En marge du Gitex Africa 2026, organisé à Marrakech, Kaspersky a présenté, lors d’une rencontre avec le Centre Marocain de Recherches Polytechniques et d’Innovation (CMRPI), les résultats d’une étude révélant une adoption massive de l’intelligence artificielle (IA) au sein des entreprises marocaines, souvent en l’absence de cadre structuré. Réalisée en partenariat avec l’institut Averty auprès de plus de 300 salariés, cette étude met en lumière une transformation progressive des usages professionnels, portée principalement par les collaborateurs eux-mêmes, en dehors de stratégies formalisées à l’échelle des organisations.
D’autres pratiques sont également relevées : 30% des utilisateurs transmettent des captures d’écran de leur environnement de travail (schémas, tableaux, graphiques) et 19% vont jusqu’à partager des données sensibles telles que des budgets, des indicateurs de performance ou des fichiers Excel.
Seule une minorité déclare limiter son usage à des requêtes générales sans intégrer de données internes. L’IA apparaît ainsi comme un prolongement naturel des outils de travail, sans distinction claire entre informations partageables et données confidentielles.
Dans le même temps, la perception des risques reste hétérogène. Si 46% des répondants identifient un risque pour la sécurité des données, 35% estiment que ce risque est faible ou inexistant, tandis que 19% ne se prononcent pas.
Cette dispersion des perceptions souligne un besoin de sensibilisation et d’accompagnement des utilisateurs, dans un contexte où la confiance dans les outils peut encourager le partage de données sensibles.
Des initiatives ont été identifiées dans le domaine de l’open data ainsi que dans le développement de centres de données, portées par des acteurs publics et privés. Toutefois, ces initiatives restent encore à consolider, notamment en matière d’accessibilité et de gouvernance des données.
Si certaines capacités existent, notamment dans le domaine académique, leur accessibilité reste limitée et les processus d’accès sont jugés complexes.
La gouvernance des données constitue également un enjeu central. L’étude met en évidence des contraintes administratives et organisationnelles qui limitent l’accès aux données publiques, ainsi que des difficultés en matière de standardisation et d’interopérabilité.
En matière de cybersécurité, le Maroc dispose d’un cadre institutionnel jugé solide, avec des dispositifs réglementaires et des institutions dédiées. Toutefois, des limites apparaissent au niveau opérationnel, notamment en termes de capacité de réaction face aux cyberattaques, y compris celles amplifiées par l’intelligence artificielle.
L’étude attribue un score global compris entre 2,8 et 3 sur 5 aux différentes dimensions évaluées, avec des performances relativement élevées en matière de connectivité et de cybersécurité, mais des marges de progression importantes sur les capacités de calcul et la gouvernance des données.
Elle souligne également l’importance de renforcer l’offre de cloud souverain, aujourd’hui jugée insuffisamment compétitive face aux solutions internationales, ainsi que la nécessité d’assurer la continuité des stratégies publiques dans un contexte de changements institutionnels.
Dans ce contexte, le développement de l’intelligence artificielle au Maroc apparaît à la fois comme une opportunité et un défi, nécessitant une articulation entre innovation, gouvernance et sécurité.
Une adoption portée par les usages individuels
Dans les faits, l’intelligence artificielle s’impose désormais comme un outil du quotidien. Plus d’un salarié sur deux (57%) déclare utiliser des outils d’IA de sa propre initiative dans le cadre professionnel. Cet usage s’inscrit dans la durée. 84% des utilisateurs y ont recours au moins plusieurs fois par semaine, dont près de la moitié de manière quotidienne. Cette adoption ne répond pas uniquement à un objectif de gain de temps. Elle traduit également une recherche d’amélioration qualitative du travail. Ainsi, 69% des utilisateurs indiquent mobiliser ces outils pour produire un travail jugé de meilleure qualité. Les collaborateurs privilégient majoritairement des solutions accessibles et intuitives, souvent extérieures à leur environnement professionnel. ChatGPT s’impose comme la plateforme de référence, utilisée par 84% des utilisateurs d’IA, confirmant une tendance à l’appropriation individuelle de ces technologies.Un cadre organisationnel encore insuffisant
Face à cette dynamique, les entreprises peinent à structurer leur approche. L’étude révèle que 75% des répondants utilisent l’intelligence artificielle sans cadre clair ni directives précises. Peu d’entre eux ont bénéficié de formations ou d’un accompagnement spécifique sur ces outils. Cette situation contribue à installer l’IA dans un espace organisationnel intermédiaire largement utilisée, mais peu encadrée, sans distinction nette entre usages professionnels autorisés et pratiques informelles.Des pratiques qui exposent les données professionnelles
Les résultats de l’étude mettent en évidence des pratiques susceptibles d’exposer les données des entreprises. L’usage d’outils externes s’accompagne d’un partage significatif d’informations professionnelles, souvent sans conscience des implications en matière de sécurité. Ainsi, 42% des utilisateurs déclarent importer des documents complets (PDF, fichiers Word ou présentations) dans des outils d’IA non contrôlés par leur entreprise. Par ailleurs, 35% saisissent directement des informations ou des données chiffrées, tandis que 35% partagent des extraits d’emails, de messages ou de comptes rendus.D’autres pratiques sont également relevées : 30% des utilisateurs transmettent des captures d’écran de leur environnement de travail (schémas, tableaux, graphiques) et 19% vont jusqu’à partager des données sensibles telles que des budgets, des indicateurs de performance ou des fichiers Excel.
Seule une minorité déclare limiter son usage à des requêtes générales sans intégrer de données internes. L’IA apparaît ainsi comme un prolongement naturel des outils de travail, sans distinction claire entre informations partageables et données confidentielles.
Un niveau de confiance élevé malgré les risques
Ce phénomène est accentué par un niveau de confiance particulièrement élevé dans les outils d’intelligence artificielle. Selon l’étude, 91% des utilisateurs déclarent faire confiance aux résultats générés, dont une part importante avec un niveau de confiance élevé.Dans le même temps, la perception des risques reste hétérogène. Si 46% des répondants identifient un risque pour la sécurité des données, 35% estiment que ce risque est faible ou inexistant, tandis que 19% ne se prononcent pas.
Cette dispersion des perceptions souligne un besoin de sensibilisation et d’accompagnement des utilisateurs, dans un contexte où la confiance dans les outils peut encourager le partage de données sensibles.
Des avancées structurelles mais des défis persistants
En parallèle, le CMRPI a présenté les premiers résultats d’une étude multisectorielle consacrée au développement de l’IA au Maroc, mettant en lumière les progrès réalisés ainsi que les défis à relever. L’étude souligne l’existence d’une dynamique nationale portée notamment par la stratégie « Maroc Digital 2030 », qui inscrit le pays dans les dynamiques internationales liées à l’intelligence artificielle. Des avancées sont également observées en matière d’infrastructures, avec la généralisation du haut débit, le déploiement de la fibre optique et le lancement récent de la 5G.Des initiatives ont été identifiées dans le domaine de l’open data ainsi que dans le développement de centres de données, portées par des acteurs publics et privés. Toutefois, ces initiatives restent encore à consolider, notamment en matière d’accessibilité et de gouvernance des données.
Capacités de calcul et dépendance technologique
Parmi les principaux défis identifiés figurent les capacités de calcul, indispensables au développement et à l’entraînement des modèles d’intelligence artificielle. L’étude souligne l’absence d’un cluster national accessible à l’ensemble des acteurs, ainsi qu’une dépendance aux technologies importées, notamment les processeurs graphiques (GPU) et les infrastructures de calcul intensif.Si certaines capacités existent, notamment dans le domaine académique, leur accessibilité reste limitée et les processus d’accès sont jugés complexes.
La gouvernance des données constitue également un enjeu central. L’étude met en évidence des contraintes administratives et organisationnelles qui limitent l’accès aux données publiques, ainsi que des difficultés en matière de standardisation et d’interopérabilité.
En matière de cybersécurité, le Maroc dispose d’un cadre institutionnel jugé solide, avec des dispositifs réglementaires et des institutions dédiées. Toutefois, des limites apparaissent au niveau opérationnel, notamment en termes de capacité de réaction face aux cyberattaques, y compris celles amplifiées par l’intelligence artificielle.
L’étude attribue un score global compris entre 2,8 et 3 sur 5 aux différentes dimensions évaluées, avec des performances relativement élevées en matière de connectivité et de cybersécurité, mais des marges de progression importantes sur les capacités de calcul et la gouvernance des données.
Enjeux de souveraineté numérique
Enfin, l’étude met en avant les enjeux liés à la souveraineté numérique, en particulier la nécessité de développer des infrastructures nationales capables de garantir le contrôle des données sensibles.Elle souligne également l’importance de renforcer l’offre de cloud souverain, aujourd’hui jugée insuffisamment compétitive face aux solutions internationales, ainsi que la nécessité d’assurer la continuité des stratégies publiques dans un contexte de changements institutionnels.
Dans ce contexte, le développement de l’intelligence artificielle au Maroc apparaît à la fois comme une opportunité et un défi, nécessitant une articulation entre innovation, gouvernance et sécurité.
