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Dimanche 07 Juin 2026
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Productivité : Pourquoi les pays arabes sont les moins performants au monde

Les États arabes gagneraient à placer la croissance de la productivité du travail au cœur des priorités stratégiques de leurs plans de développement nationaux, conformément à l'Agenda 2030 des Nations unies pour le développement durable. C’est ce que suggère l’Organisation internationale du travail dans un rapport sur la croissance de la productivité. Cette dernière a diminué de 0,8% dans les pays du CCG et de 1,5% dans les pays hors CCG sur la période 2010-2019, contre une hausse mondiale de 2,1%.

Productivité : Pourquoi les pays arabes sont les moins performants au monde

Les pays arabes peuvent faire de la reprise post-crise sanitaire une véritable opportunité pour améliorer la productivité dans leurs économies, grâce à des réformes économiques ciblées. C’est ce qui ressort d’un rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur la croissance de la productivité dans les États arabes. Selon les experts de l’OIT, il s'agit notamment de placer la croissance de la productivité du travail parmi les priorités stratégiques des plans de développement nationaux, conformément à l'Agenda 2030 des Nations unies pour le développement durable. Le rapport constate qu'après trois décennies de bonne croissance, suite à la découverte du pétrole au début des années 1950, la productivité du travail a diminué depuis les années 1980 dans les économies arabes en général, et dans celles du Conseil de coopération du Golfe (CCG) en particulier. L’OIT fait par ailleurs état d’une accélération du déclin de la productivité au cours des deux dernières décennies. Par rapport aux autres régions, celle des États arabes est désormais la moins performante au niveau mondial. Selon le document, entre 2010 et 2019, la productivité a diminué de 0,8% dans les pays du CCG et de 1,5% dans les pays hors CCG.

Pour comparaison, dans les pays émergents et en développement des autres régions, elle a augmenté en moyenne de 3,1% au cours de la même période, tandis que dans les économies avancées, elle a augmenté de 1%, la moyenne mondiale enregistrant une hausse de 2,1%. «Les principales raisons de ces tendances à la baisse dans la région des États arabes sont le manque de diversification économique avec une dépendance à l'égard des secteurs à faible productivité, l'incapacité à investir les gains fiscaux dans la promotion de la croissance de la productivité, et le manque d'investissement dans la qualification de la main-d'œuvre pour répondre aux nouveaux besoins du marché du travail», a expliqué Paolo Salvai, spécialiste principal des employeurs pour les États arabes, qui a dirigé l'élaboration du rapport aux côtés de Jose Luis Viveros Añorve, responsable des activités des employeurs à l’OIT.

Désindustrialisation prématurée

Pour les auteurs du rapport, le transfert de l'activité économique de l'agriculture vers l'industrie manufacturière est une source majeure d'augmentation de la productivité dans les économies émergentes. Le document indique que la plupart des pays arabes sont passés par un processus de désindustrialisation prématurée, et qu'ils manquent donc actuellement d'un secteur manufacturier solide. Les stratégies économiques de la plupart des pays de la région se sont concentrées sur les secteurs des services à faible valeur ajoutée ou sur les secteurs de la finance et de la construction. Ce qui a entravé, selon l’OIT, la croissance de la productivité, car les services sont moins intensifs en capital et moins ouverts à la concurrence internationale. Ce qui nuit à la croissance de l'économie et de la productivité et renforce les rangs de la main-d'œuvre informelle.

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