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Zouhir Ibn El Farouk, photographe plasticien : «J’explore de nouveaux territoires»

L’artiste franco-marocain enrichit la photographie expérimentale et imprime une autre dimension à ses œuvres. Passeur d’art, le photographe Ibn El Farouk incarne un entre-deux à la croisée de la France et du Royaume Chérifien. Il offre à voir «Informe», une exposition individuelle et itinérante présentée au sein de la Salle Jean Renoir à Bois-Colombes du 29 mars au 8 mai qui fera, ensuite, halte à Casablanca du 26 mai au 26 juin à la galerie Shart.

Zouhir Ibn El Farouk, photographe plasticien : «J’explore de nouveaux territoires»

Le Matin : Comment êtes-vous venue à la photographie ?
Zouhir Ibn El Farouk
: Après plusieurs années en tant que cinéphile au cœur de la Fédération des œuvres laïques (FOL), à Casablanca dans les années 1990, la photographie m’a permis de passer à l’acte en produisant mes propres images. Le cinéma et la musique sont à l’origine de cette aventure. Enfant du quartier Bourgogne de Casablanca, je fabriquais à l’aide de boîte d’allumettes une petite loupe et la pellicule 35 mm de film, chinée dans les poubelles du cinéma de quartier et des boîtes lumineuses pour visionner ces bouts de pellicules, j’avoue que ma passion pour l’image date de ce temps : l’enfant que j’étais me rend souvent visite, comme disait Adonis dans l’un de ses poèmes.

Quelle est la genèse de l’exposition individuelle «Informe» ?
Mes territoires de recherches sont axés autour de cette double notion incluant la matérialité et l’immatérialité dans le processus photographique. «Informe» propose un dialogue entre deux procédés différents : l’analogique et le numérique, issus d’un même médium qui est le huitième art. Il ne s’agit pas d’un travail hybride, mais plutôt d'une réflexion sur la notion du photographique, aujourd’hui. Dès lors, non pas une archéologie, une typologie d’inspiration scientifique ou une variante photographique du minimalisme. Mais, un exercice permanent qui contraint le lieu le plus étranger à la valeur de l’art : la reproduction photographique, à devenir un laboratoire où l’usage devient image.

Parlez-nous du processus de création lié à la photographie expérimentale qui vous influence depuis de nombreuses années...
J’explore de nouveaux territoires concernant ma pratique artistique : la photographie a toujours été liée à la réalité et au référent (copie du réel). Par contre, l’expérimental est à l’origine de ce médium. Avant d’être une image, une photographie se compose de données optiques, chimiques et physiques «en un certain ordre assemblées». L’expérimental en photographie est une «anti-discipline photographique», il répond aux principes de l’invention, de la recherche, de l’intuition du bricolage. La photographie expérimentale est en dialogue permanent avec les enjeux de l’art : abstraction, conceptualisation, détournement… Elle constitue cette part de la photographie dénouant sans cesse le lien qui la relie à la représentation naturaliste du monde. Aujourd’hui, la photographie s’ouvre à toutes les dimensions pour devenir autre chose qu’un simple enregistrement du réel. «Informe» interroge ce que la photographie a de spécifique : révéler un pan de son «essence», de son identité philosophique.

Les titres de vos photographies sont-ils un «indice, aidant à deviner le caractère de l’œuvre» ?
Je les considère comme des résonnances à déchiffrer. Car, ce photographique désigne un monde d’apparition. Le premier trait qui le définit tient ce qui apparaît non comme objet, mais comme une manifestation, une manière d’apparaître.

Quels sont les photographes ou les formes d’art que vous aimez ?

En tant qu’artiste, je butine dans plusieurs champs de création. Ce rapport au monde, qui est la raison d’être de mes questionnements. Donc, en un mot, j’ai besoin de cette nourriture littéraire, philosophie, au-delà de la photographie pour poursuivre cette quête.

«Informe» sera également présentée à la galerie Shart à Casablanca...

Au départ, «Informe» a été pensée comme une exposition itinérante, entre Casablanca et Paris, tel un dialogue, un mouvement ponctué de déplacements dans ce monde actuel marqué par ce que nous avons vécu récemment. Oui, «Informe» aura une double vie : au sein de la Salle Jean-Renoir et la galerie Shart, grâce à la complémentarité de plusieurs acteurs.

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