Économie

Zone de libre-échange continentale africaine

Commerce intra-africain : un potentiel d’exportations additionnelles de 9,2 milliards de dollars à l'horizon 2025

Saïd Naoumi Saïd Naoumi,

Commerce intra-africain : un potentiel d’exportations additionnelles de 9,2 milliards de dollars à l'horizon 2025

La mise en œuvre de la zone de libre-échange africaine recèle un potentiel en or pour le développement du commerce à l’intérieur du continent. Selon une analyse de la Cnuced, la libéralisation tarifaire partielle prévue d’ici à 2025 dans le cadre de cette zone permettra de libérer un potentiel d’exportation estimé à 9,3 milliards de dollars. En élargissant l’accès aux marchés, la Zlecaf peut permettre de surmonter l’un des principaux obstacles à l’essor des échanges en Afrique, à savoir la faible complémentarité du commerce régional.

Le potentiel d’exportation au sein de l’Afrique devrait augmenter de 9,2 milliards de dollars grâce à la libéralisation tarifaire partielle prévue d’ici à 2025 dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Le pronostic est de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) consenti dans un rapport sur la contribution potentielle de la zone de libre-échange continentale africaine à la croissance inclusive. En élargissant l’accès aux marchés, la Zlecaf peut permettre de surmonter l’un des principaux obstacles à l’essor des échanges à l’intérieur du continent, à savoir la faible complémentarité du commerce régional. Pour les experts de l’organisme onusien, l’approfondissement de l’intégration régionale offre de «meilleures» perspectives d’évolution sur l’échelle technologique que les exportations hors du continent. Leurs explications : les exportations intra-africaines sont plus avancées sur ce plan, à en juger par la part plus importante qu’y occupent les articles manufacturés de moyenne et de haute technologie.

 

De même, les produits transformés occupent une part plus importante du commerce intra-africain (41%) que les exportations vers le reste du monde (17%), et les produits échangés à l’intérieur du continent sont bien plus diversifiés que ceux exportés en dehors de l’Afrique. Même si le développement du commerce intrarégional présente des avantages du point de vue de la diversification des exportations, le niveau de complémentarité intrarégionale sur le continent demeure inférieur à celui des Amériques, de l’Asie et de l’Europe. Résultat : le potentiel du processus d’intégration africain reste limité. Pour les analystes de la Cnuced, l’une des raisons pour lesquelles le volume des échanges intra-africains n’est pas plus élevé est que la gamme des produits exportés et celle des produits importés sont moins en adéquation en Afrique qu’elles ne le sont sur d’autres continents.

Cette faible complémentarité du commerce intra-africain tient à la gamme réduite de produits exportés, à la diversification limitée, aux obstacles réglementaires et structurels au commerce et au chevauchement des stratégies commerciales. L’augmentation de la demande sous l’effet de la croissance du PIB et de la population entraîne une forte demande d’importations et incite les pays d’Afrique à diversifier davantage leur économie.

L’automobile et le sucre, des secteurs prometteurs

En comparant le potentiel d’exportation aux échanges réels, les analystes de la Cnuced constatent que le potentiel d’exportation total inexploité du commerce intra-africain est d’environ 21,9 milliards de dollars. Soit l’équivalent de 43% des exportations intra-africaines (moyenne annuelle entre 2015 et 2019), pour les biens visés par l’analyse du potentiel d’exportation. Ce potentiel inexploité est, pour plus d’un tiers, statique, car lié à des tensions. En d’autres termes, développe le rapport, 8,6 milliards de dollars d’échanges pourraient être réalisés si l’on s’efforçait de repérer les tensions auxquelles les marchés sont actuellement en proie dans le commerce africain et d’y remédier. Quant aux 13,3 milliards de dollars restants, ils sont liés à la croissance du PIB et de la population, qui devrait se traduire par une augmentation de l’offre et de la demande. Dans le détail, la Cnuced indique que le plus vaste potentiel inexploité est attendu dans les secteurs des véhicules terrestres (1,4 milliard de dollars) et du sucre (1,3 milliard de dollars). Il existe aussi un vaste potentiel inexploité dans les secteurs des produits alimentaires, notamment les poissons et crustacés, les préparations alimentaires diverses, les préparations à base de céréales, de farines, d’amidons, de fécules ou de lait, les boissons ou encore les liquides alcooliques et vinaigres.

Le potentiel d’exportation de l’industrie alimentaire est réparti assez équitablement entre les pays d’Afrique, de nombreux pays ayant au moins quelques capacités d’approvisionnement de base. En revanche, l’essentiel du potentiel d’exportation dans le secteur des véhicules se limite à quelques exportateurs. C’est aussi le secteur qui présente, après les poissons et crustacés, le plus grand potentiel d’exportation dynamique, en grande partie du fait de la croissance prévue du PIB et de la population au cours des cinq prochaines années, laquelle entraînera une hausse de la demande d’importations continentales. Le potentiel d’exportation inexploité varie considérablement d’un pays à l’autre sur le continent. Le plus vaste potentiel inexploité, en proportion du potentiel d’exportation réalisé, serait celui de Cabo Verde (86%), de la Guinée équatoriale (86%) et de la Gambie (84%). En valeur absolue, l’Afrique du Sud affiche le plus grand potentiel d’exportation inexploité (7,9 milliards de dollars), suivie de l’Égypte, du Maroc et de la Côte d’Ivoire.

L’information, la clé pour une meilleure pénétration des marchés

Pour favoriser la diversification économique et explorer de nouvelles possibilités d’exportation, la Cnuced estime qu’il est essentiel de faciliter l’entrée sur les marchés. Cela suppose de faire mieux connaître les règles du commerce et de rendre accessibles les informations sur les marchés, par exemple à travers l’Observatoire africain du commerce. Selon une enquête réalisée par le Brookings Institute auprès de 1.804 micro-entreprises et petites et moyennes entreprises du Nigeria, seulement 36% des entreprises du secteur manufacturier et seulement 3% de celles opérant en agriculture ont connaissance de la Zlecaf. En ce qui concerne la croissance inclusive, il est intéressant de constater qu’une réduction des coûts commerciaux et des coûts de transaction entraîne pour toutes les entreprises une baisse des coûts. Ce qui permet à un plus grand nombre d’entre elles d’avoir une productivité suffisante pour entrer sur le marché intérieur et des marchés d’exportation et s’y maintenir. Un exercice de corrélation simple, réalisé à partir des données sur le nombre d’entreprises arrivantes et d’entreprises survivantes dans le cadre du commerce bilatéral de produits relevant de sous-positions pour la période 1998-2013, met en évidence une association négative entre les coûts commerciaux et l’entrée sur les marchés. Ce qui confirme, selon la Cnuced, les hypothèses selon lesquelles une réduction des coûts commerciaux facilite l’entrée sur les marchés.

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Développement des infrastructures : 130 milliards de dollars à investir chaque année

La Zlecaf devrait être un catalyseur de projets d’infrastructures. Selon le document de la Cnuced, jusqu’à présent, les routes à revêtement en dur se sont principalement développées de l’intérieur des terres vers le littoral à des fins d’exportation de ressources naturelles, pour des raisons coloniales et politiques. L’organisme onusien estime que les pays africains doivent réorienter le réseau routier et établir plus de liaisons à l’intérieur des terres. Selon les estimations de la Banque africaine de développement (BAD), cela nécessiterait d’investir entre 130 et 170 milliards de dollars par an dans les infrastructures. Dans l’attente de ces investissements, les analystes de la Cnuced soulignent qu’il est possible de faciliter le commerce par l’établissement de zones économiques spéciales transfrontalières, à l’instar de celle de Sikasso-Korhogo-Bobo Dioulasso, entre le Mali, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, première du genre en Afrique de l’Ouest.

 

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