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Malhoun : Le poème «Chemâa» traduit en français et en anglais par le linguiste Mohamed Elmedlaoui

Le linguiste, chercheur et écrivain Mohamed Elmedlaoui vient de terminer, très récemment, la traduction du légendaire poème «Chemâa» en français et en anglais. Une belle initiative pour faire découvrir un de ces trésors littéraires du Malhoun sur le plan international.

Malhoun : Le poème «Chemâa» traduit en français et en anglais par le linguiste Mohamed Elmedlaoui
Haj El Houssaine Toulali.

«C’est le septième poème d’une série de traduction, qui fait partie d’un projet sur lequel je travaille, actuellement, pour la publication d'un ouvrage en soutien, à titre personnel, au dossier de toute demande officielle des institutions attitrée d'inscrire le Malhoun par l'Unesco comme patrimoine immatériel universel», souligne Mohamed Elmedlaoui. Concernant «Chemâa», le linguiste précise que ce poème constitué de 125 vers en arabe marocain, du genre poétique Malhoun, a été composé par Mohamed Echarif Ben Ali Ould Arzin (1742-1822). Ce poème est noté en graphie arabe (nouvelle orthographe systématique) et traduit en français et en anglais par Elmedlaoui, d’après la version chantée par El-Houssaïn Toulali. «Le poème “Chemâa” (bougie) est un hymne sublime en hommage à ces êtres et choses qui se vident en permanence de leur substance qui, en se consumant, bon gré mal gré, libère l’énergie nécessaire pour la continuité de la vie. Ces entités y sont représentées par trois voix : la voix du poète dans son expérience dans son art, celle de la “bougie” qui éclaire en brûlant et celle de l’“abeille”, donnée en exemple d’abnégation par la “bougie” dans un dialogue construit par le poète», indique Mohamed Elmedlaoui à propos de la signification profonde des paroles. Il explique, également, que sur le plan de la technique de composition, une polyphonie symbiotique et philharmonique des voix des trois protagonistes qui s’identifient, l’un à l’autre, caractérise le poème : on ne distingue pas toujours aisément, nettement et de façon univoque, de qui des trois est la voix qui parle. Et d’ajouter que «si on remonte au 18e siècle, le poème “Chemâa” ne présente pas cette dualité conflictuelle de valeurs, qui caractérisent souvent les poèmes Malhoun du 20e siècle (mondanité/piété, modernisme/traditionalisme...).

Il s’y agit d’une méditation philosophique et mystique d’un raffinement sublime, sur le sens de la vie». À cet égard, Elmedlaoui présume que, de nos jours, peu de gens parmi les amateurs et aficionados du Malhoun, écouté ou bien même noté (généralement de façon médiocre) et lu, saisissent effectivement aujourd’hui l’essence en détail du texte de ce poème, chose qui est le cas général de la perceptivité de cette poésie de nos jours. «Il y a à cela trois raisons à mon avis : la première réside dans le caractère de tradition orale du Malhoun, chose qui fait qu’un texte n’est jamais philologiquement bien établi par notation dans une orthographe appropriée. La seconde est la tradition psychopédagogique générale, bien ancrée dans les esprits, de normalisation intellectuelle avec le non compris. Cette tradition consiste à pouvoir répéter volontiers et/ou à noter ou à lire des vocables ou expressions, déjà mal rapportées oralement ou consignées par une écriture défectueuse, sans avoir de problème intellectuel et, par conséquent, sans se poser de question. Puis, la troisième est cette arrogance d’“Aliénation sacrée” qui caractérise une élite lettrée à l’université, qui a toujours empêché celle-ci de fournir quoi que ce soit comme effort dans le champ des études académiques méthodiques formelles et précises, portant sur le corpus des textes du Malhoun en tant que corpus dignes de faire l’objet d’approches selon les disciplines appropriées», conclut-il.