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" Une saison au paradis " de Boubkeur El Kouche

«Une saison au paradis » est un roman de Boubkeur El Kouche. Il expose les rêves des chômeurs qui aspirent à franchir l'autre cap par n'importe quel moyen en quête du bonheur…

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Boubkeur El Kouche est docteur en Lettres. Il a consacré plusieurs articles à Tanger, sa ville natale. Il est l'auteur de «Regarde, voici Tanger» et «Les cahiers de confluences» qui ont été vivement salués par les critiques.
«Comment pourrions-nous les oublier puisque nous n'avons pas à nous souvenir d'eux : ils nous tourmentent quotidiennement… Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d'entre nous regardent les étoiles». L'auteur a entamé son roman par une phrase éloquente pour mettre l'accent sur un phénomène qui a «ravagé» terriblement la société marocaine ces dernières années et a empoisonné la vie d'un bon nombre de familles. Il s'agit de l'immigration clandestine qui a modifié les pensées et les rêves des jeunes frustrés par la réalité amère de leur existence s'enfonçant de plus en plus dans un gouffre noir. L'auteur dédie, ainsi, son roman aux naufragés des pateras, victimes des leurres et des illusions.
Le roman est sous forme de dialogue entre Rachid, un guide touristique et un jeune journaliste issu de l'immigration. Tantôt leurs visions convergent tantôt elles s'opposent. Ils discutent aisément tout en se promenant dans les ruelles de la médina de Tanger. Rachid montre au journaliste les candidats à l'immigration clandestine qui nourrissent un grand espoir de franchir l'autre cap où le paradis les attend à bras ouverts. Boukeur El Kouche met en valeur leurs sentiments et leurs appréhensions et insiste sur les raisons qui les amènent à rêver jours et nuits ; rêves qui se transforment souvent en un horrible cauchemar permanent.
Par ailleurs, les deux personnages évoquent de vieux souvenirs qui ont marqué leur vie en France soulignant la différence des cultures et des traditions entre deux sociétés. Ils dévoilent la réalité du vécu quotidien des immigrés loin de leur patrie. « De toute façon, les policiers savent bien ce qu'ils font. La preuve, ils ne s'en prennent jamais aux Français de souche ! Si on laissait faire les fils d'Allah, qui se multiplient comme des rats, ils ne nous épargneraient pas. Ils se croiraient chez eux à la Casbah, ils nous imposeraient leur charia ! Et alors là, ce serait la fin des haricots… Ils ne l'ont pas dit à voix haute, mais ils l'ont pensé très fort ».
Leur dialogue porte sur d'autres préoccupations d'ordre national, notamment le plan de l'intégration de la femme au développement, la campagne nationale d'assainissement, le chômage… « En dépit de ses déceptions, Sabrina avait conservé l'espoir de se faire embaucher. Longtemps, elle avait cru qu'on finirait bien par reconnaître ses compétences ».
Boubkeur El Kouche dévoile, également, les secrets et le charme de Tanger. Il fait ressortir la particularité de la ville en tant que cité touristique capable d'enchanter un bon nombre de visiteurs. « Cette ville à la lisière du réel et de l'imaginaire a inspiré une foultitude d'artistes peintres, d'écrivains, de cinéastes et de photographes qui ont marché sur les pas de leurs aînés et qui ont éternisé ses lieux de mémoire ».
Le romancier dresse, pertinemment, un constat et invite les lecteurs à réfléchir à des problèmes contemporains marquant la société marocaine.

Une saison au paradis de Boubkeur El Kouche, 201 pages Ed. Détroit
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