Le choix de la Haute Moulouya, hauts plateaux encastrés entre les chaînes atlantiques, lieu de passage incontournable sur les routes qui relient Fès au Tafilalt, s'explique par le fait que son évolution, à l'époque contemporaine, est tout à fait comparable à celle que connaît une bonne partie du Maroc central et oriental.
Cet ouvrage s'articule en trois grandes parties:
Dans la première, centrée sur les dernières années du XIXème siècle, l'auteur décrit tout d'abord la Haute Moulouya qui basculait alors dans le «bled siba». Puis il s'interroge sur le contenu de l'autonomie locale, tentant d'appréhender d'une part comment elle s'articulait avec les exigences du pouvoir central et d'autre part pourquoi elle donnait naissance à une société si fortement inégalitaire. Enfin l'auteur essaie d'apprécier dans quelle mesure la situation dans les confins algéro-marocains, où l'intervention coloniale se manifeste très tôt, a pesé sur l'évolution de cette région.
Dans les seconde et troisième parties sont abordés les changements introduits par l'instauration du Protectorat.
La seconde partie est réservée aux mutations subies par l'espace et le temps.
L'administration coloniale hiérarchise, structure l'espace régional et infra-régional, créant des routes, de nouveaux pôles commerciaux, politiques et culturels. D'autres formes de mobilité apparaissent, qui n'ont plus rien à voir avec les anciennes migrations tribales, qui font gonfler les agglomérations. L'école, le travail salarié, l'administration imposent de nouvelles mesures du temps. Ainsi de nouvelles unités de mesure sont introduites et la perception même des distances et du temps subissent des changements.
Ces transformations précèdent, accompagnent, et confortent la remise en cause des hiérarchies sociales et des systèmes des valeurs, centre d'intérêt de la troisième partie.
La vie politique et judiciaire subit des bouleversements sans précédent. Mais ce sont les transformations économiques qui vont induire les changements les plus profonds : l'agriculture et l'élevage stagnent et ne permettent guère de s'adapter à la monétarisation de la vie quotidienne. Les autochtones deviennent alors mineurs ou fonctionnaires, bouleversant ainsi les hiérarchies sociales, les traditions, les modes de la vie et de penser.
Ainsi l'identité pré-coloniale, en tant que système cohérent, est remise en cause, même si la culture locale se montre particulièrement vivace en certaines circonstances, en certains domaines. L'acculturation ici, comme dans tous les pays coloniaux, était inévitable, une acculturation faite de survivances du passé, d'emprunts à la culture française, mais aussi de fusions plus ou moins heureuses entre la culture locale et les apports nouveaux.
Ainsi au bout de quarante quatre ans de Protectorat une société nouvelle est apparue avec de nouveaux besoins, de nouvelles exigences qui vont conditionner l'évolution du Maroc post-colonial.
L'auteur, professeur de l'enseignement supérieur, chargée de recherches à l'Institut universitaire de la recherche scientifique (I.U.R.S.) de l'université Mohammed V de Rabat.
Cet ouvrage s'articule en trois grandes parties:
Dans la première, centrée sur les dernières années du XIXème siècle, l'auteur décrit tout d'abord la Haute Moulouya qui basculait alors dans le «bled siba». Puis il s'interroge sur le contenu de l'autonomie locale, tentant d'appréhender d'une part comment elle s'articulait avec les exigences du pouvoir central et d'autre part pourquoi elle donnait naissance à une société si fortement inégalitaire. Enfin l'auteur essaie d'apprécier dans quelle mesure la situation dans les confins algéro-marocains, où l'intervention coloniale se manifeste très tôt, a pesé sur l'évolution de cette région.
Dans les seconde et troisième parties sont abordés les changements introduits par l'instauration du Protectorat.
La seconde partie est réservée aux mutations subies par l'espace et le temps.
L'administration coloniale hiérarchise, structure l'espace régional et infra-régional, créant des routes, de nouveaux pôles commerciaux, politiques et culturels. D'autres formes de mobilité apparaissent, qui n'ont plus rien à voir avec les anciennes migrations tribales, qui font gonfler les agglomérations. L'école, le travail salarié, l'administration imposent de nouvelles mesures du temps. Ainsi de nouvelles unités de mesure sont introduites et la perception même des distances et du temps subissent des changements.
Ces transformations précèdent, accompagnent, et confortent la remise en cause des hiérarchies sociales et des systèmes des valeurs, centre d'intérêt de la troisième partie.
La vie politique et judiciaire subit des bouleversements sans précédent. Mais ce sont les transformations économiques qui vont induire les changements les plus profonds : l'agriculture et l'élevage stagnent et ne permettent guère de s'adapter à la monétarisation de la vie quotidienne. Les autochtones deviennent alors mineurs ou fonctionnaires, bouleversant ainsi les hiérarchies sociales, les traditions, les modes de la vie et de penser.
Ainsi l'identité pré-coloniale, en tant que système cohérent, est remise en cause, même si la culture locale se montre particulièrement vivace en certaines circonstances, en certains domaines. L'acculturation ici, comme dans tous les pays coloniaux, était inévitable, une acculturation faite de survivances du passé, d'emprunts à la culture française, mais aussi de fusions plus ou moins heureuses entre la culture locale et les apports nouveaux.
Ainsi au bout de quarante quatre ans de Protectorat une société nouvelle est apparue avec de nouveaux besoins, de nouvelles exigences qui vont conditionner l'évolution du Maroc post-colonial.
L'auteur, professeur de l'enseignement supérieur, chargée de recherches à l'Institut universitaire de la recherche scientifique (I.U.R.S.) de l'université Mohammed V de Rabat.
