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Samedi 25 Mai 2024
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Burkina Faso : le président Kaboré arrêté et détenu par des soldats mutins

Burkina Faso : le président Kaboré arrêté et détenu par des soldats mutins
Des soldats se sont mutinés dans plusieurs casernes du Burkina Faso. Ph : AFP

Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré a "été mis aux arrêts et placé en isolement", a indiqué lundi l'Agence d’information du Burkina (AIB).

Citant des sources concordantes, "non encore confirmées officiellement", l'agence burkinabé rapporte qu’il s’agit d’un «coup d’Etat» et que «les auteurs» feront une déclaration.

La même source ajoute que des militaires dont certains portent des cagoules ont pris position devant la Radiodiffusion-télévision nationale du Burkina (RTB).

Des soldats se sont mutinés dimanche dans plusieurs casernes du Burkina Faso, dont celles de Sangoulé Lamizana et de Baba Sy, pour réclamer le départ des chefs de l'armée et des "moyens adaptés" à la lutte contre les jihadistes.

Des mutineries ont également eu lieu à la base aérienne de Ouagadougou, ainsi qu'à Kaya et Ouahigouya, dans le nord du Burkina où sont en majorité concentrées les attaques jihadistes, selon des habitants et des sources militaires.

Le gouvernement avait réagi en reconnaissant ces tirs dans plusieurs casernes, démentant cependant "une prise de pouvoir par l'armée".

Dimanche soir, le président Kaboré, a décrété "jusqu'à nouvel ordre", à partir de dimanche, un couvre-feu de 20H00 à 05H30 (locales et GMT).

Par ailleurs, le ministre en charge de l’Education nationale et de l’Alphabétisation, Stanislas Ouaro, a indiqué dans un communiqué qu’au regard de la situation nationale «marquée par des mouvements d’humeur dans certaines casernes du pays» que les établissements scolaires resteront fermés les lundi 24 janvier et mardi 25 janvier sur toute l’étendue du territoire nationale.

Le ministre a expliqué que cette mesure a pour objectif «de préserver la sécurité des élèves, des enseignants et du personnel administratif».

L'Union africaine a « condamné fermement la tentative de coup d’État contre le président démocratiquement élu » au Burkina Faso. Dans un communiqué publié lundi, le président de la Commission de l'Union Africaine, Moussa Faki Mahamat affirme suivre avec « vive préoccupation la situation très grave au Burkina Faso » et « condamne fermement la tentative de coup d’État contre le président démocratiquement élu ».

Le président de la Commission de l’UA « appelle l’armée nationale et les forces de sécurité du pays à s’en tenir strictement à leur vocation républicaine, à savoir la défense de la sécurité intérieure et extérieure du pays ». Il « les appelle à assurer l’intégrité physique du Président de la République ainsi que tous les membres de son gouvernement », lit-on dans le communiqué.

Moussa Faki Mahamat « encourage le gouvernement et tous acteurs civiles et militaires à privilégier le dialogue politique comme voix de solution des problèmes du Burkina Faso ».

La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a affirmé, pour sa part, qu'elle "suit avec une grande préoccupation l'évolution de la situation politique et sécuritaire au Burkina Faso caractérisée depuis le dimanche 23 janvier 2022 par une tentative de coup d'Etat".

Dans un communiqué publié sur son site officiel, la CEDEAO "condamne cet acte d'une extrême gravité qui ne saurait être toléré au regard des dispositions règlementaires pertinentes".

L'organisation régionale "tient les militaires responsables de l'intégrité physique du Président Roch Marc Christian Kaboré", ajoute le texte.

La CEDEAO "demande aux militaires de retourner dans les casernes, de maintenir une posture républicaine et de privilégier le dialogue avec les autorités pour résoudre le problème".

 

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