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Classement de Shanghai : pourquoi il ne faut pas dramatiser l’absence des universités marocaines

Hicham Oukerzaz Hicham Oukerzaz,

À l’occasion de la publication du classement de Shanghai des 1.000 meilleures universités du monde, des voix s’élèvent à nouveau pour pointer du doigt la médiocrité des universités marocaines, absentes de ce ranking. Certes, les maux de l’université marocaine sont connus de tous, notamment en ce qui concerne la recherche scientifique, d’où le vaste projet de réforme s’inscrivant dans le cadre de la vision stratégique 2015-2030, mais il n’en demeure pas moins qu’une lecture objective et lucide de ces classements et des critères adoptés devrait amener à nuancer ces évaluations et à éviter des jugements à l’emporte-pièce. Explications.

Toute interprétation des classements mondiaux des universités se doit d’être objective, car elle doit tenir compte de leur diversité et de celle des critères appliqués à chaque type de classement. Le classement de l’université Jiao Tong de Shanghai, par exemple, dit «classement de Shanghai», tout juste dévoilé pour l’année 2022, exige parmi ses critères le nombre de prix Nobel et de médailles Fields chez les diplômés ou enseignants-chercheurs de l’université, critère qui écarte à lui seul toutes les universités marocaines. Autrement dit, il faut savoir raison garder et ne pas se précipiter dans les jugements hâtifs ou du moins étriqués. C’est l’idée défendue par l’ancien secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Khalid Samadi, qui souligne que certaines universités passent des contrats avec des enseignants chercheurs remplissant ce critère rien que pour être éligibles à ce classement. Le critère du prix Nobel ou de la médaille Fields vaut une note élevée dans ce classement, ce qui est susceptible d’exclure de nombreuses universités à succès n’ayant pas de diplômés ou d’enseignants qui en sont titulaires.

M. Samadi, et dans un long message publié sur sa page Facebook, appelle à tenir compte de plusieurs critères dans l'interprétation des différents classements mondiaux des universités. Parmi ces critères, il évoque le nombre d'universités visées par ces classements, qui s'élève à 10.000 universités inscrites à l'Unesco (dont 2.500 pour la seule Chine). Il rappelle dans ce sens qu'une université marocaine, en l'occurrence l'Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès, a été classée entre les 601e et 800e places du classement «The Times Higher Education» pour 2020, soit un classement très avancé.

Par ailleurs, l’ancien secrétaire d'État chargé de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique indique que pour progresser d'une seule place dans un classement mondial, cela implique de profondes réformes du modèle universitaire, dont les effets ne peuvent se faire sentir en un ou deux ans, mais prennent au moins cinq ans pour porter leurs fruits. Les universités marocaines, souligne-t-il, ont engagé au cours des dix dernières années de profondes réformes qui ont permis à certaines d'entre elles de gagner 200 places dans certains classements, «ce qui mérite d'être valorisé plutôt que de s'auto-flageller».

De même, poursuit M. Samadi, le département de tutelle a mis en place un plan pour encourager les chercheurs à traduire leurs articles et recherches en anglais, ce qui permettra d'améliorer le classement des universités marocaines à moyen et long terme, étant donné que les classements mondiaux des universités retiennent principalement les publications en anglais pour leurs évaluations des universités. En outre, M. Samadi note que selon le dernier classement de Shanghai dans la discipline de la physique, quatre universités ont été classées parmi les 500 meilleures universités du monde, ce qui leur confère la première place au niveau africain et arabe. Ce qui traduit selon lui la forte implication de l'État pour développer les structures de recherche au sein des universités nationales.
Et d’ajouter que les mutations profondes que connaissent les universités marocaines, que ce soit au niveau de leurs infrastructures, de leurs compétences scientifiques ou des réformes touchant leur statut, vont produire leurs effets à court terme, ce qui reviendra à voir ces universités accéder au club des mille meilleures universités du monde.

Tout dépend des critères adoptés

De son côté, Mehdi Alioua, enseignant à l’Université internationale de Rabat (UIR), explique dans une déclaration au «Matin» que le classement de Shanghai est un classement qui n'évalue que 2.500 universités, alors que l'on compte plus de 18.000 universités dans le monde. En conséquence, poursuit M. Alioua, «ils ne choisissent que celles qu'ils ont déjà évaluées les années précédentes. Cela a commencé au début des années 2000, et ils réévaluent donc plus ou moins toujours les mêmes établissements et élargissent progressivement leur cercle d'évaluation». Il existe donc déjà un critère sélectif qui empêche de nombreuses universités de figurer dans le classement, explique M. Alioua, mettant l’accent sur un critère encore plus important : le fait d'avoir des gagnants de prix Nobel ou de médailles Fields parmi les enseignants chercheurs ou les lauréats de ces universités.
Un autre critère déterminant pris en compte dans le classement de Shanghai concerne le nombre de citations des enseignants chercheurs. «Si les travaux de ces enseignants chercheurs sont souvent cités, c'est un bon critère scientifique, seulement les critères d'indexation de ces travaux sont limités. Il y a plusieurs façons d'être cité ou d'être reconnu, mais les auteurs de ces classements n'en choisissent que certaines.

Par exemple, les auteurs arabophones ou francophones apparaissent beaucoup moins que leurs homologues anglophones, dans les revues indexées», explique encore M. Alioua. Et de poursuivre : «tant qu’on aura ces mêmes critères, les universités marocaines n'auront aucune chance de figurer dans un classement comme celui de Shanghai».
Et même la question du prix Nobel est, de l’avis de l’enseignant, à relativiser. «Dans le domaine des sciences, il y a beaucoup de prix et les prix Nobel ne sont pas forcément les meilleurs, étant donné que les membres du jury sont souvent d'anciens prix Nobel et donc tous ceux qui l'ont obtenu ou qui sont dans ces réseaux-là peuvent décider qui l'obtiendra ou pas», indique-t-il. Mais cela n'enlève rien à la qualité scientifique des universités qui sont bien classées dans les classements de type Shanghai, précise-t-il. «Bien sûr, ce sont d'excellentes universités avec des chercheurs parmi les plus brillants, mais elles seraient beaucoup moins bien classées et bien moins souvent classées si d'autres critères étaient appliqués», souligne-t-il.

Un autre problème soulevé par M. Alioua concerne le système éducatif des grandes écoles au Maroc, qui s'inspire de celui des grandes écoles françaises. «Aucune grande école française n'est classée. Ni l'École Polytechnique, ni l'École des Mines, ni l'École des Ponts et chaussées, tout simplement parce qu'elles n'ont pas de prix Nobel ou qu'elles ne font pas beaucoup de recherches. Mais on estime que celles-ci forment d'excellents ingénieurs et pas seulement au Maroc. En fait, dans de nombreux pays, les ingénieurs français sont considérés comme étant de grande qualité. Polytechnique est censée être la meilleure, mais elle n'est pas du tout classée, contrairement à Paris-Saclay, Paris-Sorbonne ou Paris-Cité», fait-il remarquer, faisant savoir que «c’est logique, étant donné que la qualité de l’enseignement ne rentre pas parmi les critères qui sont pris en compte».

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