Le département de l’Agriculture multiplie les actions pour faire face à la problématique du stress hydrique. Il entend ainsi renforcer davantage son dispositif de contrôle et de suivi des infrastructures hydrauliques dédiées à l’irrigation à l’échelle nationale. L’Agriculture mobilisera, en effet, une assistance technique externe afin de mener plusieurs opérations dans ce sens. Il s’agit de vérifier la situation actuelle des projets de périmètres d’irrigation et celle relative à l'infrastructure actuelle d'irrigation. L’assistance technique procédera, par ailleurs, à une analyse des variantes d'aménagement proposées pour les projets d’infrastructures d’irrigation et évaluera sur le plan économique les variantes et solutions optimales retenues.
L’assistance technique devra également analyser les options possibles pour la structuration des projets d’irrigation dans le cadre du partenariat public-privé en prenant en compte les objectifs de politique sectorielle du pays. Le tout assorti d’un examen des périmètres à irriguer par les eaux souterraines (forages de reconnaissance), petits et moyens barrages, eaux de crues et collecte des eaux pluviales. Ces opérations s’inscrivent dans le cadre de la stratégie agricole Génération Green (2020-2030).
Celle-ci prévoit parmi ses grandes orientations d’assurer la durabilité du développement agricole en mobilisant et en préservant les ressources naturelles dans un contexte de changements climatiques et de persistance du stress hydrique. L’ambition est ainsi de doubler l’efficacité hydrique et de développer un secteur agricole performant dans le respect de l’écosystème environnemental. Rappelons que dans son dernier rapport de suivi de la situation économique du Royaume, la Banque Mondiale alerte le pays quant à la sécheresse et la pénurie d'eau qui devient un défi structurel. Pour les experts de l’institution de Breton Woods, à plus long terme, l’économie marocaine pourrait avoir plus de mal à se remettre des sécheresses, car la pénurie d’eau devient une condition plus permanente.
Selon la Banque, le Royaume s’appuie, certes, sur un ambitieux plan de développement des infrastructures de 40 milliards de dollars pour minimiser l’impact des sécheresses et de la rareté de l’eau sur l’économie marocaine, cependant, continuer à augmenter la capacité de stockage s’avère insuffisant pour faire face efficacement au stress hydrique. En effet, bien que le Maroc ait doublé sa capacité de stockage d’eau depuis le milieu des années 1990, le volume réel d’eau stocké dans les principaux barrages du pays a suivi une tendance à la baisse pendant la majeure partie de la dernière décennie. De plus, contre toute attente, l’adoption généralisée de technologies d’irrigation a accru les pressions sur les ressources en eau, car ces technologies ont modifié les décisions de culture, faisant plus que tripler les surfaces cultivées sous irrigation goutte à goutte, de manière à augmenter plutôt qu’à diminuer la quantité totale d’eau au-delà des niveaux durables. Notons que l’agriculture pèse pour 87% de la consommation directe annuelle en eau au Maroc.
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