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Séisme au Maroc : comment surmonter les crises émotionnelles après le choc

Le tremblement de terre est soudain et inattendu, il implique la perception d'une menace potentiellement mortelle. Outre les pertes physiques, il peut entraîner des crises émotionnelles à ne surtout pas négliger. Explications de Bernard Corbel, psychologue clinicien.

Séisme au Maroc : comment surmonter les crises émotionnelles après le choc
Ph. Saouri

Si les tremblements de terre font des victimes directes, une majorité silencieuse sont mentalement affectée par ce genre de catastrophe. Le séisme et les images des opérations de sauvetage peuvent non seulement déclencher de nouveaux traumatismes, mais aussi en déclencher d'anciens préexistants. Résultat : crise individuelle, agitation et résonance collective.  

Selon Bernard Corbel, psychologue clinicien, un tremblement de terre signifie bouleversement et perte de repères. «La panique se loge dans des zones du cerveau très profondes. Quand les crises de peur se déclenchent, elles   viennent de nulle part et il n’y a que les réactions corporelles qui se révèlent. On peut avoir des nausées, de la transpiration, ressentir des palpitations, fourmillement dans le corps, on a très peur et on a l’impression que la machine va lâcher ». Pour ce spécialiste, un ébranlement psychologique est impressionnant même quand on est confortablement installée. Beaucoup de personnes peuvent avoir des réactions intenses.  Cela dépend de l'identité de chacun.  

Qui peut être sujet à la panique ? 

On peut être sujet aux crises de panique en cas de tremblement de terre pour différentes raisons. Ce sont souvent les personnes qui ont subi des chocs familiaux intenses qui surréagissent. Selon Bernard Corbel, les disputes violentes et répétitives devant un bébé lui donnent l’impression que son monde s’effondre. « Des situations comme le tremblement de terre réactivent ce sentiment », explique le scientifique. Et de préciser que si la maman est en insécurité dans son foyer, les enfants sont très vulnérables.  

L’assurance maternelle est alors fondamentale pour l’équilibre psychologique des petits et des grands.  Elle permet de se ressourcer et de se lâcher.  

« La panique se déclenche comme un séisme au fond des personnes. Elle vient des couches profondes et monte à la surface », rappelle-t-il. Dans le même contexte, Corbel souligne qu’en cas de catastrophe comme le séisme, les mamans ont plus à faire avec des enfants en bas âge qui ont peur, qui ont du mal à comprendre ce qui se passe et redoutent ce qui va arriver ensuite.  

Comment réagir en cas de panique ?  

Le côté physiologique des humains et comme le psychologique. Il y a toujours des personnes plus robustes que les autres. Face à un tremblement de terre, certaines personnes peuvent avoir de l’anxiété avec malaise, fièvre, palpitation… alors que d’autres resteront calmes.   Selon Bernard Corbel, si une personne sensible fait une crise de panique, il faut une autre plus détendue pour l’aider à surmonter l’angoisse. Cette personne doit être capable de comprendre et de ressentir l’autre en se dévouant.  

 

 

Les conseils du spécialiste pour gérer le choc post-séisme 

  • Pour apaiser une personne en panique, on doit être courageux et calme.  On peut lui demander de respirer tranquillement tout en indiquant que rien ne lui arrivera.   
  • Quand on parle à un adulte, il faut éviter les choses violentes comme lui demander de se secoue.  
  • On doit attirer la personne doucement vers une proximité avec soi, l’inciter à prendre conscience de son corps et attendre que la crise passe.   
  • La respiration est essentielle. Elle permet de ralentir les battements cardiaques.  
  • Si la personne est vraiment en état de choc, il faut l’allonger et lui demander d’imaginer une lumière qui la traverse quand elle respire. On ne lâche pas le contact et on répète cette action le temps qu’il faut.  
  • Si la personne en panique est seule, elle doit prendre une position fœtale : se mettre en boule de façon latérale et ne pas avoir peur de se lâcher. 
  • La respiration doit être abdominale. Il faut souffler plutôt qu’inspirer en se vidant la cage thoracique. On chasse l’angoisse en soufflant. On peut imaginer une douce lumière qui traverse notre corps. 
  • Souvent la personne a hâte de terminer sa crise. Il faut qu’elle accepte l’instant présent et contrôle sa respiration tout en notant dans sa tête ce qui se passe afin de faire un reporting après. Ceci lui permet de garder le contrôle sur ses émotions.   
  • En cas de choc important il est essentiel de consulter un spécialiste psychologue ou spécialiste de la communication afin d'éviter la transformation du trauma en traumatisme c'est-à-dire la résonance intérieure la déstabilisation d'avoir été choqué. Tout cela peut s'éviter grâce à une parole assez proche de l'événement, en tout état de cause de préférence dans les trois semaines.