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100 jours du gouvernement / L'exécutif a choisi une communication descendante et à sens unique

100 jours du gouvernement / L'exécutif a choisi une communication descendante et à sens unique

Décidément, la communication n'est pas le point fort du gouvernement Akhannouch. Dans toute l'équipe gouvernementale, aucun «tribun» ne s’est détaché jusqu’ici du lot. Pis encore, ces 100 premiers jours du gouvernement Akhannouch sont marqués par deux exemples criants d'échec en termes de communication ayant conduit certaines catégories socioprofessionnelles à investir la rue. Le premier exemple est celui du ministère de l'Éducation nationale. Alors que le département de Chakib Benmoussa a été le premier à convier les partenaires sociaux à une reprise du dialogue social, lequel était au point mort, afin de parvenir à des compromis sur les 26 dossiers en souffrance, un communiqué, tombé un vendredi soir tel un couperet, a perturbé cette dynamique vertueuse. Les syndicats eux-mêmes, qui tenaient ce jour-là une réunion avec le département des ressources humaines, n'apprendront les nouvelles mesures annoncées par le ministère que par voie de presse.

Ces mesures portent sur un ensemble de nouvelles conditions pour accéder au concours de recrutement des enseignants et des cadres administratifs des Académies régionales de l'éducation et de la formation, dont la plus contestée est celle relative au seuil d'âge fixé à 30 ans. Une mesure que Chakib Benmoussa avait du mal à justifier en dépit des arguments avancés en faveur du rajeunissement du corps enseignant et de la nécessité de faire de cette profession un choix du cœur tout comme les autres professions nobles et non un recours de dernier ressort pour s'insérer dans le marché du travail. Dans cette affaire, c’est la forme de la communication qui laissait à désirer, plutôt que les arguments avancés qui étaient somme toute défendables. Le deuxième exemple est celui de l'obligation du pass vaccinal.

Une obligation portant sur l’accès à tous les lieux publics, les lieux de travail, les cafés et restaurants, les supermarchés, etc, et qui a été décrétée du jour au lendemain sans la moindre démarche pour préparer l'opinion publique ou laisser une marge suffisante aux non-vaccinés pour se faire vacciner. Conséquence : une ruée vers les centres de vaccination lors des premiers jours, avec le risque d'en faire des foyers de propagation du virus, et un peu plus tard cette obligation commencera à susciter la méfiance, même chez ceux qui ont été vaccinés, quant au bien-fondé de ce revirement, alors que le Maroc affichait un taux relativement élevé de personnes vaccinées et que les autorités ne cessaient de répéter que la vaccination relevait d’un choix personnel et volontaire.Le ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb, lors de son passage au Parlement pour répondre aux questions relatives à l'imposition du pass vaccinal, n’a pas non plus arrangé le choses lorsqu'il a évoqué «la minorité (des non-vaccinés) qui ne va pas dicter sa loi à la majorité». Une minorité qui, rappelons-le, représentait 6 millions de citoyens ! Ce débat sur la vaccination obligatoire est toujours source de tensions, comme ce fut le cas récemment avec les avocats. De plus, la communication du gouvernement laisse à désirer en ce qui concerne la prise en charge des cas de personnes ayant présenté des formes sévères d'effets secondaires après avoir reçu le vaccin ou qui en sont mortes. Ce déficit de communication s'est également manifesté lorsque le ministre de la Justice s'est empressé de retirer le projet de Code pénal qui était soumis au Parlement. Des voix se sont élevées alors pour dire que derrière ce retrait se cachait la volonté d'enterrer les dispositions relatives à l'enrichissement illicite.

Le ministre a, quant à lui, justifié ce retrait par sa volonté de réexaminer le Code pénal dans son intégralité en fonction de la vision du nouvel Exécutif. En tout état de cause, des observateurs ont estimé que le ministre se devait de temporiser, d'autant plus que rien ne justifiait cette précipitation. Encore une fois, c’est au niveau de la forme et non du fond que le bât blesse. Du côté du porte-parole du gouvernement, les choses ne semblent guère être meilleures. Mustapha Baïtas, qui avait promis de rompre avec la langue de bois, donne l'impression du contraire. À des questions directes telles que «le gouvernement compte-t-il décréter le Nouvel An amazigh comme jour férié», le porte-parole du gouvernement s'égare à vouloir rappeler les engagements du gouvernement envers l'amazighité et se retrouve à dire en conclusion : «nous allons célébrer le Nouvel An amazigh !» Quelle interprétation faut-il donner à ce propos ? Seul Mustapha Baïtas saura lever cette ambiguïté ! Au-delà de ces cas concrets illustrants un déficit de communication qu’il convient de corriger au plus vite, le gouvernement semble avoir choisi d’informer plutôt que de communiquer. Autrement dit, c’est une communication descendante et à sens unique qu’il a adoptée dans sa relation avec les citoyens.

 

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