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Assurances : Réforme législative, apurement des créances sur les intermédiaires... les chantiers du régulateur du marché

Le secteur de l’assurance doit accéder à un nouveau palier de développement, après la rude épreuve de la pandémie liée à la Covid-19. Et ce en se mettant à niveau par rapport aux exigences des clients, notamment en se dotant des mécanismes capables d’assurer son inéluctable transition vers le digital. Des chantiers sont annoncés par le régulateur, en collaboration avec la profession, pour favoriser cette nécessaire mutation, notamment la réforme «profonde» du Code des assurances et l’apurement des créances dues sur les intermédiaires.

Assurances : Réforme législative, apurement des créances sur les intermédiaires... les chantiers du régulateur du marché
La séance d’ouverture hier à Casablanca de la 5e édition de la rencontre annuelle de la Fédération nationale des agents et courtiers d’assurance du Maroc. Ph. : H. Sradni

Le secteur de l’assurance a été mis à rude épreuve durant cette pandémie et la sortie de crise reste encore incertaine. Toutefois, le secteur est parvenu à préserver son activité. Les primes émises en Non-Vie ont enregistré en 2020 une croissance de 1,9% et à fin septembre de cette année une évolution de 7,3%. «Aujourd’hui, nul ne peut contester que la pandémie a levé le voile sur la fragilité de certains modèles et a contraint les individus et les organisations à se réinventer. Les clients sont devenus plus exigeants, ils sont plus connectés. Pour pouvoir les toucher, nous n’aurons d’autres choix que d’élargir nos canaux de distribution. Que ce soit via le digital ou via d’autres canaux physiques, tels que les opérateurs télécoms, les organismes de paiements ou encore les agences bancaires», souligne Mohamed Hassan Bensalah, président de la Fédération marocaine des sociétés d’assurances et de réassurance (FMSAR), lors de la séance d’ouverture de la 5e édition de la rencontre annuelle de la Fédération nationale des agents et courtiers d’assurance du Maroc (FNCAM).

Hier à Casablanca, la FNCAM a rassemblé pratiquement tout le gotha du secteur afin de discuter autour du thème retenu pour cette nouvelle édition : «Un nouvel élan pour l’intermédiation après la crise». Objectif majeur : redorer le blason du secteur des assurances au Maroc et le doter de mécanismes capables d’assurer son inéluctable transition vers le digital et les enjeux qui attendent la profession. Des intervenants aussi bien nationaux qu’internationaux ont partagé leurs expériences et des pistes de réflexion constructives et pertinentes sur les défis auxquels fait face le secteur. «L’amendement du livre IV du code des assurances relatif à la présentation des opérations d’assurance se trouve, également, parmi les grands chantiers auxquels l’Autorité devra s’atteler dans un futur proche. Cette révision permettra de mettre en place un cadre réglementaire plus adapté à l’évolution de la distribution des produits d’assurances, de l’avènement des nouvelles technologies, mais également pour corriger un certain nombre d’insuffisances qui sont apparues, au fil des ans, avec la mise en œuvre effective du code des assurances», explique Farid Bensaïd, président de la FNCAM.

Le multicanal plus convoité que jamais
Le regard désormais tourné vers l’avenir, les agents et courtiers d’assurances du Maroc veulent œuvrer pour améliorer le taux de pénétration, notamment via l’assurance inclusive. «Une stratégie multicanal n’est pas une menace pour les agents et courtiers, mais vient en soutien pour drainer une clientèle nouvelle, notamment parmi les plus vulnérables, sur des produits peu ou pas commercialisés. C’est un sujet qu’il faut aborder avec autant de lucidité que de bons sens. Il ne s’agit pas d’un choix, mais d’une transformation profonde de notre société, de laquelle notre secteur ne peut rester en marge».

Des enjeux majeurs
Nombreux. Les enjeux du secteur nécessitent une mobilisation de tout l’écosystème. Car il s’agit d’abord de remédier aux problèmes liés au recouvrement et au reversement des primes. «Le système actuel mérite d’être revisité afin d’obtenir une remontée d’informations sur l’encaissement en temps réel et un reversement dans des délais très courts. Nous gagnerons à mettre en place un dispositif visant à sécuriser l’intermédiaire, fiabiliser l’information et à remonter le cash plus rapidement», développe le président de la FMSAR. Le 2e enjeu est lié à la pression concurrentielle qui tire les prix vers le bas. «La provision pour risques tarifaires, qui tarde malheureusement à sortir, permettra de moraliser la tarification et la course aux primes. Le choix des assurés doit être basé, avant tout, sur des aspects liés à la qualité des prestations et au conseil», ajoute Bensalah. Le troisième enjeu, auquel la profession fait face et qui n’est pas des moindres, concerne la généralisation de l’assurance maladie, véritable virage pour le secteur. «Les ventes à distance des produits d’assurance ne bousculent pas les pratiques en termes de vente, la digitalisation a vraiment toute sa place, à condition de ne pas rester sur des produits simples comme l’assurance Auto», explique Yassine Nabil, expert en digital.

Deux chantiers pour l’ACAPS
L’urgence est de taille pour l’ACAPS et il semble que c’est bien parti pour pallier les dysfonctionnements. «La relation entre les intermédiaires d’assurances et les entreprises d’assurances est bien souvent altérée par la problématique des créances sur les intermédiaires (...). Cette problématique, qui persiste depuis des années, est très consommatrice de temps et d’effort des deux côtés, entravant ainsi le développement harmonieux de leurs activités», a souligné Othman Khalil El Alamy, président par intérim de l’ACAPS. Pour y apporter des solutions, l’organisme prévoit de mener deux chantiers en collaboration avec les parties prenantes. Le premier porte sur l’apurement des créances dues sur les intermédiaires. Le second vise à trouver des solutions permettant d’éviter cette problématique de créance, ou du moins en réduire l’ampleur. L’ACAPS compte par ailleurs lancer dans un «futur proche» l’amendement du livre IV du code des assurances relatif à la présentation des opérations d’assurance ainsi que la réforme «profonde» de ce code. 

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