Nation

Premier anniversaire de la reconnaissance US de la souveraineté du Maroc sur son Sahara

Un événement historique et un tournant majeur dans le partenariat stratégique Maroc-États-Unis

Hicham Oukerzaz Hicham Oukerzaz,

L’ambassadeur américain au Maroc présentant la carte complète du Maroc officiellement adoptée par le gouvernement US.

L’ambassadeur américain au Maroc présentant la carte complète du Maroc officiellement adoptée par le gouvernement US.

Les États-Unis ont reconnu, il y a un an, la pleine souveraineté du Maroc sur son Sahara. Une reconnaissance intervenue sous l’administration Trump qui avait officiellement informé le Conseil de sécurité de l’ONU et le Secrétaire général de cette organisation du contenu de la Proclamation émise par le Président américain. Une Proclamation où il est précisé également que la proposition marocaine d’autonomie est la «seule base pour une solution juste et durable au différend sur le territoire du Sahara occidental». Cette décision sera confirmée sous l’administration Biden. Le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, avait déclaré, en juillet dernier, que la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara «restera la position de l’administration du Président Joe Biden». De même, le secrétaire d’État adjoint Joey Hood avait confirmé, lors de son déplacement à Rabat le 28 juillet 2021, que la position américaine sur le Sahara n’avait pas changé, ajoutant que «la seule chose qui a vraiment changé est l’intensité de notre engagement à aider le processus de l’ONU à aboutir».

Dans son discours adressé à la Nation, le 6 novembre dernier, à l’occasion du 46e anniversaire de la Marche verte, S.M. le Roi Mohammed VI avait indiqué que «la décision souveraine des États-Unis d’Amérique de reconnaître la souveraineté pleine et entière du Maroc sur son Sahara constitue un sujet de fierté pour Nous». Le Souverain avait également affirmé que «cette orientation affermit le caractère irréversible du processus politique en marche : il est voué à mettre en place une solution définitive fondée sur l’initiative d’autonomie, sous souveraineté marocaine». Le dossier du Sahara marocain est à présent scellé. Toute autre option en dehors d’un règlement politique dans le cadre de la souveraineté marocaine n’a plus droit de cité. L’effort soutenu de la diplomatie marocaine sous la conduite de S.M. le Roi a porté ses fruits et le géant américain a non seulement reconnu la marocanité du Sahara, mais y voit aussi une plateforme pour ses opérations économiques et commerciales avec l’Afrique.

En janvier dernier, la société américaine du financement du développement international (DFC) s’est dotée d’une antenne dans la ville de Dakhla, qui servira de point de départ à toutes ses opérations sur le continent africain. Trois milliards de dollars ont ainsi été débloqués par cette société pour l’appui financier et technique à des projets d’investissements privés au Maroc et en Afrique subsaharienne. Il a également été annoncé la mise à disposition de plus de 900 millions de dollars pour la promotion de l’entrepreneuriat féminin dans la région. Le département d’État américain, qui affiche désormais des cartes officielles complètes du Maroc, déploie également une mission diplomatique virtuelle au Sahara pour renforcer les échanges bilatéraux entre les deux pays. Ainsi, l’administration américaine sous Biden se trouve sur la même lignée et n’a aucunement remis en question la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur son Sahara.
Ce constat va se confirmer encore une fois avec l’adoption, le 29 octobre dernier, par le Conseil de sécurité, de la résolution 2602, qui est à bien des égards une résolution particulièrement adaptée à la vision marocaine en venant consacrer la pertinence et la centralité du plan marocain d’autonomie. Cette résolution a infligé un coup de massue aux ennemis de l’intégrité territoriale, surtout si l’on sait que le rédacteur de son texte n’est autre que les États-Unis d’Amérique.

Il est évident donc qu’aux États-Unis, tant chez les Républicains que chez les Démocrates, les milieux politiques sont convaincus que la question du Sahara ne peut être résolue en dehors de la souveraineté marocaine. Ils sont également bien conscients des liens qu’entretiennent le régime algérien et ses marionnettes du polisario avec les régimes qui se nourrissent du terrorisme et des organisations terroristes. Pour eux, la perspective d’un État fantoche dans cette région si stratégique ne peut être envisageable. D’ailleurs, d’autres alliés majeurs des États-Unis du monde anglo-saxon pourraient les rejoindre très prochainement et reconnaître la souveraineté du Maroc sur son Sahara, de la manière la plus solennelle qui soit.

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Mustapha Sehimi : «La reconnaissance US confère au Maroc des atouts stratégiques dans la conduite de sa diplomatie»

La décision des États-Unis de reconnaître la pleine souveraineté du Maroc sur son Sahara doit conduire certaines chancelleries à réexaminer leurs positions sur cette question. Il y a d’abord l’Union européenne qui ne peut ignorer cette reconnaissance, en particulier Paris et Madrid, qui connaissent parfaitement les tenants et les aboutissants de ce conflit artificiel. Ce sont là les propos du politologue Mustapha Sehimi. Analysant l’impact de la reconnaissance américaine, un an plus tard, M. Sehimi a souligné qu’«au niveau de l’Union africaine, le Maroc espère bien que certains pays qui sont encore dans des positions de rigidité et de dogmatisme réévaluent leurs positions relatives à la cause nationale». «Je pense notamment au Nigeria, à l’Afrique du Sud et à l’Angola», a-t-il précisé.  

Décision largement soutenue au niveau international
La reconnaissance par l’administration américaine de la marocanité de nos provinces sahariennes est une avancée historique et un acte diplomatique important, affirme M. Sehimi. «Il est intéressant de mesurer l’impact de cette reconnaissance un an après. Tout d’abord, cet acte a fait l’objet d’une adhésion de la part de la communauté internationale dans la mesure où les États-Unis sont le principal acteur de la scène internationale, et la première puissance économique et militaire du monde», indique-t-il. Il y a eu également un certain nombre de réactions dans d’autres pays, mais tout en insistant qu’«il s’agit avant tout d’une décision souveraine qui n’est pas soumise à l’assentiment des uns et des autres et d’un acte de souveraineté d’une administration américaine qui était en fonction».
M. Sehimi évoque également la position du Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui a fait savoir que «la solution à cette question (du Sahara) peut toujours être trouvée sur la base des résolutions du Conseil de sécurité». «C’est exactement la position de Washington, mais c’est aussi la position du Maroc», fait remarquer M. Sehimi, précisant que le Maroc n’a d’autres objectifs que de trouver une solution à ce conflit artificiel sur la base des résolutions du CS. 

Le politologue fait également une référence particulière aux réaction de l’Allemagne et de l’Espagne. «Dès le lendemain de cette reconnaissance américaine, l’Allemagne avait saisi le CS pour une réunion d’urgence. Ce qui a surpris tout le monde. En fait, qu’est-ce qu’il y avait d’urgent pour que la haute instance onusienne soit convoquée à cette occasion ?» se demande M. Sehimi. «Il y a là quelque chose d’incompréhensible qui témoigne de l’expression d’un acte d’hostilité de Berlin à l’endroit de Rabat et cette hostilité, on le sait, elle est nourrie par d’autres facteurs économiques, notamment ceux ayant trait aux minerais rares dans le Mont Tropic entre le Maroc et les îles Canaries», souligne professeur Sehimi, indiquant qu’«il y a eu un accord tacite entre Berlin et Madrid pour contester le bien-fondé de la décision américaine».
Dans cette même ligne, poursuit le politologue, «Madrid a réagi de manière extrêmement brutale et peu diplomatique. Par la voix de son ancienne ministre des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez Laya, Madrid a réagi très sévèrement en critiquant cette reconnaissance américaine. Et là encore, c’est un motif d’étonnement pour le Maroc, d’autant qu’avec l’Espagne et l’Allemagne, nous avions des contentieux en instance qui avaient conduit à des tensions et à des crises».

Un acte diplomatique majeur qui conforte la position du Maroc
Toujours selon M. Sehimi, cette reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté entière du Maroc sur ses provinces du Sud conduit désormais à appréhender la question du Sahara marocain sous l’angle bien évidemment des résolutions du CS (lesquelles font référence en continu à la nécessité d’un compromis politique négocié et mutuellement acceptable), mais en privilégiant la position marocaine qui est considérée comme prioritaire, étant donné qu’elle est «sérieuse, crédible et réaliste».
«Le dossier du Sahara marocain doit être désormais appréhendé comme il se doit», affirme le politologue. «C’est un dossier impliquant l’Algérie et celle-ci est désormais appelée à assumer ses responsabilités pour participer à la recherche d’un processus de règlement. Ce processus existe et il a un format : c’est le format des tables rondes», indique-t-il. Et d’insister que «l’Algérie n’est plus censée refuser de s’impliquer dans ce format de négociations. Et d’ailleurs, la résolution 2602 a appuyé de nouveau ce format en lançant un appel pressant à l’Algérie pour qu’elle s’implique davantage dans ce processus-là». S’il y a bien maintenant une conclusion à tirer, souligne M. Sehimi, c’est que le dossier du Sahara marocain se pose aujourd’hui en des termes nouveaux, du fait de cette reconnaissance américaine. Cette reconnaissance donne des dividendes diplomatiques stratégiques au Maroc dans la conduite de sa diplomatie. 

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Questions à Zakaria Abouddahab, professeur de relations internationales à l’Université Mohammed V de Rabat

«La nouvelle Administration US a conclu que la consolidation de cette reconnaissance sera source de bénéfices stratégiques»

Quel a été l’impact de la reconnaissance US de la marocanité du Sahara sur le processus des négociations ?
La reconnaissance étasunienne de la pleine souveraineté du Maroc sur son Sahara est l’aboutissement d’un long processus de maturation. Aucune raison donc de s’étonner de la position américaine qui trouve ses racines dans l’histoire profonde entre les deux pays. Ceci étant rappelé, l’Ordre exécutif qui a acté cette reconnaissance, publié au Registre fédéral des États-Unis en décembre 2020, a produit des effets juridiques levant, entre autres, l’obstacle à des investissements substantiels au Sahara marocain. Quant au processus de pourparlers sous la houlette de l’ONU, qui devrait reprendre incessamment après la nomination d’un nouvel Envoyé personnel, en l’occurrence Staffan de Mistura, il est incertain qu’il puisse aboutir à des résultats tangibles, compte tenu, entre autres, de l’enfermement idéologique de la partie adverse et de la tension permanente avec l’Algérie. Le Conseil de sécurité continuera à demander aux parties concernées de négocier de bonne foi et d’œuvrer ensemble pour trouver un terrain d’entente. Sur ce point, les États-Unis pourront exercer une pression à l’intérieur de cet organe onusien en vue d’appuyer l’initiative marocaine pour une large autonomie au Sahara.

Quelles sont les conséquences de cette reconnaissance sur la géopolitique régionale et sur les relations entre le Maroc et ses partenaires classiques ?
Le principe sacro-saint de la souveraineté continue certes de régir les relations internationales. La position américaine a été exprimée par un acte unilatéral. Cependant, les États-Unis, en tant que première puissance du globe entretenant des relations bilatérales et multilatérales avec plusieurs pays, pourraient cristalliser d’autres positions proches ou similaires, si les États concernés voyaient leurs intérêts réalisés à la suite d’une reconnaissance similaire. On le voit, cette démarche nécessiterait une action diplomatique vigoureuse de la part du Maroc, fondée sur un plaidoyer conséquent. On voit déjà se profiler à l’horizon des dynamiques pouvant aboutir à des actes concrets avec des pays comme le Royaume-Uni. Quant au groupe de Visegrad, on sait que ses membres ne peuvent prendre une position commune en dehors de l’Union européenne, dont ils sont membres.

Pourquoi selon vous la nouvelle administration américaine n’a pas remis en question cette reconnaissance ?
La nouvelle administration américaine sous Joe Biden a dû évaluer l’acte de reconnaissance pris par son prédécesseur. Le calcul géostratégique a donc révélé que le maintien et la consolidation de cette position amènerait des bénéficies stratégiques aux Etats-Unis, compte tenu des projections globales de ce pays et de sa quête pour un nouveau leadership. Dans ce schéma géopolitique, nourri par des réflexions sur les rapports de force, notamment au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, les stratèges américains ont dû conclure que le Maroc est un allié solide et majeur hors OTAN qui pourrait appuyer les États-Unis dans la réalisation de leurs desseins géostratégiques. Bien entendu, il convient de rappeler que la reconnaissance étasunienne s’inscrit dans le cadre d’un «package deal», à savoir les Accords d’Abraham. De ce point de vue, il conviendrait de ne pas l’isoler d’une stratégie globale américaine de redéploiement à l’aune des nouvelles reconfigurations mondiales. 

Propos recueillis par H.O.

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