C'est cela que prohibe l'Islam. Lorsque le prophète Sidna Mohammed, Prière et Salut Divins su lui, entra dans la Kaâba pour y démolir toutes les sculptures qui s'y trouvaient, il épargna celle qui représentait la Vierge Marie, parce que sa statue n'était pas considérée une divinité en tant que telle, mais n'était qu'une représentation d'un saint personnage (non une divinité) de la Bible, cité dans le Coran en tant que mère du prophète Jésus, Salut sur lui, qui n'est pas une divinité mais un messager de Dieu. Soulignons encore que dans le Coran est vantée la civilisation pharaonique où la sculpture était un art très répandu.
Certes les Musulmans ne figurent pas la sainteté par des sculptures, mais si les Chrétiens le font, cela n'a rien à voir avec les sculptures des cultes païens, et cela est respecté par l'Islam. Tout ceci est tellement évident à comprendre, mais il faut le rappeler tant la confusion règne encore dans certains esprits qui affirment que la sculpture est interdite en Islam. Ce que cette religion condamne, c'est de sculpter des personnages et de les diviniser. La sculpture en tant qu'expression artistique qui ne fait pas l'objet de culte religieux ne saurait être proscrite par l'Islam. Parce que l'art en cette religion est souverain, et le talent artistique chez l'être humain est une qualité éminemment noble, d'essence divine. La sculpture figurative ou abstraite, au même titre que les autres arts, peinture, poésie, calligraphie, architecture ou autres, ... est une expression de créativité humaine, source d'élévation qui se nourrit de beauté divine.
Ikram Kabbaj est une des rares artistes arabomusulmans qui ont choisi la sculpture comme expression artistique. Elle y déverse toute son audace, toute «sa vision nouvelle de l'acte créateur», comme le dit à son sujet le peintre Mohammed Melehi, et dont découle, ajoute-t-il une oeuvre «forte et sans complaisance». Sa passion pour son art, sa démarche très personnelle et son obstination dure comme la pierre qu'elle façonne, elle leur donne une dimension qui la porte à militer pour l'implantation de la sculpture dans la ville et dans les moeurs. C'est ainsi que de son initiative, soutenue par son époux Mohammed Kaouti, est né au Maroc le Symposium International de Sculpture, dont la troisième édition se tient cette année à Fès, du 2 au 18 mai. Après El Jadida et Tanger, c'est au tour de la ville impériale spirituelle d'accueillir un groupe d'artistes venus de toutes les régions du monde qui, ensemble quinze jours durant sur un lieu public, tailleront la pierre pour l'incruster dans l'âme de la cité.
La roche a depuis l'origine de l'Humanité fasciné l'homme, illustre le point de départ de toute civilisation, tout en ayant présidé à son processus et en parant ses cimes par des oeuvres de haut raffinement. Puissante et mystérieuse, dure et malléable, chargée de mémoires et silencieuse, belle et sensuelle, la pierre séduit et défie la main de l'artiste qui par ce contact charnel l'absorbant dans son art, réenfantera la pierre. Ikram Kabbaj revendique aussi sa qualité d'artisan (en plus d'artiste), tant elle préserve ce plaisir du contact manuel avec la matière.
Les sculpteurs de renommée internationale réunis à Fès par le Symposium travailleront deux semaines, chacun sur un bloc de pierre ou de marbre, de huit heures du matin à huit heures du soir, sur le site de Jnan Sbil, insérés dans la vie quotidienne de ce quartier. Il pétriront la matière vivante pour la figer, la durcir dans une expression, lui donner une forme abstraite charnellement palpable, et la faire fusionner avec la cité.
Ils sculptent en même temps ainsi l'espace qui les accueille, le ciel qui le surplombe, l'agglomération qui l'entoure. Chacun plantera son oeuvre dans la cité, pour la faire respirer et vivre au foudroiement du vent, au ruissellement de la pluie, à l'éclat du soleil, au miroitement de la lune... Chaque oeuvre se familiarisera avec le regard des passants, le tintamarre de la circulation, le rythme de la cité. Pour que, écrit Ikram Kabbaj, «chaque pas de l'observateur, chaque heure du jour, chaque lumière donne à une sculpture cette apparence, toute différente des autres, pour que cet observateur se sente sollicité pour un dialogue subtil avec la beauté plastique de l'oeuvre, avec la grâce, l'harmonie, la simplicité, et tirer les satisfactions que tout cela est capable de lui procurer, pour que sa cité n'en trouve que plus de grâce à ses yeux». Ikram Kabbaj raconte que pendant le déroulement du Symposium à El Jadida, les citoyens venaient prendre des photos avec les sculptures sur la place publique...
Cette nouvelle édition du Symposium a convié les artistes Giorgie Cpajak de Yougoslavie, Karin van Ommeren de Hollande, Anachar Basbous du Liban, Klaus Grobkopf d'Allemagne, Raymond Jacquier de France, Ghazi Aänna de Syrie et bien sûr Ikram Kabbaj du Maroc, qui ne fait pas qu'organiser le Symposium mais y épanouit aussi son talent de sculpteur. Fès restera dépositaire des oeuvres, comme il en a été des autres villes qui ont abrité le Symposium, sous le contrôle du Ministère de la Culture, et toutes les oeuvres appartiennent au patrimoine national. Ce Symposium n'aurait pu voir le jour sans l'initiative d'Ikram Kabbaj et le concours financier du Ministère de la Culture et des Municipalités des villes concernées.
Certes les Musulmans ne figurent pas la sainteté par des sculptures, mais si les Chrétiens le font, cela n'a rien à voir avec les sculptures des cultes païens, et cela est respecté par l'Islam. Tout ceci est tellement évident à comprendre, mais il faut le rappeler tant la confusion règne encore dans certains esprits qui affirment que la sculpture est interdite en Islam. Ce que cette religion condamne, c'est de sculpter des personnages et de les diviniser. La sculpture en tant qu'expression artistique qui ne fait pas l'objet de culte religieux ne saurait être proscrite par l'Islam. Parce que l'art en cette religion est souverain, et le talent artistique chez l'être humain est une qualité éminemment noble, d'essence divine. La sculpture figurative ou abstraite, au même titre que les autres arts, peinture, poésie, calligraphie, architecture ou autres, ... est une expression de créativité humaine, source d'élévation qui se nourrit de beauté divine.
Ikram Kabbaj est une des rares artistes arabomusulmans qui ont choisi la sculpture comme expression artistique. Elle y déverse toute son audace, toute «sa vision nouvelle de l'acte créateur», comme le dit à son sujet le peintre Mohammed Melehi, et dont découle, ajoute-t-il une oeuvre «forte et sans complaisance». Sa passion pour son art, sa démarche très personnelle et son obstination dure comme la pierre qu'elle façonne, elle leur donne une dimension qui la porte à militer pour l'implantation de la sculpture dans la ville et dans les moeurs. C'est ainsi que de son initiative, soutenue par son époux Mohammed Kaouti, est né au Maroc le Symposium International de Sculpture, dont la troisième édition se tient cette année à Fès, du 2 au 18 mai. Après El Jadida et Tanger, c'est au tour de la ville impériale spirituelle d'accueillir un groupe d'artistes venus de toutes les régions du monde qui, ensemble quinze jours durant sur un lieu public, tailleront la pierre pour l'incruster dans l'âme de la cité.
Artiste et artisan
La roche a depuis l'origine de l'Humanité fasciné l'homme, illustre le point de départ de toute civilisation, tout en ayant présidé à son processus et en parant ses cimes par des oeuvres de haut raffinement. Puissante et mystérieuse, dure et malléable, chargée de mémoires et silencieuse, belle et sensuelle, la pierre séduit et défie la main de l'artiste qui par ce contact charnel l'absorbant dans son art, réenfantera la pierre. Ikram Kabbaj revendique aussi sa qualité d'artisan (en plus d'artiste), tant elle préserve ce plaisir du contact manuel avec la matière.
Les sculpteurs de renommée internationale réunis à Fès par le Symposium travailleront deux semaines, chacun sur un bloc de pierre ou de marbre, de huit heures du matin à huit heures du soir, sur le site de Jnan Sbil, insérés dans la vie quotidienne de ce quartier. Il pétriront la matière vivante pour la figer, la durcir dans une expression, lui donner une forme abstraite charnellement palpable, et la faire fusionner avec la cité.
Ils sculptent en même temps ainsi l'espace qui les accueille, le ciel qui le surplombe, l'agglomération qui l'entoure. Chacun plantera son oeuvre dans la cité, pour la faire respirer et vivre au foudroiement du vent, au ruissellement de la pluie, à l'éclat du soleil, au miroitement de la lune... Chaque oeuvre se familiarisera avec le regard des passants, le tintamarre de la circulation, le rythme de la cité. Pour que, écrit Ikram Kabbaj, «chaque pas de l'observateur, chaque heure du jour, chaque lumière donne à une sculpture cette apparence, toute différente des autres, pour que cet observateur se sente sollicité pour un dialogue subtil avec la beauté plastique de l'oeuvre, avec la grâce, l'harmonie, la simplicité, et tirer les satisfactions que tout cela est capable de lui procurer, pour que sa cité n'en trouve que plus de grâce à ses yeux». Ikram Kabbaj raconte que pendant le déroulement du Symposium à El Jadida, les citoyens venaient prendre des photos avec les sculptures sur la place publique...
Cette nouvelle édition du Symposium a convié les artistes Giorgie Cpajak de Yougoslavie, Karin van Ommeren de Hollande, Anachar Basbous du Liban, Klaus Grobkopf d'Allemagne, Raymond Jacquier de France, Ghazi Aänna de Syrie et bien sûr Ikram Kabbaj du Maroc, qui ne fait pas qu'organiser le Symposium mais y épanouit aussi son talent de sculpteur. Fès restera dépositaire des oeuvres, comme il en a été des autres villes qui ont abrité le Symposium, sous le contrôle du Ministère de la Culture, et toutes les oeuvres appartiennent au patrimoine national. Ce Symposium n'aurait pu voir le jour sans l'initiative d'Ikram Kabbaj et le concours financier du Ministère de la Culture et des Municipalités des villes concernées.
