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Le semis direct, une technique rodée ailleurs

Quelque 64 millions d'hectares sont cultivés dans le monde selon le système de semis direct, mis en pratique ces dernières années mais à une échelle réduite, chez des agriculteurs marocains.

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Si l'expérience marocaine en semis direct, système qui élimine toute manipulation du sol sauf au moment du semis pour l'emplacement de la graine et des fertilisants, date de 1983, le développement de ce système sur le terrain est tout récent puisque ce n'est qu'en 1997 que des expériences ont été tentées par des chercheurs du Centre régional de recherche agronomique de Settat, de l'Institut agronomique et vétérinaire Hassan II et de l'Ecole 110nale d'agriculture de Meknès auprès d'agriculteurs de leurs régions respectives.
S'exprimant lundi à l'ouverture à Settat des premières journées de rencontres méditerranéennes sur le semis direct, M. Rachid Mrabet, chercheur au Centre d'aridoculture de Settat, a indiqué que cette technique est en extension exponentielle ces dernières années puisque 18, 25, 37 et 52 % des terres sont en semis direct respectivement aux Etats-Unis, au Brésil, en Argentine et au Paraguay.
Evoquant les raisons qui militent en faveur de l'adoption au Maroc de cette technique, M. Mrabet a expliqué que les terres marocaines, et en général méditerranéennes, connaissent une dégradation et une érosion et par conséquent une réduction de leur qualité et productivité en agriculture conventionnelle mécanisée. Car, a-t-il ajouté, l'agriculture conventionnelle est basée sur la manipulation du sol (le travail du sol, le labour) et sur l'exploitation du couvert végétal (pâturage, exportation, incinération des pailles et chaumes), contrairement à l'agriculture dite de conservation qui est basée sur une diminution des actions mécaniques sur le sol et la gestion du couvert végétal.
Selon lui, le semis direct respecte la biodiversité naturelle, améliore la fertilité des terres, stimule la production agricole et favorise un développement social et économique durable.
Ouvrant ces journées, M. Mohamed El Gharous, chef du Centre régional de la recherche agronomique de Settat a évoqué à son tour la pression qui s'exerce de plus en plus sur la terre dans la région à cause des conditions climatiques, ce qui contribue, a-t-il dit, à sa dégradation et la rend plus vulnérable à toutes forme d'érosion et de perte de son potentiel de production.
Il a estimé que les techniques conventionnelles de production basées sur le travail du sol, le labour profond et l'incorporation ou le pâturage des résidus de récolte ne sont plus bénéfiques pour les zones arides et semi-arides. D'où le «devoir» des scientifiques d'encourager l'adoption des techniques de production pour une agriculture de conservation qui se base sur la gestion du sol sans pour autant altérer sa qualité physico-chimique et le préserver contre l'érosion et la dégradation, afin de laisser une terre productive pour les générations futures.
Les premières journées de rencontres méditerranéennes sur le semis direct, sont organisées par le Centre régional de la recherche agronomique de Settat et «FERT» (une ONG française qui a pour vocation de regrouper les agriculteurs au niveau de la Méditerranée), en association avec l'agence française de développement et avec l'appui de l'Union 110nale des coopératives agricoles marocaines (UNCAM) et l'ambassade de France à Rabat.
Cette manifestation qui durera deux jours avec la participation de chercheurs marocains, français, portugais, tunisiens, algériens et libanais vise à développer un cadre d'échanges et de discussions des expériences (atouts et contraintes) sur le semis direct entre scientifiques, techniciens et agriculteurs de la région méditerranéenne. Elle tend en outre à engager une réflexion sur des collaborations entre pays méditerranéens et à fonder ultérieurement un réseau méditerranéen sur le semis direct pour promouvoir une agriculture de conservation dans le bassin méditerranéen.
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