Il y a encore quelques semaines, le remplacement de Vahid Halilhodzic paraissait inenvisageable. Mais la défaite face à l’Égypte en quart de finale de la CAN a rouvert le débat sur le maintien ou pas du sélectionneur à son poste. Bien évidemment, il est le premier responsable de l’élimination du Onze nationale en quarts de finale de la CAN. Ses choix d’hommes pour ce match restent pour beaucoup incompréhensibles et les changements opérés en cours de match le sont encore plus. Mais il n’y a pas que lui qui doit assumer cette responsabilité. Les joueurs sont aussi fautifs. Ils ont failli mentalement. Au premier grand rendez-vous du tournoi, ils ont montré leur incapacité à gérer leurs émotions et sont tombés dans le piège tendu par les Pharaons.
La fougue de la jeunesse et la détermination n’ont pas suffi. Les Égyptiens ont fait parler leur expérience dans les grands rendez-vous (roublardise, faire déjouer l’adversaire, casser le rythme du match lors des moments forts des Marocains) pour s’imposer. Vahid, qui a pris soin de bien préparer son équipe, n’a pas assez tenu compte du côté mental. C’est comme dans un match de boxe entre deux boxeurs de même niveau, c’est le mieux armé mentalement qui gagne au dernier round aux points. Face au déluge de critiques, Fouzi Lekjaa doit-il céder à la vox populi ou doit-il confirmer Vahid à son poste, que cela plaise ou non aux critiques. Un départ de Vahid en ce moment, provoquerait un séisme au sein de la sélection nationale à un mois et demi du match de barrage contre la République démocratique du Congo. Certes, il n’a pas atteint son objectif d’emmener la sélection nationale jusqu’au dernier carré, mais il a réussi à bâtir un groupe capable de réaliser des choses dans le futur. Un groupe encore jeune qui va apprendre de cet échec. Détruire tout et recommencer à zéro n’est pas une solution. Il faut le laisser terminer son travail. Les politiques consistant à tout reprendre à zéro n’ont jamais porté leurs fruits.
