Économie

Écoles et universités : la solution d'enseignement digitale du Marocain DBM séduit

Ilham Lamrani Amine Ilham Lamrani Amine,

L’épidémie de Covid-19 a fait prendre conscience de la nécessité d’un plan B en matière d’éducation non présentielle. «Le Matin» s'est intéressé au cas de l’entreprise technologique DBM Maroc qui déploie depuis quelque temps sa solution Sanbox. Celle-ci permet d’envisager toutes les interactions qu’il est possible de retrouver lors d’un cours traditionnel. À cela s’ajoute la possibilité pour l’enseignant de partager l’intégralité de son cours, sans être bloqué. Les détails.

La digitalisation est un phénomène qui a commencé il y a plusieurs années dans l’enseignement (on parlait avant de FOAD pour Formation ouverte à distance, de E-Learning, etc.) et a fait naître de nombreuses innovations, tant sur le contenu que sur l’ingénierie pédagogique en passant même par l’émergence de nouveaux modèles économiques et de nouveaux acteurs. Il faut dire que les plateformes digitales sont une technologie fondamentale pour aider à construire et à cultiver une communauté, aussi bien humaine que virtuelle, qui facilite la collaboration et la communication, de sorte qu'il est possible de suivre et d'exploiter chaque étape de l'expérience d'un étudiant.
C’est ainsi que l’entreprise DBM Maroc, forte de ses 30 ans d’expérience, a pu développer des solutions E-learning pour plus d’une vingtaine d’universités en Afrique : notamment au Maroc et au Sénégal. «Le cas de l’Université virtuelle du Sénégal (UVS) est très intéressant, car le choix de créer une université virtuelle s’est imposé dès 2012, bien avant la Covid en raison d’un besoin évident de créer une université capable d’accueillir les étudiants bacheliers n’ayant pas trouvé de place dans les universités du pays, car les places étant limitées en nombres. Ce sont donc plus de 50.000 étudiants sénégalais qui ont bénéficié d’une formation virtuelle», explique au journal «Le Matin» Mazouzi Oualid, vice General Manager de DBM Maroc Group. Plus impressionnant encore : les étudiants ayant été formés à l’UVS ont eu un taux de réussite nettement supérieur à l’apprentissage traditionnel des étudiants à la Fac et en présentiel.

La solution Sanbox : des interactions à l’infini !

Dans la continuité de ses innovations, DBM Maroc a mis sur le marché sa solution Sanbox qui permet justement d’envisager toutes les interactions qu’il est possible de retrouver lors d’un cours traditionnel. À cela s’ajoute la possibilité pour l’enseignant de partager l’intégralité de son cours, sans être bloqué dans un rôle d’apprenant, lui permettant une flexibilité d’interagir et de donner la main à ses élèves. «Le professeur a une vue d’ensemble sur l’état d’avancement et le niveau de chaque étudiant, en plus d’avoir la possibilité de partager, échanger, recevoir tout type de documents, fichiers & contenus. Le professeur peut à tout moment évaluer, corriger, contrôler les activités, les exercices et les examens à travers des logiciels & des extensions qui facilitent la gestion de son cours», décrypte le responsable.
Mieux encore : les élèves peuvent avancer chacun selon leur rythme et ainsi le professeur à travers la Data (l’ensemble des données collectées durant le cours) arrive à mieux comprendre les lacunes et le niveau de sa classe.
Quelles sont donc les matières qui se prêtent le mieux à ce type d’enseignement ? «Ayant travaillé avec les différents niveaux d’apprentissage du préscolaire à l’enseignement supérieur, nous nous sommes rendu compte que même des matières qui s’enseignent traditionnellement comme le français, l’histoire et les matières scientifiques peuvent être retravaillées dans leur forme de sorte à promouvoir l’apprentissage par des ressources supplémentaires en ajoutant des éléments : animé, visuel, ludique, QCM, sondage et exercice d’application ludique à l’instar d’une simple dictée lue oralement, et rédigée par le choix des bons mots sélectionnés», explique Oualid Mazouzi.
Aujourd’hui, la proportion de clients utilisant les solutions Edtech du fournisseur marocain représente environ 70% pour les établissements scolaires, et 30% pour les organismes de formation professionnelle, eux aussi soucieux de promouvoir une formation en ligne ou local.

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Entretien avec Oualid Mazouzi vice-General Manager de DBM MAROC Group

«Les entreprises peuvent aider les pouvoirs publics pour résoudre certaines problématiques liées à l’apprentissage»

Le Matin: L’épidémie de Covid-19 a fait prendre conscience de la nécessité d’un plan B en matière d’éducation non présentielle, quelles leçons en tirez-vous dans votre entreprise ?

Oualid Mazouzi :
Nous avions constaté la nécessité d’avoir un plan de formation couvrant le numérique bien avant l’arrivée de la pandémie mais pour répondre à votre question, voici les 4 grandes leçons que nous en tirons :
- Il convient de faire faire évoluer la formation à l’aide de moyens digitaux efficaces pour donner aux enseignants les outils nécessaires afin de mieux analyser le niveau des apprenants, d’automatiser une partie de l’évaluation et d’offrir un contenu riche et plus dynamique pour l’apprentissage.
- Les entreprises peuvent aider les pouvoirs publics pour résoudre certaines problématiques liées à l’apprentissage direct et la formation en présentiel et en ligne.
- Les solutions d’éducation en ligne seulement basées sur la visio-conférence ont montré leurs limites pendant la pandémie. Même si elles ont réussi à assurer la continuité des formations pendant la période de confinement, à l’issue de celui-ci aucun suivi n’a été effectué, aucune gestion n’était possible ni aucune analyse n’a pu être réalisée. La visio-conférence seule ne permet pas tout cela alors que c’est une base en matière de formation en ligne.
- De notre point de vue, la leçon la plus importante est que chaque établissement scolaire doit avoir sa plateforme et son espace de travail numérique afin de proposer une solution évolutive et intuitive aux corps pédagogiques leur permettant de profiter d’outils favorables au développement des étudiants.

On trouve de plus en plus de MOOC disponibles en ligne, parfois gratuitement sur des sites américains comme www.coursera.com. Comment se positionne votre offre par rapport à cette offre concurrentielle ?

La question du contenu est primordiale pour l’apprentissage et la formation. Vous citez Coursera, il en existe de nombreuses autres gratuites ou à coûts très faibles comme Khan Academy, Openclassroom. Le ministère de l’Éducation a développé la plateforme «Telmidtice» présentant des contenus développés par les enseignants & chercheurs marocains.
Notre métier n’est pas de développer du contenu, c’est plutôt le cœur de métier des écoles, collèges, lycées, universités et écoles post-bac. Notre rôle est de fournir la plateforme qui doit gérer ce contenu digital et qui doit permettre de simplifier le travail des enseignants dans les fonctions répétitives et d’automatiser une partie de l’évaluation des apprenants.
Nous avons pourtant, avec la fondation Zakoura, déjà fait cela mais il faut alors être propriétaire des droits intellectuels des manuels scolaires pour les digitaliser.
Pour nous, les aspects les plus importants dans la formation sont la qualité de l’enseignement et de son support. En cela, nous insistons auprès des éditeurs de manuels, des responsables chargés de la validation du cursus et le programme Génie dans la scénarisation du contenu destiné aux élèves et étudiants marocains.
Actuellement, le préscolaire et les matières scientifiques de niveau collège sont en train d’être développés pour pouvoir être partagés par un plus grand nombre d’apprenants.

Avez-vous été approchés par des universités ou écoles étrangères pour créer des campus virtuels au Maroc ?

Nous avons développé des solutions de e-learning pour plus d’une vingtaine d’universités en Afrique.
L’Université Virtuelle du Sénégal (UVS) est un cas intéressant. Ce pays ne dispose pas d’autant de places physiques dans ses universités qu’il ne produit de bacheliers chaque année. Le choix de créer une université virtuelle s’est ainsi imposé dès 2012. Déjà 50.000 étudiants sénégalais ont bénéficié d’une formation via l’UVS. Si on analyse les résultats des étudiants de l’UVS, leurs taux de réussite aux examens sont supérieurs à ceux de leurs confrères étudiants en présentiel.
L’Université Hassan II de Casablanca (UH2C) comprend 19 établissements qui accueillent 130.000 étudiants dans la capitale économique. Elle a mis en œuvre une plateforme de e-learning qui s’est révélée décisive pendant la pandémie de Covid-19. Les milliers d’enseignants ont pu poursuivre leur travail et les étudiants ont continué à être formés et ont pu passer leurs examens grâce à notre système.

Quelle est votre vision du développement de l’éducation en ligne au Maroc ?

Le Maroc dispose de ressources et de compétences pour améliorer le développement de l’éducation en ligne.
Depuis la pandémie de Covid-19, de nombreuses entreprises marocaines ont développé des solutions en matière de matériels, de logiciels, de plateformes, de contenus pédagogiques, de formations en ligne, de cours de soutien…
Nous sommes convaincus que les synergies entre ces différents acteurs peuvent apporter une réponse globale pour la construction d’une éducation en ligne efficace au Maroc.
Dans le passé, de nombreux projets, dont Maroc Numérique, le Programme Génie, ont été lancés pour moderniser l’éducation. Le modèle de formation et d’apprentissage au Maroc doit évoluer, à travers les solutions Edtech actuellement disponibles qui permettent une réelle autonomie dans la gestion et le traitement des ressources éducatives. Les efforts des entreprises et des pouvoirs publics doivent maintenant en tenir compte.
Nous devons aller vers un modèle marocain alliant des lois et réglementations à appliquer pour faciliter l’apprentissage et la formation pour tous dans le cadre de la validation de scénarios pédagogiques approuvés par le ministère de l’Éducation nationale.

L’équipement informatique est souvent un investissement lourd pour le système éducatif, que pensez-vous de la stratégie de l’État et des acteurs de l’enseignement privé en la matière ?

L’État cherche à réduire la fracture numérique et à démocratiser l’accès à internet. C’est le but des programmes Injaz et Nafida qui subventionnent le matériel pour permettre au plus grand nombre de s’équiper à moindre cout.
L’équipement informatique est un investissement lourd, plus encore aujourd’hui où à la suite d’une pénurie de composants et de frais de transport sont en hausse, le prix des matériels a subi une hausse importante.
L’État a un rôle important à jouer dans une vision de l’Éducation globale. L’équipement et l’infrastructure, la formation des enseignants, et le développement de solutions digitales en sont les éléments les plus importants.
Les établissements privés sont plus réactifs, car ils décident seuls d’intégrer cette technologie dans leurs établissements. Ils n’ont pas nécessairement d’investissements supplémentaires à réaliser pour cela. Seuls des achats de solutions E-learning & LMS de formation doivent être réalisés.
Au regard des projets menés en Afrique de l’Ouest, dans la majorité des cas, l’objectif est de répondre à des problématiques d’ordre socio-économique. Trop d’institutions et d’organismes s’interrogent sur l’équipement informatique alors qu’ils devraient se focaliser sur la mise en place de solution LMS & E-learning évolutif & intuitif moins couteuse et dont les résultats sont plus efficaces à court, moyen et long terme.

La création de contenu pour les plateformes d’enseignement distanciel est un prérequis pour la réussite de celles-ci, comment comptez-vous faciliter cette création ?

Il existe déjà de nombreux contenus disponibles en ligne, cours, modules, travaux pratiques, exercices, examens sous toutes les formes et dans plusieurs langues.
Les enseignants, les encadrants, le corps pédagogique doivent promouvoir les best practices en utilisant les ressources numériques locales existantes. Nous avons formé plus de 4.000 enseignants, professeurs, formateurs et chercheurs dans la création de contenus digitaux. Cela a permis la création de plus de 8.000 cours et modules disponibles en ligne dans le cadre de l’UH2C.
Notre partenariat avec le programme «Skills for Innovation» d’Intel offre plus de 70 activités permettant d’obtenir une certification pour les enseignants en fonction du niveau d’enseignement : elementary, middle ou high school. Enfin, plus de 45 langues sont disponibles pour l’enseignement.

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