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Aziza Bennani déplore le «peu de sites classés»

Les sites nationaux classés au patrimoine mondial de l'Unesco sont «très peu» en comparaison avec la richesse et la diversité que recèle le Maroc dans divers domaines, a déploré, vendredi à Agadir, l'ambassadrice du Maroc auprès de cette organisation à Paris, Aziza Bennani.

Aziza Bennani déplore le «peu de sites classés»
Aziza Bennani, ambassadrice, déléguée permanente du Maroc auprès de l'Unesco. (Photo : www.moussemdetantan.org)

«Il est impératif d'intensifier les efforts pour élaborer des listes d'inscription des sites au patrimoine mondial, particulièrement si l'on tienne compte de la présence influente du Maroc dans les programmes et les structures de l'Unesco», a souligné Aziza Bennani, première femme arabe, musulmane, africaine et méditerranéenne élue à la présidence du Conseil exécutif de l'organisation.

Intervenant lors du cours inaugural 2012/2013 de la Faculté des lettres et des sciences humaines d'Agadir, qu'elle a donné au siège de la Chambre de commerce, d'industrie et de services sous le titre «Le Maroc et l'Unesco : Réalité et perspectives», la conférencière a exhorté les académiciens et les établissements universitaires marocains à intensifier davantage leur présence à l'international pour augmenter le nombre des Chaires de l'Unesco.

Dans une déclaration à la MAP, elle a relevé que «le Maroc est très présent à l'Unesco avec beaucoup d'activités et contribue aux programmes de l'organisation avec laquelle il a une coopération très développée», soutenant que «la question du classement des sites est notre problème. Il faudrait qu'on présente des dossiers».

 «C'est pour cette raison que j'ai profité de l'occasion de ce cours inaugural pour sensibiliser la région, puisque je suis à Agadir, et dire qu'il faut travailler sur les sites, parce que c'est à nous de présenter des dossiers», a-t-elle expliqué, ajoutant que cette mission est un travail collectif qui concerne le ministère de la Culture, la région et l'ensemble des intervenants.

Sur le nombre réduit des sites classés, elle a estimé qu'«il faut tirer la sonnette d'alarme et leur dire attention! Nous avons un patrimoine très vaste et très varié», car «personne ne fera ce travail à notre place et il faudrait répertorier et établir avec le ministère de la Culture une sorte de banque de données et, après, travailler pour construire des dossiers, surtout que nous avons des compétences pour le faire».

S'agissant de la région d'Agadir, l'ambassadrice a fait observer que cet espace «a de grandes potentialités et c'est pour ça que j'ai essayé de sensibiliser l'université, qui doit être un catalyseur, et les représentants du ministère de la Culture», estimant que le classement d'un site le met sous «une responsabilité internationale», particulièrement dans une zone à vocation touristique.

«Maintenant, il est prouvé que la culture est un levier essentiel de développement qu'il faut utiliser, surtout que dans le sillage de la régionalisation, chaque région est appelée à se mobiliser pour sauvegarder son patrimoine», a-t-elle signalé, mettant l'accent sur le rôle qui incombe dans ce domaine aux médias, à côté d'autres intervenants.

La liste des sites marocains classés au patrimoine mondial de l'Unesco compte l'ancienne médina de Fès (1981), la médina de Marrakech (1985), Ksar Aït Benhaddou (1987), la cité historique de Meknès (1996), le site archéologique de Volubilis (1997), l'ancienne Médina de Tétouan (1997), la Médina d'Essaouira (2001), la cité portugaise Mazagan (2004) et Rabat comme patrimoine universel (2012), outre deux formes de patrimoine immatériel, en l'occurrence l'espace culturel Jamâa Lafna (2001) et le moussem culturel de Tan-Tan (2005).

Le Maroc a, également, inscrit sur la même liste trois réserves de biosphère, à savoir les oasis du Sud, l'Arganeraie et la Réserve intercontinentale de la Méditerranée entre l'Espagne et le Maroc.

Aziza Bennani a rappelé que le Maroc est parmi les pays les plus dynamiques dans l'ensemble des programmes de l'Unesco orientés vers le vivre-ensemble entre les cultures et les civilisations et des stratégies onusiennes qui font valoir le dialogue culturel comme levier d'entente et de paix, comme en témoigne la présidence du Royaume de nombre de commissions spécialisées depuis les années 60.

Parmi les plus importantes initiatives adoptées par l'Unesco sur proposition du Maroc, il importe de citer la Journée mondiale de la poésie (1999) et la Journée mondiale de la philosophie (2005), outre le fait que le Royaume eut été le premier à proposer le concept du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. 

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