Nation

Mohamed Ben Abdelkader : Voici les vrais enjeux du 11e congrès de l’USFP

Brahim Mokhliss Brahim Mokhliss,

Mohamed Ben Abdelkader.

Mohamed Ben Abdelkader.

Mohamed Ben Abdelkader est catégorique. Il n’y a pas eu de révision du règlement intérieur du parti dans l’objectif de donner le droit au premier secrétaire actuel de briguer un troisième mandat. Cette question, qui a donné lieur à beaucoup de débats, voire à des controverses, ces dernières semaines, «n'a jamais été inscrite comme point à l'ordre du jour dans aucune réunion du bureau politique du parti», ajoute le membre du bureau politique. Pour M. Ben Abdelkader, les enjeux du prochain congrès du parti sont ailleurs. «Nous veillons dans cette phase préparatoire à faire de notre mieux pour partager nos idées et nos projets avec l’opinion publique. Nous comptons également sur la contribution des médias sérieux pour éclairer les Marocains sur les vrais enjeux de ce congrès», explique l’ancien ministre de la Justice.

Le Matin : Les préparatifs du 11e congrès national de l’USFP, prévu fin janvier, ont démarré depuis plusieurs semaines. Où en sont-ils actuellement ?

Mohamed Ben Abdelkader :
Lors de sa réunion, tenue le 18 décembre, le conseil national de l’USFP a approuvé les résolutions de la commission organisationnelle issue du comité préparatoire du 11e congrès national, à une très large majorité (201 membres se sont prononcés en faveur du rapport, contre neuf abstentions). Pour ce qui est du document politique élaboré par la commission politique, il a été approuvé à l'unanimité. Par la suite, nous sommes passés à une deuxième étape qui consiste à organiser les débats autour des projets de résolution élaborés par les deux commissions organisationnelle et politique dans toutes les provinces et régions du Maroc. En parallèle, la commission de la logistique veille à mettre en œuvre les décisions du conseil national en la matière pour parvenir à garantir les meilleures conditions pour la tenue du prochain congrès, y compris les démarches administratives et techniques pour réserver des centres d’estivage devant accueillir les congressistes et l’installation des plateformes numériques au niveau de toutes les régions du Royaume.

L’actuelle direction du parti soutient que la dynamique organisationnelle en perspective du congrès se déroule de manière normale. Mais, estime-t-elle, il y a, en parallèle, une dynamique dépourvue de soutien organisationnel ou politique qui essaye de brouiller les travaux de préparation pour le prochain congrès. Qu’est-ce que cela signifie selon vous ?

Ce que je peux vous dire très sincèrement est que nous sommes pleinement concentrés sur la dynamique interne de préparation de notre congrès. Les débats sur les enjeux politiques et organisationnels de cette échéance retiennent toute notre attention. Mais en même temps, nous essayons autant que possible de suivre de manière ouverte, constructive et responsable toutes les interactions externes avec cet événement politique majeur et prendre le cas échéant les décisions qui conviennent.

Est-ce à dire que les courants et les militants qui cherchent à présenter des candidats ou à se présenter en tant que candidats au poste de premier secrétaire général n’ont aucune légitimité ?

Ce n’est pas à moi d’émettre un jugement sur les candidatures annoncées jusqu’à aujourd’hui pour le poste du premier secrétariat du parti. Loin de là, je ne peux personnellement que voir d’un bon œil la multiplicité de ces candidatures qui d’ailleurs ont été annoncées de manière solennelle par le premier secrétaire Driss Lachgar lors de la dernière session de notre conseil national. Encore faut-il rappeler que le bureau politique du parti a décidé de transmettre au congrès les candidatures des six camarades aspirants à briguer le poste de premier secrétaire de l’USFP.

En général, les dirigeants politiques qui tiennent à se maintenir en place indéfiniment sont mal vus. Est-ce que c’est le cas du dirigeant actuel de l’USFP, Driss Lachgar ?

Vous savez, il y a tout un débat théorique et politique autour de cette question relative à la limitation des mandats des dirigeants, que ça soit au sein des organisations partisanes ou des institutions de l’État. Les partisans de la non-limitation supposent que les droits de l’Homme sont censés englober le droit à la réélection, estimant que les limitations des mandats restreignent les droits politiques aussi bien des candidats à l’élection que ceux des électeurs. En plus, la limitation porte un certain nombre de risques, notamment celui de remplacer des dirigeants expérimentés par d’autres qui seraient inexpérimentés, ou celui d’arrêter un processus en cours, de manière à nuire à la qualité et à la continuité de la politique menée par les prédécesseurs et créer ainsi une certaine incertitude politique.
Pour les adeptes du principe de la limitation des mandats, le changement de dirigeants est un indice du bon fonctionnement démocratique. L’alternance réglementée est bénéfique pour le système, car elle favorise l’expression d’idées nouvelles, encourage la rotation des élites et prévient les velléités d’hégémonie politique. Le lien entre la démocratie interne d’un parti politique et la limitation des mandats de ses dirigeants est donc clair. Il convient tout de même pour une organisation politique de tenir compte d’un certain nombre de facteurs, tels que l’histoire, la culture politique, le niveau de développement du pays et la manière dont la démocratie a évolué au sein du parti.

Maintenant, pour répondre à votre question, je dirais que non. Tenir à diriger indéfiniment le parti, ce n’est pas le cas de l’USFP, et ce n’est pas le cas de tous ses dirigeants depuis feu Abderrahim Bouabid jusqu’à Driss Lachgar. Nous avons adopté le principe de la limitation des mandats de nos dirigeants et personne ne remet aujourd’hui en cause ce principe. Mais que le nombre de mandats successifs soit limité à deux ou à trois, c’est une autre question qui relève de la pratique et du contexte politique, et pour laquelle il n’y a pas une norme idéale. Ce qui constitue véritablement un défi pour la théorie de la représentation démocratique, c’est la nécessité ou non de limiter le mandat et non comment précéder à cette limitation.

Quelle lecture faites-vous donc de la révision des statuts et du règlement intérieur de l’USFP qui donne le droit au premier secrétaire du parti de rempiler pour un troisième mandat ?

Ce n’est pas vrai que la révision du règlement intérieur du parti a été menée dans l’objectif de donner le droit à notre premier secrétaire de briguer un troisième mandat. Ce qui s’est passé, c’est que nous avons déposé auprès du ministère de l'Intérieur une résolution d'organisation approuvée par le conseil national du parti lors de sa dernière session. Cette résolution vise essentiellement à modifier certaines dispositions réglementaires de manière à nous permettre de tenir notre congrès national dans le plein respect des mesures préventives adoptées par les autorités publiques pour lutter contre la propagation de la Covid-19. Ladite résolution ne concerne aucunement l'article 49 du statut général du parti, stipulant que «le premier secrétaire est élu pour un mandat qui s'étend entre les deux congrès nationaux, et il ne peut être élu que pour deux mandats consécutifs...»
Par ailleurs, je ne vous cache pas que la question de l'extension des mandats existants, qui fait débat, n'a jamais été inscrite comme point à l'ordre du jour dans aucune réunion du bureau politique du parti, et que lors des longues réunions du comité préparatoire consignées dans ses rapports et procès-verbaux, pas même une seule minute n'a été consacrée à ce point concernant un troisième mandat pour notre premier secrétaire actuel.

Cela dit, je tiens à clarifier que durant les deux dernières années et précisément depuis l’entrée en vigueur des dispositions légales relatives à l'état d'urgence sanitaire, nous n'avons pas pu dans cette situation de crise exceptionnelle tenir nos congrès régionaux et provinciaux pour renouveler les organes exécutifs de base, notamment ceux dont les membres ont déjà rempli deux mandats consécutifs. Et puisque nous sommes déterminés à aller de l’avant dans l’ouverture du parti aux nouvelles compétences et à intégrer les nouveaux élus au sein de ces instances, le bon sens exige d'éviter de vider systématiquement ces instances de leurs membres actuels, en leur permettant de se représenter pour un troisième mandat. Et ce de manière à assurer l'équilibre nécessaire entre renouvellement et continuité. Bien évidemment, cette option sera soumise au congrès national pour examen et adoption dans le respect total des règles démocratiques et en pleine considération de l'intérêt du parti et de l'efficacité de ses organes.

Ne pensez-vous pas que la question des candidatures a occulté les débats au sujet des documents à examiner par le congrès ?

C’est tout à fait normal que l’opinion publique nationale puisse porter une attention particulière aux candidats potentiels pour la direction d’un grand parti comme l’USFP. Mais je ne crois pas que cet aspect de la chose puisse occulter les débats autour des enjeux majeurs politiques et organisationnels de notre prochain congrès. Nous veillons dans cette phase préparatoire à faire de notre mieux pour partager nos idées et nos projets avec l’opinion publique. Nous comptons également sur la contribution des médias sérieux comme «Le Matin» pour bien éclairer les Marocains sur les vrais enjeux de ce congrès.

Quels seront donc, selon vous, les principaux enjeux du 11e congrès national ?

Sur le plan politique, le prochain congrès doit s'attacher à rénover davantage la ligne politique du parti, en gardant à l’esprit les transformations géopolitiques aux niveaux régional et mondial, et en considérant les défis et contraintes liés à la gestion de la crise de la Covid-19. Il s’agit également d’examiner les conditions nécessaires pour s'engager dans le nouveau modèle de développement afin d'atteindre la justice sociale et d'intégrer davantage les jeunes et les femmes de manière à garantir les conditions nécessaires pour assurer la stabilité politique et la cohésion sociale. L’enjeu politique principal du prochain congrès sera donc celui de la clarté politique au niveau de nos actions dans la société et de nos relations avec l'État.
L’USFP se trouve aujourd’hui plus que jamais au cœur des institutions du pays, aussi bien au niveau de l'opposition parlementaire que de la participation gouvernementale. Cela exige de nous aujourd'hui plus de clarté politique et de précision au sujet de nos choix stratégiques. Et ce afin que nous puissions être à la hauteur de notre slogan «la patrie d’abord» et que nous nous mobilisions fortement dans ces temps pleins d’incertitudes et de défis pour que l’USFP reste au service du pays et de ses intérêts supérieurs.

Sur le plan organisationnel, il s'avère que la plus urgente des priorités, telle qu'elle ressort des travaux du comité préparatoire du congrès, concerne le lancement du chantier de modernisation du parti et des mécanismes de son fonctionnement et de sa gestion. L’enjeu est de pouvoir inscrire l’organisation du parti dans une sorte de rationalité fonctionnelle régie par la force de la loi et les règles de bonne gouvernance, plutôt que par les tempéraments, le fait accompli produit par des luttes infinies et stériles pour le contrôle des appareils du parti. L’enjeu donc est de pouvoir assumer parfaitement notre identité moderniste ainsi que de comprendre que la condition fondamentale de la modernité politique est la rationalité juridique, qui garantit les droits, impose des devoirs et règle les différends.

Il ne fait aucun doute que les choix politiques et organisationnels, qui seront adoptés par le prochain congrès dans la perspective de développer un modèle de parti social-démocrate, régi par les principes de rationalité organisationnelle, nous permettront de mettre en place une structure partisane ouverte, dynamique et innovante. Ce qui permettra à l’USFP d’occuper la place qui lui convient dans l'échiquier politique marocain et le rendra plus performant dans l’accomplissement des tâches fondamentales de la prochaine étape. Défis qui concernent essentiellement la contribution au renforcement des fonctions de l'État social et la consolidation des valeurs démocratiques dans une société moderne et solidaire.


Entretien réalisé par Brahim Mokhliss
 

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