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Samedi 04 Avril 2026
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Le président-fondateur du Groupe Maroc Soir n'est plus

Moulay Ahmed Alaoui est décédé hier matin à son domicile à Rabat, à l'âge de 83 ans, des suites d'une longue maladie. Il a incarné pendant plus de 40 ans le modèle de combattant de la Monarchie pour la Monarchie. De bout en bout, il a été mêlé intensément

Le président-fondateur du Groupe Maroc Soir n'est plus
Sa vie personnelle illustre ce qu'on appelle un destin croisé, c'est-à-dire mêlé à l'histoire des 80 dernières années. Né à Fès dans la décennie du Bolchevisme, il a épousé très jeune les idéaux du nationalisme et du combat politique. D'abord dans la mouvance embryonnaire du groupe de militants de la capitale spirituelle, ensuite avec Mohammed V, notamment à partir de la manifestation de 1930 où le peuple de Fès a crié le fameux «Yahia Al Malik», qui constitue le point de départ de sa carrière politique. Moulay Ahmed lutta farouchement contre le dahir berbère et s'inscrivit d'emblée dans la dynamique nationaliste dont la portée franchira plus tard la frontière et s'étendra à l'Algérie et à la Tunisie mais aussi à l'Afrique.
Parti en 1936 s'inscrire à la Faculté de Médecine de Montpellier, il n'avait pas cessé, dès lors, de défier l'administration coloniale et de faire le relais avec les étudiants maghrébins qui seront, plus tard, fédérés autour de l'Union des étudiants musulmans d'Afrique du Nord, domiciliée au boulevard Saint Michel en plein quartier latin. C'est là que «Moulay Ahmed» et toute une génération de jeunes étudiants marocains se lancèrent dans une irréductible bataille d'idées, mettant à profit l'influence contradictoire du socialisme scientifique et du nationalisme prôné par les mouvements de libération, s'élevant contre le nazisme avec la même ardeur mise pour dénoncer le colonialisme.
Quand la seconde guerre mondiale éclate en 1939, Moulay Ahmed qui n'a pas encore 25 ans, est déjà un militant nationaliste confirmé. Conciliateur des tendances du mouvement national, actif au point de devoir abandonner son cursus universitaire, il ne cessera d'être l'image du combattant pour l'indépendance et le retour à la légitimité royale. Devenu journaliste et collaborateur du journal de Mohamed Hassan El Ouazzani, il n'aura de cesse de voir le Maroc libéré du joug du colonialisme.
Militant acharné et furieux pour l'indépendance du Maroc, Moulay Ahmed Alaoui a occupé, à partir de 1956, plusieurs fonctions ministérielles : l'information, le tourisme, l'artisanat. Avec Mohamed Benhima, il fut le premier à occuper, pendant plus d'une décennie, le poste de ministre d'Etat, qui avait une vocation gouvernementale, c'est-à-dire à large spectre.
Homme politique de la première heure, journaliste, militant royaliste, premier fidèle des fidèles, Moulay Ahmed était aussi et surtout un homme qui aimait la vie et faisait de la gaieté une loi de l'existence. Sensible plus que d'autres aux conditions du peuple marocain, il incarnait la spontanéité-même, ne vivait que pour la Monarchie et le Maroc et faisait de l'engagement sa règle : « Il n'y a pas de journalisme neutre ».
Il avait une dimension internationale qui se mesure toujours à l'aune d'une rigueur intellectuelle sans forfanterie ni fioriture. Aujourd'hui, le militant royaliste nous quitte, à vrai dire, nous donnant une leçon d'humilité et d'abnégation et nous léguant une passion pour le journalisme et un amour indéfectible pour la patrie et pour les institutions sacrées.
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