dans les différents plans de relance gouvernementaux.
La baisse rapide de l'inflation, tombée à 1,6% sur un an en décembre, laisse une marge confortable à la BCE pour diminuer le coût du crédit. Les craintes de déflation -une diminution générale et durable des prix- ont en fait largement pris le dessus sur la menace d'emballement des prix, qui l'avait conduite en juillet à prendre la décision, très controversée, de remonter ses taux.
Un léger suspense demeure toutefois sur l'issue de la réunion de jeudi. Certains analystes penchent pour une baisse plus modeste, d'un quart de point, d'autres pour un statu quo, suivi début février par une très forte réduction.
Une chose semble certaine : la BCE va descendre pour la première fois de son histoire son principal taux sous les 2% dans les mois à venir, estiment les économistes. Selon leurs pronostics, il devrait se retrouver entre 1,50 et 1% à l'été.
La BCE l'a baissé à trois reprises entre octobre et décembre et, de 4,25%, il est tombé à 2,50%. Après avoir fait preuve d'une telle audace, les gardiens de l'euro, le président Jean-Claude Trichet en tête, avaient signalé leur intention de faire une pause en janvier, afin de voir comment ces allègements de taux se répercutaient sur l'économie réelle.
La prudence de l'institution lui vaut souvent des critiques. Son comportement s'explique à la fois par sa jeunesse, 10 ans seulement, et par la difficulté d'appliquer une politique monétaire commune dans une zone composée d'Etats politiquement souverains, obstacle que n'ont pas à surmonter ses homologues américaine ou britannique.
Mais pour les analystes, l'état de santé alarmant de l'économie et le repli rapide de l'inflation ne laisse pas à la BCE le loisir de tergiverser. "La situation se détériore jour après jour et le début de l'année ne nous a apporté que des nouvelles lamentables", souligne Aurelio Maccario, économiste chez Unicredit.
"La BCE n'a pas le temps d'attendre", insiste Alexander Krüger, de la banque Bankhaus-Lampe.
La confiance des industriels et des consommateurs en zone euro est tombée à son plus bas niveau historique en décembre, et le chômage a grimpé à son plus haut niveau depuis deux ans.
L'Allemagne, première économie d'Europe, a accumulé les coups durs: les exportations, moteur de sa croissance, ont chuté en novembre, les entrées de commandes industrielles fondent, et la production dans son sillage. Le tableau n'est guère plus reluisant en France, Italie ou Espagne. Dans ce dernier pays, la production a même plongé de plus de 15% sur un an.
"Les commandes se sont effondrées fin 2008 à une telle vitesse que la production n'a pas pu être adaptée en conséquence. Cela signifie une augmentation non voulue des stocks qui pèse sur la production en ce début d'année. La récession va donc durer", préviennent les économistes de la DekaBank dans une note de conjoncture.
Le chômage devrait dans la foulée continuer à augmenter, anéantissant en partie l'effet bénéfique des mesures d'aide aux ménages contenues dans les différents plans de relance gouvernementaux.
La baisse rapide de l'inflation, tombée à 1,6% sur un an en décembre, laisse une marge confortable à la BCE pour diminuer le coût du crédit. Les craintes de déflation -une diminution générale et durable des prix- ont en fait largement pris le dessus sur la menace d'emballement des prix, qui l'avait conduite en juillet à prendre la décision, très controversée, de remonter ses taux.
Un léger suspense demeure toutefois sur l'issue de la réunion de jeudi. Certains analystes penchent pour une baisse plus modeste, d'un quart de point, d'autres pour un statu quo, suivi début février par une très forte réduction.
Une chose semble certaine : la BCE va descendre pour la première fois de son histoire son principal taux sous les 2% dans les mois à venir, estiment les économistes. Selon leurs pronostics, il devrait se retrouver entre 1,50 et 1% à l'été.
