Comme pour conjurer le sort face à l'hémorragie, les dix grandes maisons présentes cette saison - elles étaient 24 en 1987, 15 en 97 - ont fait la fête sur les podiums, rendant inséparables luxe et joie de vivre.
Plus que jamais, pierres précieuses, paillettes multicolores ont rehaussé des étoffes uniques. La fourrure -vison, zibeline, coyote signe son retour en force pour l'hiver 2002/2003 tandis que les plumes d'autruche et de marabout osent s'afficher sur la tête et se mêler aux matières nobles.
Emanuel Ungaro fabrique des princesses orientales et extrême-orientales, Valentino sublime les femmes-serpent, John Galliano chez Dior préfère une Marilyn déjantée, Scherrer danse le tango etc.
Plus fort encore, Karl Lagerfeld chez Chanel pare même les jambes de pierres, de colliers de perles et de pampilles, Lacroix enflamme manteaux et robes bustiers et que dire de Jean-Paul Gaultier avec ses hussardes aussi sublimes en vestes militaires qu'en fourreau grenat sous un long manteau mohair orange.
Le luxe, symbole de la haute couture, touche les autres défilés, ceux des membres invités du calendrier et ceux des «off». Dominique Sirop brode et découpe le cuir en dentelles sublimes, Maurizio Galante fait du macramé avec des plumes d'oie ou d'autruche, Elie Saab aime broder le velours bordeaux.
Les lumières des podiums à peine éteintes, les professionnels dressent un bilan plutôt positif. «Pour une haute couture en crise, c'était plutôt une bonne saison», reconnaît l'un d'entre eux.
Les problèmes financiers qui ont contraint nombre de grandes maisons à arrêter ou mettre entre parenthèses la haute couture pour vendre surtout du prêt-à-porter, des sacs et des parfums plus rentables et le coup de tonnerre provoqué par le départ du couturier Yves Saint Laurent en janvier laissaient augurer une saison de transition.
L'annonce officielle, la veille de l'ouverture des défilés, du départ d'Oscar de la Renta de chez Balmain laissant en suspens là-aussi l'avenir de la haute couture, avait encore planté une banderille.
«On a perdu la coupe du monde mais sur la couture, on s'en sort pas trop mal», se réjouit Didier Grumbach, président de la chambre syndicale de la haute couture.
Kalman Ruttenstein, célèbre directeur de mode du grand magasin Bloomingdale et doyen des acheteurs américains qui soutient par ses commandes toute la planète mode depuis une quarantaine d'années, continue d'affirmer que «chaque visite à Paris est une source d'inspiration».
Les plus jeunes se prennent à rêver à un peu de ce destin fabuleux. Jeudi soir, Pascal Humbert, absent depuis plusieurs saisons en couture, et Yvan Mispelaere (ex-Féraud) annonçaient pour le premier son retour en janvier, le second la présentation, «si tout va bien», de la première ligne sous son nom en octobre (pendant le prêt-à-porter) ou en janvier.
Le bal des hussardes chic et choc de Gaultier
Jean-Paul Gaultier a pris l'Orient-Express de Paris à Vienne pour se rendre à un bal pour hussardes chic et choc et offrir, jeudi, une dernière salve d'émotion en clôture des collections haute couture pour l'automne-hiver 2002/2003.
Le créateur-couturier, qui a pris l'horaire traditionnel laissé libre par le départ d'Yves Saint Laurent, a débuté son défilé par des tenues de jour 100% masculines qu'aurait applaudi son aîné.
Ce masculin «assez singulier» pour une Gilda ou une Marlène ressucitées est fait de pardessus droits, de costumes souplement croisés ou à revers plongeants. A porter sur une robe-trench en double mousseline marron foncé ou avec chemise en tulle peau à broderies anatomiques «trompe-corps» ou un fourreau en jacquard de soie en «trompe l'oeil» de pied en cap, visage inclus.
Les invités du défilé - Catherine Deneuve, l'acteur-réalisateur Dennis Hopper, les chanteurs Sting, Puff Daddy ou Julien Clerc - entendaient pendant ce temps dans un casque quelques pages d'»Histoire d'O», légèrement revisitées.
Un peu plus loin, un pull en tricot de zibeline dorée ou un autre enroulé et décalé en spirales de vison cendré et jersey noir témoignent de prouesses techniques.
Mais le grand plaisir du couturier cette saison, ce sont les dolmans qu'il met à la fête l'hiver prochain, en georgette couleur sang à brandebourgs, en panthère avec cordelette ivoire.
Puis la veste hussard se métamorphose en robe courte en velours de soie rouge opéra. Géante, elle emballe un fourreau sans manche. L'ex-top model Carla Bruni, qui a repris du service encore une fois pour Gaultier, passe en fourreau bustier à brandebourgs défaits en velours noir. Un pur moment de grâce.
Aux antipodes de cette haute couture aussi joyeuse que rigoureuse se trouve Ralph Rucci, premier Américain à défiler à Paris pendant cette semaine depuis Mainbocher avant-guerre. Il conçoit sa couture autour de trois mots clés : élégance, grâce et... calme.
Les coupes sont parfaites, le confort assuré, les matières ultra luxueuses, les finitions irréprochables. Et comme le disent les inconditionnelles du couturier au premier rang desquelles sa mère et sa soeur : «It's really wearable» («C'est vraiment portable»).
Plus que jamais, pierres précieuses, paillettes multicolores ont rehaussé des étoffes uniques. La fourrure -vison, zibeline, coyote signe son retour en force pour l'hiver 2002/2003 tandis que les plumes d'autruche et de marabout osent s'afficher sur la tête et se mêler aux matières nobles.
Emanuel Ungaro fabrique des princesses orientales et extrême-orientales, Valentino sublime les femmes-serpent, John Galliano chez Dior préfère une Marilyn déjantée, Scherrer danse le tango etc.
Plus fort encore, Karl Lagerfeld chez Chanel pare même les jambes de pierres, de colliers de perles et de pampilles, Lacroix enflamme manteaux et robes bustiers et que dire de Jean-Paul Gaultier avec ses hussardes aussi sublimes en vestes militaires qu'en fourreau grenat sous un long manteau mohair orange.
Le luxe, symbole de la haute couture, touche les autres défilés, ceux des membres invités du calendrier et ceux des «off». Dominique Sirop brode et découpe le cuir en dentelles sublimes, Maurizio Galante fait du macramé avec des plumes d'oie ou d'autruche, Elie Saab aime broder le velours bordeaux.
Les lumières des podiums à peine éteintes, les professionnels dressent un bilan plutôt positif. «Pour une haute couture en crise, c'était plutôt une bonne saison», reconnaît l'un d'entre eux.
Les problèmes financiers qui ont contraint nombre de grandes maisons à arrêter ou mettre entre parenthèses la haute couture pour vendre surtout du prêt-à-porter, des sacs et des parfums plus rentables et le coup de tonnerre provoqué par le départ du couturier Yves Saint Laurent en janvier laissaient augurer une saison de transition.
L'annonce officielle, la veille de l'ouverture des défilés, du départ d'Oscar de la Renta de chez Balmain laissant en suspens là-aussi l'avenir de la haute couture, avait encore planté une banderille.
«On a perdu la coupe du monde mais sur la couture, on s'en sort pas trop mal», se réjouit Didier Grumbach, président de la chambre syndicale de la haute couture.
Kalman Ruttenstein, célèbre directeur de mode du grand magasin Bloomingdale et doyen des acheteurs américains qui soutient par ses commandes toute la planète mode depuis une quarantaine d'années, continue d'affirmer que «chaque visite à Paris est une source d'inspiration».
Les plus jeunes se prennent à rêver à un peu de ce destin fabuleux. Jeudi soir, Pascal Humbert, absent depuis plusieurs saisons en couture, et Yvan Mispelaere (ex-Féraud) annonçaient pour le premier son retour en janvier, le second la présentation, «si tout va bien», de la première ligne sous son nom en octobre (pendant le prêt-à-porter) ou en janvier.
Jean-Paul Gaultier a pris l'Orient-Express de Paris à Vienne pour se rendre à un bal pour hussardes chic et choc et offrir, jeudi, une dernière salve d'émotion en clôture des collections haute couture pour l'automne-hiver 2002/2003.
Le créateur-couturier, qui a pris l'horaire traditionnel laissé libre par le départ d'Yves Saint Laurent, a débuté son défilé par des tenues de jour 100% masculines qu'aurait applaudi son aîné.
Ce masculin «assez singulier» pour une Gilda ou une Marlène ressucitées est fait de pardessus droits, de costumes souplement croisés ou à revers plongeants. A porter sur une robe-trench en double mousseline marron foncé ou avec chemise en tulle peau à broderies anatomiques «trompe-corps» ou un fourreau en jacquard de soie en «trompe l'oeil» de pied en cap, visage inclus.
Les invités du défilé - Catherine Deneuve, l'acteur-réalisateur Dennis Hopper, les chanteurs Sting, Puff Daddy ou Julien Clerc - entendaient pendant ce temps dans un casque quelques pages d'»Histoire d'O», légèrement revisitées.
Un peu plus loin, un pull en tricot de zibeline dorée ou un autre enroulé et décalé en spirales de vison cendré et jersey noir témoignent de prouesses techniques.
Mais le grand plaisir du couturier cette saison, ce sont les dolmans qu'il met à la fête l'hiver prochain, en georgette couleur sang à brandebourgs, en panthère avec cordelette ivoire.
Puis la veste hussard se métamorphose en robe courte en velours de soie rouge opéra. Géante, elle emballe un fourreau sans manche. L'ex-top model Carla Bruni, qui a repris du service encore une fois pour Gaultier, passe en fourreau bustier à brandebourgs défaits en velours noir. Un pur moment de grâce.
Aux antipodes de cette haute couture aussi joyeuse que rigoureuse se trouve Ralph Rucci, premier Américain à défiler à Paris pendant cette semaine depuis Mainbocher avant-guerre. Il conçoit sa couture autour de trois mots clés : élégance, grâce et... calme.
Les coupes sont parfaites, le confort assuré, les matières ultra luxueuses, les finitions irréprochables. Et comme le disent les inconditionnelles du couturier au premier rang desquelles sa mère et sa soeur : «It's really wearable» («C'est vraiment portable»).
