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Samedi 04 Avril 2026
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Les «médecins de la terre» élargissent leur réseau au Maroc

Les «médecins de la terre» élargissent leur réseau au Maroc

Les médecins de la terre, ainsi qu’ils aiment être qualifiés, ont tenu, mardi à Rabat, la première rencontre annonçant la création au Maroc du Knowledg Hub for Organic Agriculture in North Africa. Il s’agit d’un pôle de connaissances en agriculture biologique en Afrique du Nord qui a pour objectif de promouvoir l’agriculture durable par la constitution d’une plateforme de connaissances. Ce réseau intègre actuellement les agriculteurs ainsi que tous les acteurs de l’écosystème au Maroc, en Égypte et en Tunisie. Cette première rencontre a été l’occasion d’exposer l’importance de la création de ce réseau, déjà présent sur le plan international, évoquer l’importance «du rapprochement de nouveaux partenaires locaux, nationaux et internationaux, avec comme objectifs la multiplication des micro-interventions au service de l’inclusion», soulignent les organisateurs de cet événement.

À cette occasion, le directeur du réseau KHNA sur le plan international, Markus Arbenz, a mis en avant la portée de l’agriculture bio ou organique ainsi que les membres du réseau l’appellent. «L’objectif de cette agriculture est de produire pour tout le monde une nourriture saine. L’agriculture biologique permet de partager des valeurs, telles que les principes de santé, d’équité et de précaution pour l’avenir. Car le problème que vit l’humanité est la grande industrialisation de l’agriculture, qui ne suit pas le rythme de la nature. Alors que l’agriculture bio fait la part belle à l’innovation dans ce qu’elle a de plus sain et ce qui est au service de l’environnement», a-t-il indiqué tout en reconnaissant qu’il pourrait y avoir des personnes qui utilisent mal le système. Mais il faut juger sur les grandes lignes et contributions de cette forme d’agriculture et les défis qu’elle relève, insiste-t-il. Par ailleurs, la mise en place de cette antenne du KHNA vise à «apprendre aux Africains à assurer l’alimentation et la sécurité alimentaire», a affirmé Jamila Loukili, coordinatrice et Networkings Manager KHNA au Maroc. Elle a montré, dans ce cadre, les étapes franchies qui constituent autant de défis surmontés par le réseau marocain de ces «médecins de la terre». Elle a cité trois principaux défis. Le premier consistait selon elle à capitaliser sur les acquis existants. «Il y avait déjà six fermes pilotes et d’autres acquis qui ont constitué une plateforme de départ», a-t-elle reconnu. Le deuxième défi évoqué est de nature organisationnelle. «Nous avons adapté ce projet KHNA avec ses idées et visions au contexte du Maroc. Nous avons décidé de l’installer selon une perception territoriale», a-t-elle déclaré.

Quant au dernier défi, il est lié aux mécanismes d’accompagnement de cette catégorie d’agriculteurs. Dans ce cadre, explique Jamila Loukili, on a eu recours aux «masters coach». Noyau qui avait la mission de «repérer les gens passionnés par l’agriculture bio, permettant ainsi de mobiliser 75 personnes autour d’une cause peu attractive», a-t-elle précisé. Impressionné par les réalisations et les actions des membres de ce «mouvement d’agriculteurs», le doyen de la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales Aïn Chock, Abdellatif Komat, a insisté sur leur rôle dans le développement durable. «Il faut aller vers un développement plus inclusif qui doit intégrer cette dimension de l’agriculture biologique. L’importance de la recherche de la connaissance ainsi que de la vulgarisation est primordiale. Il faut travailler pour la sensibilisation des jeunes aux questions ayant cette dimension à la fois économique et de développement durable. De même, les aspects management sont des volets autour desquels on peut collaborer en tant qu’universitaires. D’autant plus qu’au sein de notre faculté, nous avons installé un incubateur ayant trait à l’économie sociale et solidaire», a-t-il proposé.

 

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