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«Ali le Chimique» condamné à mort

Ali Hassan Al-Majid, dit «Ali le Chimique», a été condamné dimanche à mort pour le massacre en 1988 de 5.000 Kurdes, une décision saluée comme une «victoire» et sous les cris de joie au Kurdistan.

«Ali le Chimique» condamné à mort
En 1988, plusieurs milliers de Kurdes sont gazés dans le village d'Halabja (Photo : www.lemonde.fr)
«La haute Cour pénale irakienne (...) condamne Ali Hassan Al-Majid à la pendaison jusqu'à la mort pour avoir perpetré délibérement des meurtres, un crime contre l'Humanité», a affirmé le juge Aboud Moustapha Al-Hamami, lors d'une séance retransmise par la télévision publique irakienne.

A l'annonce de la peine, «Ali le chimique», vêtu d'un keffieh à damier blanc et noir et d'une longe robe noire, a déclaré «al-hamdoulillah, al-hamdoulillah» (Dieu soit loué) alors que quelques applaudissements étaient entendus dans la salle.

Il a, également, été condamné pour «le déplacement forcé et la disparition de civils», a ajouté le juge.

Cousin de Saddam
«Ali le Chimique», l'homme de main redouté de son cousin Saddam Hussein, a déjà été condamné à mort à trois reprises pour la répression des rébellions kurdes et chiites.

Le tribunal a, par ailleurs, condamné à 15 ans de prison les anciens ministre de la Défense et chef des renseignements, Sultan Hachim Ahmed et Saber Abdel Aziz Hussein Al-Douri. Un autre chef militaire, Farhan Moutlak Al-Joubouri, a écopé de 10 ans de prison.

Ils ont été reconnus coupables d'un des pires massacres commis en Irak, qui a symbolisé la brutalité du régime de l'ancien président irakien, Saddam Hussein, lui même exécuté en décembre 2006.

Alors que la guerre avec l'Iran tirait à sa fin, les combattants kurdes s'étaient emparé du village d'Halabja en mars 1988. Ali Hassal Al-Majid était alors le chef d'état-major pour le nord de l'Irak et chargé par Saddam d'organiser la riposte.

L'armée irakienne avait pilonné la localité, forçant les Kurdes à se replier vers les collines alentours, laissant derrière eux les femmes et les enfants.

Le 16 mars en fin de matinée, des avions de chasse irakiens avaient survolé la zone, lâchant pendant cinq heures un mélange de gaz moutarde et des neurotoxiques Tabun, Sarin et VX.

5.000 Kurdes massacrés
Selon les bilans établis après le gazage, 5.000 personnes avaient trouvé la mort, dont un très grand nombre de femmes et d'enfants. Des centaines d'autres avaient été grièvement blessées.

A Halabja, des centaines de proches des victimes se sont rassemblés et ont accueilli le jugement avec des cris et des danses de joie.

«Je suis ravie de la peine. Tout ce que je souhaite maintenant c'est qu'il soit pendu devant moi», a affirmé à l'AFP Chounam Hassan, une femme de 45 ans, ayant perdu son mari et deux de ses enfants.

«Je demande au gouvernement qu'il pourchasse tous ceux qui ont aidé à commettre le bombardement d'Halabja», a-t-elle ajouté.

«Le gouvernement doit faire que le bombardement soit reconnu comme un génocide», a renchéri Azad Kamal, 40 ans.

«C'est une victoire pour tous les Irakiens, l'Humanité et les Kurdes car Halabja est le plus grand crime de l'époque moderne», a souligné le ministre des Martyrs et des Déplacés du gouvernement autonome du Kurdistan, Majid Hamed Amin.

«Crimes contre l'humanité»
«Il s'agit d'une condamnation historique et la preuve que justice a été faite. La politique de répression est définitivement terminée», a estimé de son côté le ministre de la Culture du gouvernement kurde, Kawa Mahmoud.

«Ali le Chimique» a occupé le poste de secrétaire général du parti Baas dans le nord (1987-1989), coordonnant à la fois l'armée, la direction de la sécurité générale et les renseignements militaires engagés dans la répression contre les Kurdes, dite campagne Anfal de 1987-1988, qui avait fait près de 180.000 morts.


Tarek Aziz dans un «état sérieux après une attaque»

L'ancien vice-Premier ministre irakien Tarek Aziz se trouve dans un «état sérieux» après avoir été victime une «attaque» et a été transféré dans un hôpital sur une base américaine en Irak, a affirmé dimanche à l'AFP son avocat, Badia Aref.

«Il a eu une attaque vendredi et a été transféré dans un hôpital sur la base américaine de Balad», au nord de Bagdad, a affirmé depuis Amman M. Aref, sans pouvoir préciser s'il s'agissait d'une attaque cardiaque ou cérébrale.

«Son état est sérieux», a-t-il ajouté.

Selon lui, les médecins «vont décider aujourd'hui s'il reste à l'hôpital ou s'il rentre à Cropper», le centre de détention américain près de Bagdad où il est détenu.

Unique chrétien du cercle étroit des puissants de la dictature de Saddam Hussein, Tarek Aziz, né en 1936, s'est rendu aux troupes américaines fin avril 2003. Sa famille a demandé à plusieurs reprises sa libération pour raisons médicales.

En mars 2009, il a été condamné une première fois par la justice, écopant de 15 ans de prison pour «crimes contre l'Humanité» dans l'affaire de l'exécution de 42 commerçants en 1992.

En août, la Haute cour pénale d'Irak l'a en outre condamné à sept ans de prison pour son rôle dans les exactions contre les Kurdes de confession chiite dans les années 1980.
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