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Mercredi 01 Avril 2026
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Les atouts de Meknès - Tafilalet

La région de Meknès-Tafilalet constituée de la wilaya de Meknès (préfecture d'El Menzeh et d'Al Ismaïlia et province d'El Hajeb) et des provinces d'Ifrane, de Khénifra et d'Errachidia, offre des potentialités énormes, dans les domaines, aussi bien économi

Les atouts de Meknès - Tafilalet
Moulay Mehdi Alaoui, wali de la région de Meknès-Tafilalet et gouverneur de la préfecture d'El Menzeh, a donné tout récemment au siège de la wilaya une conférence de presse au cours de laquelle il a développé les perspectives d'avenir de la région, mettant l'accent sur le plan d'action qui va être mis en œuvre pour faire recouvrer à Meknès-Tafilalet son prestige d'antan et lui faire jouer le rôle qu'elle mérite conformément au vœu de S.M. le Roi. Il a répondu aux questions relatives notamment au plan d'action arrêté et a donné les éclaircissements nécessaires.

Quels sont les secteurs identifiés souffrant de carences et qui sont à même de contribuer efficacement à court, moyen et long termes à la relance de l'économie de la région.

Un plan en 5 axes

Les études entreprises récemment et qui ont fait l'objet d'un rapport détaillé remis à S.M. le Roi dans le cadre de l'établissement de l'état des lieux de la région désignent sans conteste l'agriculture, le tourisme, l'artisanat, l'agro-industrie et l'industrie parachimique et à plus long terme les mines comme secteurs vitaux qui permettent le développement de la région.

Conformément au vœu de S.M. le Roi, un plan d'action réaliste a été établi et qui s'articulera autour de cinq axes principaux à savoir :
Les moyens de développer les secteurs retenus ; l'amélioration des infrastructures de développement ; la mise à niveau des équipements sociaux ; la restructuration des villes et centres de la région ; l'impulsion du bipôle Meknès-Fès.
Pour ce faire, on veillera à l'établissement de contrats-programmes avec les départements concernés.
• Il est vrai que la région a une vocation essentiellement agricole. Y a-t-il des domaines particuliers de ce secteur qui sont concernés par ce plan d'action ?
Les points saillants sont la vigne, l'olivier, le maraîchage et les céréales.
Depuis toujours la vigne a constitué un créneau porteur dans la région de Meknès. D'ailleurs, l'implantation de trois grandes sociétés est édifiante à plus d'un titre. L'intervention auprès de ces opérateurs devrait aboutir à la constitution d'un groupe d'encadrement susceptible de stimuler le développement de ce produit.
Quant à l'olivier, tradition séculaire dans la région, il fait l'objet d'un programme ambitieux accompagné d'encouragements stimulants. Il reste alors de constituer un groupe de travail pour la relance de ce secteur en encadrant d'une part les agriculteurs pour les faire bénéficier effectivement dudit programme et d'autre part en leur permettant l'accès aux crédits disponibles auprès du Crédit agricole.
En ce qui concerne les céréales qui se heurtent aux aléas climatiques, le plan d'action prévoit une irrigation d'appoint à partir du bassin de Sebou.
Si le problème de l'eau peut être réglé au niveau de la wilaya de Meknès par l'installation d'adductions à partir du Sebou, quelles solutions préconise-t-on pour les autres composantes de la région Meknès-Tafilalet ?

Les autres régions connaissent les aléas climatiques et la faiblesse de la capacité de stockage. Mais grâce au partenariat entre l'Etat, la région et le secteur privé, on surmontera ces difficultés à caractère naturel. La réalisation de quatre barrages au niveau de Khénifra et d'Ifrane mettra un terme à ces difficultés.
Irriguer 10.000 ha dans la province d'Errachidia
En ce qui concerne la province d'Errachidia, plusieurs nappes y ont été détectées pouvant permettre l'irrigation de pas moins de 10.000 ha.
L'élevage étant une spéculation commune à toute la région, est-il concerné par le plan d'action établi pour la relance de l'économie de la région en général ?

Pratiqué en général de façon extensive sur de vastes parcours collectifs ou forestiers, il souffre d'une faiblesse d'encadrement outre un déficit alimentaire chronique lié à son surnombre et à une gestion alimentaire irrationnelle des ressources alimentaires. Des mesures vont être mises en œuvre pour le regroupement des éleveurs en associations susceptibles de faire évoluer ce secteur.
A titre d'exemple, la région peut être un grand fournisseur de viande bovine grâce à ses capacités d'embouche par l'existence de sous-produits de l'agriculture nécessaires à cette activité. D'ailleurs des investisseurs sont intéressés par l'installation d'abattoirs pour la fourniture de viande bovine destinée à l'exportation.

La région de Meknès-Tafilalet dispose d'atouts indéniables pouvant faire d'elle une destination de choix tant pour le touriste national qu'étranger. Elle est considérée à juste titre comme un musée ouvert. Mais elle souffre de l'insuffisance des infrastructures d'accueil et de la sous-exploitation de ses ressources. Quelles mesures sont prises pour la relance de ce secteur ?
En effet, la région de Meknès-Tafilalet possède des potentialités énormes grâce à son glorieux passé historique, à ses monuments historiques d'une valeur architecturale civilisationnelle et culturelle incontestable et à ses sites touristiques très variés – montagne, désert – Mais elle souffre d'un handicap majeur à savoir la faiblesse des infrastructures d'accueil qui font d'elle souvent un simple lieu de passage.
Un objectif a été fixé pour la seule ville de Meknès à savoir atteindre le seuil de 10.000 lits et ce pour retenir l'attention des tours opérateurs.

Quatre hôtels ont été lancés pour le moment à Meknès outre deux hôtels et un complexe d'animation en chantier. Ce qui porte la capacité actuelle de Meknès à plus de 3.500 lits. Dix hôtels sont en construction à Errachidia.
Cet effort se poursuivra au niveau de toute la région et ce, grâce à la création de zones touristiques appropriées capables d'attirer l'investissement hôtelier. D'autre part, toutes les entraves qui pouvaient décourager l'investisseur ont été levées.
Personne ne conteste le génie artisanal des “mâalems” de la région dans la création des produits artisanaux des divers métiers tels que la damasquinerie, le bois sculpté, le bois peint, la ferronnerie, le bois tourné, la tapisserie… Personne ne conteste non plus la place économique et sociale de l'artisanat et son rôle dans le développement du tourisme. Comment dépasser les difficultés qui gênent ce secteur dans l'accomplissement du rôle qu'il doit remplir ?

Artisanat, secteur désorganisé

On est parfaitement conscient de l'importance socioéconomique de l'artisanat et du rôle qu'il doit jouer sur le plan touristique en particulier. Mais il faut reconnaître que le secteur souffre d'une malheureuse désorganisation qui bloque son épanouissement. Les défaillances se situent notamment au niveau des infrastructures, de l'encadrement, de la formation professionnelle et de la difficulté d'accès au crédit.
Trois axes ont été arrêtés pour la relance de secteur : l'organisation, le financement et la promotion. Concernant le premier axe, on préconise notamment la création de villages d'artisans, le renforcement du rôle des organisations professionnelles et la sauvegarde des métiers menacés de disparition.
En ce qui concerne le deuxième point, il s'agit d'encourager les microcrédits et de créer un fonds spécial pour garantir les risques d'amortissement des crédits quant à la promotion, elle sera réalisée grâce au contrôle et l'amélioration de la qualité, à la prospection de nouveaux débouchés et à la mise à niveau de PME artisanales.
Il est un autre domaine qui peut jouer un rôle capital dans le développement de la région : l'industrie. Toutefois plusieurs problèmes font que ce secteur participe faiblement au tissu industriel tant national que régional. Pouvez-vous nous préciser les défaillances et les mesures prises pour mettre un terme à ces entraves et encourager les investissements.
C'est une réalité amère. La stagnation de l'investissement dans le secteur industriel et imputée à plusieurs facteurs dont les plus importants sont l'inadéquation de l'offre et la demande de terrains dans la ville de Meknès et la quasi-inexistence de cette offre dans les autres provinces.
La création de deux zones industrielles l'une à Mejjat et l'autre à Sidi Slimane Moul El Kifane accompagnée des facilités à même d'encourager l'investisseur résolvent partiellement le problème pour Meknès.
Cette mesure ne manquera pas de se répercuter favorablement sur le démarrage de l'industrialisation des autres villes de la région d'autant plus qu'il est désormais possible l'implantation en dehors des zones industrielles d'unités non-polluantes et qui ne nécessitent pas d'infrastructure sanitaire particulière.
Par ailleurs, dans le cadre de l'appui aux jeunes promoteurs présentant des projets crédibles, les hommes d'affaires de la région sont disposés à leur apporter l'aide nécessaire, ce qui ne manquera pas de promouvoir les investissements et contribuera à la création de l'emploi.
Revenons à l'agriculture. Mises à part, les plantations de vignobles et d'oliveraies, ne pense-t-on pas à reboiser les terrains nus et en particulier stériles pour lutter contre l'érosion et contribuer à l'embellissement de nos campagnes .

Il y a tout d'abord des actions visant la conservation et le développement du domaine forestier contre les divers phénomènes de dégradation en particulier dans les provinces d'Ifrane et de Khénifra parallèlement à la mise en place d'une organisation de son exploitation. Mais il y a aussi un programme de plantation de diverses espèces qui joueront leur rôle sur les plans, environnemental, esthétique et économique. J'ai parlé du développement de la vigne et de l'olivier, mais je n'omettrai pas de signaler le programme ambitieux de plantation d'un million de palmiers dattiers dans la province d'Errachidia.

La région est connue par la diversité et la richesse de ses gisements miniers : plomb, zinc, barytine, pyrophyte, manganèse. Pourtant, elle ne bénéficie pas de l'intérêt qu'elle mérite sur les plans organisationnel et promotionnel. Comment “remettre les pendules à l'heure” ?

Certaines entraves gênent actuellement son développement et doivent être levées. La libéralisation de ce secteur lui donnerait un nouveau souffle grâce à l'apport financier et technique.
Quel rôle va jouer le bipôle Meknès-Fès ?

Le bipôle Meknès-Fès se présente comme un cadre nécessaire pour insuffler une dynamique à la coopération interrégionale et exploiter les opportunités offertes par les liens de similitude entre les deux régions. Une stratégie commune sera adoptée pour le développement des deux régions sur tous les plans.
Par ailleurs, l'action commune de ces deux régions permettra, grâce à la conjugaison des efforts de réaliser les axes routiers nécessaires à leur désenclavement.

Lorsqu'on aura l'autoroute Fès-Oujda, Meknès-Marrakech et Meknès-Tanger, le bipôle constituera une plaque tournante et ouverte à l'Est, au Sud et au Nord sur l'Atlantique.
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