La Covid a contraint les gouvernements d’Afrique du Nord à contracter davantage d’emprunts intérieurs et extérieurs en 2020. En conséquence, la dette publique en pourcentage du PIB a augmenté dans tous les pays de cette zone, inversant les tendances vers une dette publique plus stable ou plus faible enregistrée ces dernières années au Maroc, en Égypte, en Mauritanie et en Tunisie. Néanmoins, la dette publique du Maroc demeure soutenable sans risques majeurs. C’est l’un des constats majeurs d’un nouveau rapport de la Banque africaine de développement (BAD) sur les perspectives économiques en Afrique du Nord : «La dynamique de la dette : La voie vers la reprise Post-Covid». Pour les experts de la BAD, bien que le ratio de la dette (par rapport au PIB) de l’administration centrale ait augmenté de 11,3 points de pourcentage en 2020, certains éléments de la dette du Maroc continuent de réduire les vulnérabilités potentielles.
Il s’agit notamment de sa maturité relativement longue (maturité moyenne pondérée de 7,5 ans), de la part relativement faible libellée en devises étrangères (environ 25%) et de la base d’investissement constituée principalement d’investisseurs locaux, dont beaucoup sont des investisseurs à long terme. «Grâce à ces caractéristiques, ainsi qu’à ses solides antécédents et à ses notations favorables, le gouvernement marocain a conservé un accès régulier aux marchés des capitaux internationaux à des conditions favorables au cours de la dernière décennie», souligne le rapport. Selon la BAD, l’ajustement budgétaire progressif et la poursuite de la mise en œuvre des réformes structurelles devraient aider le ratio de la dette par rapport au PIB à retrouver une trajectoire descendante à moyen terme. Cependant, une gestion saine de la dette publique nécessite la surveillance et la réduction des passifs contingents de l’État, notamment des entreprises publiques. Au Maroc, les systèmes de garantie de crédit lancés par les pouvoirs publics pour lutter contre la Covid-19 engendrent de nouveaux passifs contingents pouvant atteindre 6,5% du PIB. Ainsi, ajoute le rapport, pour mieux gérer les garanties souveraines accordées aux entreprises publiques - estimées à environ 16% du PIB - le gouvernement s’est engagé dans le lancement d’une entité qui se chargera de surveiller toutes les entreprises à participation publique pour améliorer la gouvernance et pour limiter les passifs contingents.