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Mustapha Sehimi : «L'erreur à éviter pour ce gouvernement est de se cantonner aux réformes technocratiques sans vision politique»

Hicham Oukerzaz Hicham Oukerzaz,

Mustapha Sehimi : «L'erreur à éviter pour ce gouvernement est de se cantonner aux réformes technocratiques sans vision politique»

De l’avis du politologue Mustapha Sehimi, le test durant le premier semestre 2022 pour le gouvernement Akhannouch sera de voir s’il est en mesure de porter et d’incarner les réformes qui sont à l’ordre du jour. Cela implique une gouvernance différente de celle pratiquée jusqu’à présent et une communication politique pour s’assurer l’adhésion des citoyens. «L'erreur à éviter est de se cantonner aux réformes technocratiques sans les insérer dans une vision politique», souligne M. Sehimi. Pour ce bilan symbolique des cent premiers jours, le politologue et professeur de droit Mustapha Sehimi nous livre sa lecture qui porte sur les aspects politique, économique et social, en plus de ce qu’il désigne comme «dossiers sous le tapis» qui sont sur la table de ce gouvernement.

L’aspect politique

Ce gouvernement a des atouts politiques importants avec une majorité confortable de 270 députés à la Chambre des représentants (soit 72 députés de plus que la majorité absolue qui est de 198, et il vient encore de renforcer cette majorité avec le ralliement de l’Union constitutionnelle et du Mouvement démocratique et social), indique M. Sehimi. Le deuxième atout politique réside dans le format centré de la nouvelle majorité, qui ne compte que trois partis. «C'est un gage de cohésion, de solidarité et de mobilisation», ajoute le politologue. «Les trois partis ont également signé la Charte de la majorité qui impose des règles de solidarité, de conduite, de collégialité et de concertation. «Pour ce qui est de la l’homogénéité et de la cohérence de ce gouvernement, c’est bouclé», croit savoir ce professeur de droit. Ce gouvernement bénéficie également de l’aspiration des citoyens au changement par rapport aux deux cabinets du PJD. «La nouvelle majorité est l’expression d’une volonté ferme des électeurs quant au changement et à la réforme». C’est à la fois un atout et une contrainte, parce que les attentes sont très fortes et peuvent manifester de l’impatience, fait remarquer M. Sehimi. Sur ce plan, dit-il, le bilan des 100 jours reste sujet à caution. Mais les citoyens considèrent globalement qu’il faut laisser du temps à ce gouvernement pour prendre ses marques, d'autant qu'il a fait adopter une loi de Finances sur laquelle il n'avait pas beaucoup la main, parce que c’était une loi de Finances préparée par le cabinet sortant.

L’aspect économique

Ce gouvernement est dans une situation qui présente des données contrastées. «Il y a d’un côté par exemple tous les indicateurs export qui sont au vert (avec une forte croissance des exportations d'automobiles et de phosphates et une bonne tenue des textiles)», indique professeur Sehimi. Pour ce qui est de la balance des paiements, il y a une envolée des transferts des MRE à hauteur de 86,5 milliards de dirhams (en progression de 35% par rapport à la moyenne) et il est prévu en 2022 qu’il y ait une contraction de ces transferts, qui reviendront à hauteur de 70 à 72 milliards de dirhams, «mais ça reste toujours important et ça permet de soulager la balance des paiements». En revanche, il y a des secteurs sinistrés, quasiment en faillite. Le politologue pense particulièrement au secteur du tourisme qui a connu une année noire du fait de la fermeture des frontières. «À propos de ce secteur, il y a matière d’interrogation et d’interpellation du gouvernement qui doit prendre des mesures de soutien en faveur de ce secteur pourvoyeur de devises et à forte connotation sociale, avec des emplois directs et indirects de l’ordre de 700.000. Donc là, il y a un grand problème qui va peser sur les comptes de l’année 2022», affirme le politologue. L'autre élément à noter concerne les investissements directs étrangers (IDE) qui se sont élevés en 2021 à 10,3 milliards de dirhams (flux net), mais qui sont loin du niveau des années d'avant la pandémie. «Il y a donc nécessité d'améliorer la politique d'attractivité de ces IDE qui constituent un facteur de développement», affirme M. Sehimi.

L’aspect social

À propos du Chantier Royal de la généralisation de la protection sociale, M. Sehimi estime que c'est le chantier qui marquera sans doute les meilleures avancées en 2022 et au-delà, en traduisant l'inflexion des politiques publiques dans le volet social. Selon lui, «le gouvernement est responsable et comptable de la bonne mise en œuvre des Orientations Royales».

Les dossiers «sous le tapis»

Le premier grand dossier qui pèse et qui n’a pas encore été réglé par les précédents gouvernement a trait à la fiabilité des régimes de retraite. «Il y a là une alerte majeure puisque les premiers déficits apparaîtront dès 2023 pour le Régime collectif d'allocation de retraite (RCAR) et en 2027 pour la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Il en est de même pour la Caisse marocaine de retraite (CMR) dont les réserves seront déficitaires à l'horizon 2027-2028. Il faut donc s'attaquer dès cette année à cette question des régimes de retraite pour garantir leur pérennité», affirme M. Sehimi. L’autre dossier sous le tapis concerne le Code du travail. «Il est nécessaire de finaliser la réforme du Code du travail dans deux directions qui sont incontournables. La première concerne l'introduction du système dit de “flexicurité”, qui consiste en un dispositif social permettant une plus grande facilité de licenciement pour les entreprises et des indemnités longues et importantes pour les salariés licenciés. Et le second concerne la réforme du droit de grève. Un sujet qui est en suspens depuis 1962», explique le professeur. «Il faudra donc bien que le gouvernement fasse preuve de sa volonté réformatrice sur ce dossier de la réforme du Code du travail qui pourrait déclencher des tensions sociales et des débats politiques, mais il est également là pour arbitrer», ajoute-t-il.

L'autre dossier en instance, selon M. Sehimi, est la réforme fiscale. Celle-ci devrait se concentrer sur une plus grande équité, l'intégration du secteur informel dans le circuit formel et l'élargissement de l'assiette fiscale. Il y a aussi le dossier de la restructuration de l'appareil d'État et du secteur public avec une agence nationale qui a été créée à cet effet pour dégraisser le secteur et le rendre plus efficace dans les domaines où il est présent. Le politologue soulève également la question de la Charte des investissements. «Il s'agit d'une Charte qui ne nécessite pas d'arbitrage politique mais qui doit suivre une logique qui consiste à définir les secteurs à privilégier et à les doter de conditions incitatives. Elle implique le choix de priorités et l'élaboration d'une politique fiscale tenant compte de ces choix prioritaires», dit-il.

M. Sehimi évoque également un autre point relatif à la liaison entre la politique du gouvernement et le nouveau modèle de développement (NMD), lequel fixe des axes stratégiques et des leviers de changement. «Il serait important que les politiques publiques en 2022 prennent davantage en compte les orientations et les mesures proposées dans le NMD afin que ces dernières s'inscrivent pleinement dans la vision du NMD». Ce NMD propose également un Pacte national de développement mais celui-ci ne semble pas avancer. «Ce pacte est de nature à entrainer l’adhésion des citoyens et des opérateurs aux NMD, à mobiliser les énergies, à faire converger les approches partisanes et les autres et donner une plus grande visibilité à la politique économique du gouvernement pour 2022 et au-delà», explique le politologue qui préconise une gouvernance audacieuse pour trouver des solutions à ces dossiers «sous le tapis».

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